Le rapport 2026 sur les médicaments en voie de commercialisation de TELUS Santé met cette année l’accent sur les traitements de gestion du poids, l’arrivée d’un générique pour l’un des médicaments les plus coûteux au monde, ainsi que sur d’autres nouveaux génériques et sur le processus d’approbation des médicaments biosimilaires.

Le rapport, qui examine les nouveaux médicaments et les nouvelles utilisations pour des médicaments existants susceptibles d’avoir le plus grand impact sur les régimes privés d’assurance médicaments, souligne que, parmi les médicaments potentiels, moins de 200 franchissent généralement chaque année l’étape de l’examen réglementaire de Santé Canada.

L’agence évalue actuellement 161 médicaments, comparativement à 159 l’an dernier et 120 en 2024. Les tout nouveaux médicaments représentent 65% du lot, contre 58% lors des deux années précédentes. « Les autres présentations concernent de nouvelles indications de médicaments déjà commercialisés », écrivent les chercheurs de TELUS Santé dans le rapport Médicaments en voie de commercialisation : Ce que les régimes privés doivent savoir.

Dans la version anglaise du rapport (Drug Pipeline: What private plans need to know), qui est un peu plus complète, TELUS Santé indique également que les dépenses des régimes privés pour les médicaments de gestion du poids ont plus que quadruplé depuis 2021, une hausse d’autant plus notable que ces médicaments sont traditionnellement exclus de la couverture standard. Les auteurs estiment que moins de la moitié des régimes ont choisi d’offrir une couverture « automatique ».

« Pourtant, l’inclusion de ces médicaments est de plus en plus présente dans l’esprit des promoteurs de régimes, non seulement parce que ces traitements sont efficaces et peuvent réduire les coûts des prestations liés aux comorbidités de l’obésité, comme le diabète de type 2 et l’arthrite, mais aussi parce que la couverture constitue un outil potentiel d’attraction et de rétention des employés », écrivent-ils en anglais.

Le rapport en anglais examine également l’utilisation de Wegovy pour traiter une forme avancée de maladie du foie chez des adultes présentant une fibrose hépatique modérée à avancée. Il s’agit de la première indication de Wegovy qui n’inclut pas l’obésité ou le surpoids comme critère d’admissibilité, note TELUS Santé. Le brevet de Wegovy a expiré en janvier 2026.

Économies liées aux génériques

Selon le rapport, les régimes privés d’assurance médicaments peuvent s’attendre à des économies grâce à plus de 80 médicaments génériques qui devraient bientôt être disponibles pour 22 médicaments d’origine.

 « Alors que les premiers génériques des GLP-1 pour le diabète (Victoza et Ozempic) et la gestion du poids (Saxenda et Wegovy) dominent dans l’actualité médiatique, l'arrivée prochaine de génériques pour les médicaments anticancéreux oraux — dont les coûts de traitement atteignent des milliers de dollars par mois — offrira également un allègement bienvenu des coûts », indique TELUS santé dans le rapport en anglais.

L'entreprise ajoute que 56 génériques visant sept médicaments d’origine contre le diabète de type 2 font progressivement leur entrée sur le marché. Certains devraient être offerts à des prix équivalant à 25% ou 35% de ceux des médicaments d’origine. Cela dit, TELUS Santé précise que Saxenda et Wegovy ne sont pas couverts par les régimes publics, ce qui signifie que le prix du sémaglutide générique (Wegovy) et du liraglutide (Saxenda) sera déterminé par le fabricant.

Le bassin potentiel de patients pour les médicaments de gestion du poids est considérable, soulignent les auteurs du rapport : selon les données les plus récentes de Statistique Canada, les deux tiers des adultes canadiens sont considérés comme obèses ou en surpoids.

Par ailleurs, plus de 20 génériques devraient devenir disponibles pour 11 médicaments anticancéreux oraux au cours des deux prochaines années, sous réserve du règlement de litiges liés aux brevets. Des génériques pour certains médicaments contre l’asthme et la fibrose kystique sont également attendus.

Alzheimer à début précoce

Lequembi, un médicament biologique destiné à un sous-groupe restreint de patients atteints de la maladie d’Alzheimer à début précoce, affiche un prix catalogue d’environ 30 000 $ par année, la durée moyenne du traitement dans les essais cliniques étant de 16 mois. On estime que la maladie d’Alzheimer à début précoce touche entre 27 000 et 31 500 Canadiens.

Enfin, TELUS Santé examine le processus d’approbation des médicaments biosimilaires, soulignant qu’après un rythme soutenu d’approbations réglementaires et de mises en marché en 2024 et 2025 — avec 22 approbations —, seulement cinq biosimilaires sont en cours d’examen réglementaire.

Des biosimilaires destinés au traitement de troubles sanguins extrêmement rares devraient faire diminuer le coût de Soliris, considéré comme le médicament le plus coûteux au monde lors de son lancement en 2007, faisant passer le coût annuel moyen du traitement d’environ 700 000 $ à près de 420 000 $.