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ING Canada pressent une vague d’acquisitions

par Réception du Journal de l'assurance | 26 octobre 2008 20h23

Les neuf premiers mois de Charles Brindamour à la tête d’ING Canada n’ont pas été de tout repos. Marchés volatils, chutes de neige et tempêtes de vent, pluies torrentielles et grêles ont ponctué son entrée en poste. Néanmoins, ING Canada garde le cap sur la croissance et réitère son objectif d’acquérir des concurrents. D’ailleurs, le vent devrait tourner bientôt, pense le premier assureur au Canada.

Les neuf premiers mois de Charles Brindamour à la tête d’ING Canada n’ont pas été de tout repos. Marchés volatils, chutes de neige et tempêtes de vent, pluies torrentielles et grêles ont ponctué son entrée en poste. Néanmoins, ING Canada garde le cap sur la croissance et réitère son objectif d’acquérir des concurrents. D’ailleurs, le vent devrait tourner bientôt, pense le premier assureur au Canada.

Âgé de 38 ans, Charles Brindamour est à l’emploi d’ING Canada depuis 16 ans, soit depuis sa sortie de l’Université Laval. Il dirige les destinées de l’assureur depuis le 1er janvier 2008 en tant que président et chef de la direction. Il avait auparavant été nommé chef de l’exploitation le 1er janvier 2007 sous le règne de Claude Dussault, avec qui il a travaillé huit ans. Ils ont réalisé deux acquisitions ensemble.

En entrevue au Journal de l’assurance, M. Brindamour a expliqué qu’ING Canada explorait toujours des acquisitions. Des pourparlers ont même eu lieu avec d’autres compagnies au cours des deux dernières années, mais les parties n’ont pas pu s’entendre sur le prix à payer. Il dit croire qu’ING Canada est en position de force pour réaliser une acquisition.

« Nous avons des ressources financières importantes. Nous disposons d’un capital excédentaire de 640 millions de dollars (M$). Nous n’avons pas de dette. Nous pourrions emprunter jusqu’à 700 M$. Ça nous laisse donc une marge de manoeuvre de 1,3 ou 1,4 milliard de dollars (G$). On a les ressources et on peut optimiser ces ressources avec l’expertise qu’on a. C’est sûr qu’il faut qu’on aille sur le chemin des acquisitions », dit-il.

Comment y arriver dans un marché où tout le monde veut acheter plutôt que vendre ? M. Brindamour ajoute qu’il est faux de dire qu’il n’y a pas de vendeur en IARD au Canada. « On discute acquisition avec des sociétés, mais la difficulté est de s’entendre sur un prix. C’est différent de dire qu’il n’y a pas de vendeur », dit-il. Le président d’ING Canada souligne que plusieurs changements s’effectuent dans l’environnement des assureurs IARD.

Consolidation à venir

« La profitabilité de l’industrie baisse. Elle a chuté de 30 % au cours des six premiers mois de 2008. En même temps, la turbulence sur le marché des capitaux fait que les coûts de financement et du capital sont en hausse. Or, quand la profitabilité de l’industrie diminue et que le coût du capital monte, les attentes des propriétaires de compagnies changent. C’est la période dans laquelle on entre maintenant. Ma lecture, c’est qu’au cours des 12 à 24 prochains mois, on sera dans un environnement qui sera plus propice aux acquisitions que celui des deux dernières années », dit-il.

« Si on regarde dix ans en arrière, les cinq plus gros assureurs s’accaparaient 27 % du marché. Aujourd’hui, ils en représentent 35 %. Et nous avons été un des joueurs les plus importants là-dedans, car cinq points de cette consolidation viennent de nos acquisitions », dit Charles Brindamour.

Il dit qu’ING Canada a un avantage de taille important pour créer de la valeur vu son expertise et sa capitalisation. « Nous sommes 40 % plus gros que le numéro deux en assurance IARD au pays et deux fois plus gros que le numéro trois. Ça nous avantage en tarification et en indemnisation. On se doit de tabler là-dessus », dit-il.

Pour juger du bien-fondé d’une acquisition, M. Brindamour dit bâtir sur ce qu’il connaît de l’entreprise visée et de la création de valeur qui découle de la transaction. « Une acquisition dérange l’entreprise. Il faut que tu t’assures que ça vaille la peine. Avec un volume de primes de 4,1 G$, on se concentre sur les acquisitions de 500 M$ et plus », dit-il.

Si la consolidation n’est pas venue plus tôt, explique M. Brindamour, c’est parce que l’industrie IARD est une industrie cyclique, ce qui n’est pas une cible privilégiée chez beaucoup d’actionnaires investisseurs. « Ce facteur va créer des occasions. Quand on regarde les autres secteurs financiers, c’est clairement plus consolidé que notre industrie. De notre point de vue, c’est certain qu’il y aura une consolidation accrue. »

De plus, le président d’ING Canada croit que les attentes des clients et la vitesse à laquelle ils s’adaptent à la technologie amèneront les assureurs à vouloir grossir pour s’équiper eux-aussi de ressources en technologie et en indemnisation. « Des joueurs comme Geico ou Progressive ont eu du succès aux États-Unis, car leur taille leur permet d’avoir un service d’indemnisation exceptionnel et des plateformes technologiques qui suivent les tendances que nos clients tendent à adopter », souligne M. Brindamour.

Il dit croire que la taille des assureurs sera importante pour les courtiers d’assurance de dommages pour qu’ils puissent faire face aux demandes des clients.

Modèle d’affaires du courtage

ING privilégiera-t-elle la concentration des affaires avec les cabinets de courtage? M. Brindamour répond que sa stratégie n’implique pas d’imposer des modèles d’affaires aux courtiers, mais de les aider à faire croître leur entreprise. « On travaille avec les courtiers peu importe les modèles qu’ils choisissent d’utiliser. C’est en les aidant qu’on va aider notre entreprise à croître », précise-t-il.

Il ajoute que sa priorité demeure de traiter avec des courtiers. « Environ 85 % de notre business au Canada passe par le courtage. On fait affaire avec 1 800 courtiers d’un océan à l’autre. C’est clair que ça demeure notre priorité. On donne les ressources nécessaires à ING Assurance pour croître le plus rapidement possible », dit-il.

M. Brindamour précise que chaque canal de distribution et chaque réseau a des objectifs de rentabilité à atteindre. Et ce sont les mêmes objectifs pour chacun.

« BélairDirect, Grey Power ou ING Assurance ont à livrer le même rendement sur l’avoir des actionnaires. Il n’y a pas de subventions entre les réseaux. Dans le contexte où ses objectifs sont rencontrés, on est prêts à mettre le capital nécessaire pour rencontrer le plein potentiel de chacun des canaux. Ce qu’on leur demande dépend des segments d’affaires et des provinces. En général, on veut que nos opérations d’assurance en termes de rendement soient cinq points supérieurs à l’industrie. C’est ce qu’on tente de faire en tant qu’organisation, tant au niveau de la tarification, de la segmentation, de l’indemnisation que de notre gestion des placements et du capital », dit-il.

Malgré toutes les tempêtes et cataclysmes qui ont frappé le Québec et l’Ontario en 2008, M. Brindamour dit croire qu’ING Canada dégagera un bénéfice au terme de l’année 2008.

« Ce qu’on observe dans nos résultats du deuxième trimestre à la fin du mois de juin, c’est que le fondamental en entreprise et en automobile est très solide. Notre ratio combiné au deuxième trimestre est de 95,6. C’est bon compte tenu de la température. On a des ressources très solides au niveau du capital excédentaire avec 640 M$. On n’a pas de dette. On est en position de force dans le contexte turbulent qui sévit actuellement », dit-il.

Discipline

Le président et chef de la direction d’ING Canada ajoute que la discipline de l’organisation se reflète dans les résultats de l’assureur.

« Au cours des deux dernières années, où le marché s’est ramolli dans plusieurs segments d’affaires, l’organisation est demeurée très disciplinée. Soit en maintenant nos prix et notre discipline en entreprise, soit en bougeant plus rapidement que nos compétiteurs dans des marchés où on a vu les coûts augmenter. Ça s’est reflété en particulier en Ontario avec les dommages corporels et en Alberta avec la décision du tribunal en février », dit-il.

M. Brindamour dit avoir observé deux phénomènes qui ont marqué l’année, et plus particulièrement en assurance habitation. « Il y a tout d’abord eu un niveau de précipitations élevé, entre 50 % et 100 % supérieur aux années antérieures. Deuxièmement, on a vu plus d’occurrences. Dans les six premiers mois de l’année, chez ING Canada, nous avons enregistré près de 60 M$ de sinistres reliés aux catastrophes contre moins de 10 M$ l’an dernier. Si on exclut les catastrophes, notre fréquence a augmenté de 23 %, uniquement en habitation au cours des six premiers mois. Les autres secteurs sont solide », dit-il.

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