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La place des femmes dans les fonctions de gestion selon Constance Lemieux

par Hubert Roy | 20 février 2014 16h45

L’enjeu de la place des femmes dans les fonctions de gestion tient tout particulièrement à cœur à Constance Lemieux, présidente et chef de la direction de La Capitale assurances générales.
D’abord invitée à se prononcer à ce sujet en mars 2013 à la Journée de l’assurance de dommages, elle a depuis donné une conférence en novembre devant le Cercle de la finance du Québec, à Québec. Lors de son allocution, elle a notamment mis l’accent sur la confiance que les femmes doivent s’accorder.

« Je n’ai jamais cherché à me mettre en évidence et je n’ai jamais tenu à présenter moi-même mes dossiers. Je me disais : ce n’est pas grave si je n’en ai pas le crédit, moi je sais ce que j’ai fait et c’est ça qui est important. C’est vrai, mais c’est une erreur de laisser une place qui nous revient. Il ne s’agit pas de tasser les autres, mais de prendre la sienne, tout simplement. On dit souvent que les femmes ne travaillent pas leur visibilité. Ce n’est pas une question de courir les cocktails. Présenter ses dossiers en est un exemple », dit-elle.

Elle souligne que les femmes ont tout intérêt à prendre le crédit qui leur revient lorsqu’elles font quelque chose de bien. « Une femme ne se battra pas pour un titre qui lui est pourtant justifié. Si son titre ne convient pas à sa fonction, elle devrait le dire. Les femmes doivent s’affirmer et faire ce qu’elles ont à faire, sans longer les murs », dit-elle.

Mme Lemieux mentionne aussi avoir vu des femmes refuser des promotions, pensant qu’elles ne seraient pas heureuses si elles les acceptaient.

« On cherche à être heureux en continu, mais, pour moi en tout cas, le bonheur vient plutôt par moments. De la même façon, je ne crois pas que ce soit réaliste de chercher à être constamment en équilibre. Il y a des moments où beaucoup d’efforts sont consacrés à la vie professionnelle, et d’autres où les efforts sont concentrés sur la vie personnelle. »

« Je suis mariée depuis plus de 25 ans et nous avons un fils de 24 ans qui est la prunelle de mes yeux, et qui va très bien maintenant. On m’a offert avec beaucoup d’insistance, il y a quelques années, un superbe poste plein de défis et très payant. Je l’ai refusé parce que mon fils n’allait pas bien et que je voulais être là pour lui. J’ai été étonnée par la suite de constater que ça ne m’avait pas nui du tout sur le plan professionnel », relate-t-elle.

Mme Lemieux dit aussi croire que les femmes n’arriveront pas à faire évoluer les choses de façon très significative sans l’aide des hommes, et plus particulièrement des jeunes hommes d’aujourd’hui. « Ils voient leur vie et la place de leur famille de façon différente. Or, comme plusieurs recherches démontrent que les enfants de pères engagés et aimants sont mieux équilibrés et ont de meilleures habiletés cognitives. Ce n’est pas seulement le monde des affaires qui en bénéficiera, mais aussi nos enfants », dit-elle.

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