MENU

« La règlementation à outrance nuit au consommateur » — George Cooke

par La rédaction | 19 novembre 2012 15h58

La règlementation a tout lieu d’exister et constitue une bonne chose, dit George Cooke, PDG de Dominion du Canada, qui quittera ses fonctions à la fin de l’année. Il en va autrement de la règlementation à outrance, qui n’aide aucunement le consommateur, dit-il.Parfois, elle ne joue pas son rôle, alors qu’il serait « fort pertinent » de l’appliquer. Il croit en outre qu’on perd de l’énergie à trop vouloir règlementer les prix, ce qui entraine une instabilité.

« Si l’on faisait un sondage grand public, les gens diraient surement qu’ils sont d’accord pour qu’on règlemente les prix. Pourtant, ça ne sert pas leurs intérêts, à mon avis. Au Canada, on a cette bizarre conviction que la tarification d’un marché qui compte de nombreux concurrents doit passer par la règlementation. Ce n’est pas très logique. Ça ne l’a jamais été. »

Il ajoute que l’industrie de l’assurance de dommages en est une décentralisée, où cohabitent en quelque sorte experts en sinistre, médecins et services de réparation, chacun opérant en vase clos. Il trouve que les courtiers constituent un groupe de fournisseurs de services entièrement indépendant.

« Le courtier a un seul et unique actif : la liste des consommateurs qui font affaire avec lui. Ces gens-là ne m’appartiennent pas comme clients en tant qu’assureur. J’ai un partenariat avec mes courtiers, et ceux-ci ont leurs clients. J’espère que lesdits clients achèteront leur police chez moi et je les traite avec égards, mais je garde toujours à l’esprit qu’ils sont d’abord clients du courtier. »

Quant au gouvernement, il a longtemps influencé les pratiques de tarification de l’industrie et dicté son modus operandi. M. Cooke signale que, malgré cela, le consommateur ignore complètement à quel point les assureurs n’ont pas leur mot à dire – ou presque – relativement au libellé de certains contrats, comme en assurance automobile. Parallèlement, la règlementation touchant à la pratique aurait été reléguée au second plan.

« La règlementation peut, à juste titre, donner préséance aux politiques sociales, comparativement aux considérations économiques, fait-il remarquer en évoquant les règles destinées à empêcher la discrimination économique. Or, d’autres efforts de règlementation, particulièrement dans le domaine de la fixation des taux, ont de quoi déstabiliser et entrainent des variations – pour ne pas dire des perturbations – de prix qui pourraient être évitées si les taux pouvaient monter et descendre en fonction des couts. »

En même temps, on applique mal ou de façon inégale la règlementation liée à la pratique, même si elle est bien en place. On parle ici, notamment, de la divulgation des ententes en matière d’indications de clients ou de l’information sur l’autonomie du courtier, qu’il soit indépendant ou « prisonnier » d’un fournisseur.

Publicité