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La concurrence s’est intensifiée en assurance auto au Québec en 2005

par Vicky Poitras | 16 mai 2006 16h17

En dépit de la mainmise d’une minorité de joueurs sur le marché québécois de l’assurance auto, la concurrence entre assureurs a continué néanmoins de s’intensifier en 2005, révèle le rapport annuel 2005 de tarification en assurance automobile de l’Autorité des marchés financiers (AMF).Une vive concurrence est en effet observée, indique le rapport, dans les segments des voitures de tourisme (véhicules de promenade des particuliers) ainsi que dans celui des véhicules divers, dont les motocyclettes, les motoneiges et les tout-terrains. Cette concurrence n’a toutefois pas affecté la rentabilité des assureurs du marché des véhicules de tourisme. Au contraire, elle continue de progresser, y lit-on.

Plusieurs indicateurs poussent l’AMF à tirer ces conclusions. Au premier chef, les demandes de tarifications déposées à l’Autorité par les différents assureurs ont fait un bond de l’ordre de 43% entre 2004 et 2005. À cet effet, les assureurs ont déposé 198 demandes visant à modifier leur tarification en 2005 contre 138 demandes l’année précédente. Il s’agit d’un sommet depuis les cinq dernières années (voir graphique 1). « Ainsi, l’année 2005 a été beaucoup plus active en termes de modifications apportées aux manuels de tarification que les années précédentes, ce qui constitue une indication additionnelle que le marché de l’assurance automobile au Québec demeure concurrentiel et qu’il est en constante évolution », indique le rapport.

Les modifications apportées par les assureurs visaient en grande partie une diminution de leur tarification : sur les 49 joueurs qui ont modifié leurs manuels, 29 ont signalé une réduction de tarifs en 2005 contre 21 en 2004, 17 assureurs ont privilégié la stabilité de leurs tarifs en 2005 contre 15 en 2004 et seulement trois assureurs ont néanmoins décidé de les augmenter en 2005 comparativement à 2004. Il s’agit toutefois d’une baisse en comparaison aux six joueurs qui les avaient haussés l’année précédente. (Voir tableau 1.)

Résultat : la variation moyenne des tarifs de chaque assureur qui ont déposé leurs modifications pour l’année 2005 s’est traduite par une baisse moyenne des tarifs de l’ordre de 3,8% en regard à l’année 2004, affirme l’Autorité.

Cette baisse de tarifs combinée à celle qui sévit depuis les trois dernières années, a eu pour effet de diminuer la prime moyenne souscrite au Québec pour les véhicules de tourisme. Celle-ci a baissé de 4$ en 2005, passant de 591$ à 587$ (voir tableau 2).

Selon l’Autorité, les assureurs qui ont réduit leurs tarifs en 2005 ont accru leurs parts de marché de 2,8% au cours de cette même année. Par contre, ceux qui les ont augmentés ont vu leurs parts de marché reculer de 5,4%. Enfin, ceux qui ont opté pour la stabilité de leur tarification ont haussé leurs parts de 1%. L’Autorité y voit de claires indications à l’effet que la concurrence s’exerce dans le marché québécois.

Autre indication d’une saine concurrence selon l’Autorité : les écarts de prix entre les assureurs. Ces écarts sont d’ailleurs présents dans le marché québécois. À titre d’exemple, la prime demandée à un même assuré peut varier de 7 à 40% d’un assureur à l’autre (voir tableau 3).

Par exemple, le tableau 3 indique que l’assureur E offre la prime la plus basse pour l’assuré no 3, tout en étant beaucoup moins compétitif pour les autres profils d’assurés, lit-on.

« De plus, l’examen de la situation permet de constater que la concurrence s’exerce différemment selon les segments du marché. Les efforts des assureurs sont orientés vers des créneaux particuliers. Par exemple, le tableau indique que l’assuré 3 se voit offrir un plus petit éventail de prix pour sa couverture d’assurance que les autres profils d’assurés », poursuit le document.

« Par conséquent, les clientèles prisées par une majorité d’assureurs ont plus de choix, tant à l’égard de la protection offerte que du choix même de l’assureur avec lequel traiter. Par contre, d’autres catégories d’assurés comme le numéro 4 peinent à obtenir certaines protections et pourraient trouver la prime qui leur est demandée trop élevée », explique-t-on.

Finalement, les campagnes publicitaires lancées par l’ensemble des assureurs dans les médias écrits et électroniques, et notamment dans des publications spécialisées, témoignent des stratégies adoptées par les assureurs pour s’adapter à leur environnement concurrentiel, indique l’AMF.

Véhicules divers et baby-boomers

La concurrence s’avive aussi dans le segment des véhicules divers, indique le rapport.

« Le nombre de consultations par l’industrie de même que le nombre de modifications apportées aux manuels de tarification pour les véhicules divers vont en augmentant depuis trois ans, affirme l’Autorité. Depuis deux ans, on observait cette hausse uniquement pour les motocyclettes, mais, en 2005, cette augmentation des consultations et des modifications s’est également reflétée pour les motoneiges et les véhicules tout-terrain. »

L’Autorité dit observer que le marché des véhicules divers, qui était presque exclusivement réservé aux assureurs «spécialistes», est maintenant aussi occupé par des assureurs qui y avaient une présence plutôt marginale.

La présence plus accrue de ces assureurs s’explique, en partie, par le phénomène des baby-boomers qui survient présentement au Québec, rapporte l’Autorité.

Cap sur la rentabilité

Malgré cette vive concurrence, la rentabilité des assureurs ne s’en trouve nullement affectée. L’Autorité rapporte d’ailleurs que les primes acquises en assurance auto (toutes catégories confondues) ont enregistré une progression de 41% au cours des cinq dernières années se terminant le 31 décembre 2005. Celles-ci sont en effet passées de 2,2 milliards (G$) en 2000 pour franchir la barre de 3,1 G$ en 2005. En 2000, la proportion des bénéfices empochés par les assureurs, sur les 2,2 G$ de primes acquises, avait été d’à peine 3,1% mais cette proportion n’a cessé de croître depuis pour atteindre 16,8% en 2005.

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