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Intact veut abolir la limite de 20 % de participation dans un cabinet

par Hubert Roy | 08 février 2017 13h15

Jean-François Desautels | Photo : Réjean Meloche

Intact Assurance a fait connaitre sa proposition faite au ministre des Finances du Québec et qui a semé tout un émoi dans le courtage la semaine dernière.

L’assureur souhaite que le gouvernement abolisse la limite de 20 % qu’une institution financière, telle qu’un assureur, peut détenir dans un cabinet de courtage. Intact souhaite ainsi que les mêmes dispositions législatives qui ont cours en assurance de personnes et en assurance collective s’appliquent en assurance de dommages.

Jean-François Desautels, premier vice-président, division du Québec, d’Intact Assurance, a fait connaitre les grandes lignes de sa position dans une lettre envoyée aux courtiers qui traitent avec l’assureur. Le Journal de l’assurance en a obtenu copie.

Préserver le modèle de courtage actuel

Dans sa missive, M. Desautels indique que « cette approche préserverait le modèle de courtage actuel, tout en proposant plus de possibilités aux entrepreneurs qui le désirent, sans toutefois dénaturer leur entreprise. Elle permettrait aux assureurs de s’impliquer davantage dans un cabinet qui souhaiterait profiter de ce partenariat. Cette implication pourrait se traduire par une participation plus grande dans l’actionnariat d’un cabinet. »

M. Desautels va aussi plus loin dans sa réflexion. Il affirme que « les courtiers intéressés bénéficieraient d’investissements nécessaires au développement d’outils tels que des systèmes téléphoniques ou des portails web à la fine pointe de la technologie, en partage avec les assureurs, sans se heurter aux notions d’influence et d’indépendance. »

Des courtiers réceptifs

M. Desautels confirme qu’il a discuté de cette position avec le Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ), mais aussi avec certains courtiers, qui se seraient montrés réceptifs à la proposition d’Intact.

« En alliant la force du RCCAQ à la volonté manifeste de plusieurs courtiers d’améliorer leur avenir, je suis persuadé que la mobilisation nécessaire à cet égard sera au rendez-vous », a écrit M. Desautels pour conclure sa lettre.

Un avis du RCCAQ sème l’émoi

Dans FlashFinance.ca, une publication sœur du Journal de l’assurance, Guy Parent, directeur général du Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ), avait fait notamment savoir à ses membres que son organisme avait été sollicité le 16 janvier par Intact Assurance. L’assureur voulait obtenir l’appui à une proposition de modification à la Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF) auprès du gouvernement.

Le RCCAQ n’avait pas voulu dévoiler quelle était la proposition d’Intact. Pour le regroupement, il en revient à l’assureur d’en expliquer le contenu et les objectifs. « Pour éviter tout écart d’interprétation, nous ne pourrons pas vous communiquer les détails de leur proposition, et ce, tant que cette dernière n’aura pas été exposée publiquement », avait ainsi souligné M. Parent.

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