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La bienveillance et la gestion, une combinaison gagnante

par Micheline Bourque | 13 septembre 2018 07h00

Photo : Freepik

Si on parle de plus en plus de bienveillance, ce n’est pas le fruit du hasard. Nous vivons dans un monde en pleine mutation, qui est marqué par un niveau de stress en constante progression et par une diminution de la motivation au travail.

Le milieu de l’assurance n’en est certainement pas épargné. Comment s’en sortir ?

Le Docteur Philippe Rodet, médecin devenu consultant, et Yves Desjacques, ancien directeur des ressources humaines de Groupe La Poste en France, proposent dans leur bouquin intitulé, Le management bienveillant, de découvrir comment la bienveillance peut être une piste pour faire évoluer le monde du travail, les relations au travail et une façon de repenser les pratiques de gestion.

« Si chaque collaborateur connait le sens et l’utilité de sa mission, se voit fixer des objectifs ambitieux, mais réalistes, dispose d’un juste niveau d’autonomie, bénéficie de retours positifs sur son travail, ne se sent pas méprisé, n’a pas le sentiment que son supérieur n’éprouve aucune empathie à son égard et perçoit que l’on se comporte de manière équitable à son égard, alors tout devient possible… Le stress s’apaise, la motivation se renforce, l’envie de s’engager renaît, le bonheur est alors à portée de main ».

Ce n’est pas une mince tâche d’y arriver. Cet ouvrage regorge de conseils faciles à appliquer qui s’adressent aux gestionnaires pour les amener à intégrer des pratiques bienveillantes en entreprise.

Un nouveau rôle pour le gestionnaire

Les auteurs proposent aux gestionnaires de s’approprier un rôle de « protecteur » auprès de leurs collaborateurs, et de veiller à diminuer leur niveau de stress. Ils leur suggèrent aussi de poser des actions sur quatre plans :

  • expliquer et donner du sens ; « prendre le temps d’expliquer c’est en gagner »
  • promouvoir les différences, c’est-à-dire construire une entreprise inclusive ;
  • favoriser l’initiative individuelle ;
  • créer les conditions du bonheur individuel, en actionnant les leviers de la motivation intrinsèque, celle « qui s’appuie sur les caractéristiques profondes de l’humain » par opposition à des facteurs de la motivation extrinsèque, tels les augmentations de salaire, les promotions, etc.
Quels sont les leviers de motivation intrinsèque ?

Rodet et Desjacques proposent dix leviers. Les cinq premiers servent à augmenter les émotions positives :

  • le sens, qui « diminue les effets du stress, parce qu’il aide à prendre conscience de l’utilité de son action… » ;
  • l’attribution d’objectifs SMART atteignables;
  • un juste niveau de liberté d’action, qui améliore le bien-être au travail ;
  • la gratitude;
  • l’encouragement afin de renforcer la confiance en soi.

Les cinq autres leviers sont ceux qui permettent de diminuer les émotions négatives, dont la considération, la cohérence (entre ce qui est dit et fait, entre les valeurs affichées et le comportement), l’empathie, le pardon et la reconnaissance de ses maladresses, et enfin la justice.

La bienveillance, quelques aspects scientifiques

Nous ne sommes peut-être pas conscients jusqu’à quel point la personne humaine a besoin de bienveillance pour vivre et donner le meilleur d’elle-même. Si elle en reçoit abondamment, elle s’épanouit : le niveau de stress baisse et la motivation augmente.

De multiples études réalisées à travers le monde, dont plusieurs du Québec et du Canada, démontrent tous les bienfaits de ces leviers. Ces études expliquent aussi le pouvoir de deux hormones — l’ocytocine et les endorphines — dont la sécrétion est justement favorisée par l’augmentation des émotions positives et la diminution des émotions négatives.

L’ocytocine, c’est le « biomarqueur des émotions positives » qui agit sur trois plans :

  • « elle diminue le niveau de stress » ;
  • « elle favorise la générosité et l’empathie, rendant la cohésion des équipes plus forte » ;
  • « elle favorise la créativité ».

Quant aux endorphines, elles permettent de :

  • sécréter de la dopamine, l’hormone du plaisir et de la motivation ;
  • diminuer le taux de cortisol et d’adrénaline, deux hormones du stress ;
  • augmenter la libération de l’hormone de croissance, une hormone protectrice.

En bref, la bienveillance est non seulement bonne pour le travail, elle l’est aussi pour la santé. La personne humaine a besoin de bienveillance pour vivre et donner le meilleur d’elle-même.

Gardez en tête que les entreprises qui font preuve d’empathie organisationnelle sont 20 % plus performantes que leurs concurrentes !

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