Devenue ce lundi 11 mai 2020, la troisième femme à présider le conseil d’administration de Conference for Advanced Life Underwriting (CALU), Cindy David s’attèlera à faire croitre le nombre de conseillères et intensifier les échanges avec le gouvernement fédéral dans les dossiers chauds de la longévité des ainés et de la fiscalité.

Cindy David

Conseillère de 25 ans d’expérience, Mme David prend ainsi le relai du président du conseil sortant, Roger Sinclair. Elle était vice-présidente du conseil lors de l’exercice précédent du conseil de CALU.

La conseillère veut poursuivre la marche des comités sur les enjeux de fiscalité des entrepreneurs et de solutions financières pour les ainés. Elle mènera aussi le combat pour faire augmenter le nombre de femmes conseillères dans l’industrie.

Présidente de la firme de planification successorale Cindy David Financial Group de Vancouver, Mme David a accordé une entrevue exclusive au Portail de l’assurance pour expliquer son plan de match durant son mandat 2020-2021.

Amélioration depuis 2000

Seules deux femmes ont précédé Cindy David dans ses fonctions, en 29 ans d’existence du conseil de l’organisme dédié à la formation et la défense des intérêts des conseillers spécialisés en planification avancée. Il s’agit de Diane McCurdy, lors du mandat 2005-2006, et de Susan St. Amand, lors de celui de 2011-2012.

L’enjeu des femmes dans la carrière préoccupe Mme David qui a dû jongler avec l’équilibre travail-famille pour réaliser un parcours hors du commun. Celle qui a amorcé sa carrière à 21 ans a été nommée au fil des ans parmi les trois principales conseillères en planification successorale au pays, et nommée parmi les 50 femmes d’influence en assurance au Canada en 2014, par Insurance Journal, publication sœur du Journal de l’assurance.

Avancement des femmes conseillères

Mme David veut voir plus de femmes accéder à la profession. Dans le communiqué de son élection, CALU dit d’ailleurs avoir choisi Mme David pour souligner son engagement envers l’avancement des femmes conseillères dans l’industrie.

La conseillère reconnait que des progrès ont été faits. Elle en appelle à un changement des mentalités, et croit qu’il faut présenter la profession comme une opportunité de carrière aux femmes dès l’université, voire l’école secondaire (high school). Au-delà de mettre de l’avant la carrière de conseillère, elle croit important d’apprendre aux jeunes à développer une mentalité d’entrepreneurs.

Mme David rappelle que de grandes institutions financières déterminées à accueillir une plus grande diversité se sont donné l’objectif il y a quelques années d’augmenter la proportion de conseillères de 11 % à 25 % en 2025. Selon ce qu’elle a entendu récemment, elles approcheraient la marque des 20 %.

Montrer l’exemple

La présidente du conseil de CALU veut voir l’organisation montrer l’exemple en matière de diversité, en incitant les femmes et les nouveaux conseillers à se joindre à CALU. La conseillère a tenu à préciser que le nombre de membres de CALU est fixé à 450 membres réguliers, mais que 20 à 25 d’entre eux prennent leur retraite chaque année. « Une transition naturelle se produit », dit-elle.

À cette avenue s’ajoute la possibilité pour CALU d’élargir sa portée grâce aux membres associés et membres provisoires, qui portent le membership de l’organisation à environ 650 membres au total, révèle Mme David.

Pandémie et ainés

Des politiques économiques publiques plus robustes et équitables envers les ainées est aussi un combat de longue haleine de CALU. Cindy David en appelle à une stratégie pancanadienne envers la sécurité financière des personnes âgées.

«La pandémie a braqué les projecteurs sur la crise imminente des soins de longue durée au Canada et sur l'insécurité financière à laquelle sont confrontés les retraités», a déclaré Cindy. « Il est temps que tous les paliers de gouvernement se réunissent avec l’industrie et les autres parties prenantes pour prendre la mesure des besoins des ainés. Nous devons tenir compte de l'impact du vieillissement de la population sur les politiques et le financement du gouvernement et trouver des solutions durables. »

Elle croit que les solutions publiques devraient inclure des politiques de pensions et d'épargne-retraite équitables pour tous, et qui reflètent mieux les risques financiers découlant de la longévité accrue des Canadiens.

Équité pour la relève en entreprise

Parmi les autres grandes priorités de la présidente du conseil de CALU, poursuivre les conversations amorcées avec le gouvernement fédéral, en pleine controverse autour des intentions de son ministre des Finances Bill Morneau en 2019, en matière de fiscalité des entrepreneurs. Mme David soutiendra CALU pour plaider en faveur de l’équité fiscale pour les centaines de milliers de propriétaires d’entreprises indépendants qui aideront à revigorer l’économie canadienne au cours de la prochaine année, « particulièrement dans la période post-COVID », dit-elle.

Bien que le ministre ait assoupli certaines mesures, Cindy David en a toujours contre l’imposition taxation inéquitable du transfert d’entreprise familiale à des membres de la famille. Dans sa forme actuelle, l’article 84.1 de la loi sur l’impôt et le revenu peut inciter un entrepreneur à vendre son entreprise à un étranger plutôt qu’à un membre de la famille. Cette iniquité affecte plusieurs de ses clients, dit Mme David.