De nouvelles données de Statistique Canada montrent que la santé fonctionnelle des adultes au pays s’est dégradée au cours de la dernière décennie. Globalement, la proportion d’adultes canadiens présentant une santé fonctionnelle dite très bonne à parfaite est passée de 68,6% en 2015 à 56,4% en 2024. Cette tendance s’explique en grande partie par une détérioration de la santé émotionnelle et une hausse de la prévalence de la douleur.

La santé émotionnelle, mesurée selon le pourcentage de personnes qui se disent heureuses et intéressées à vivre, est l’indicateur qui a le plus reculé, passant de 78,3% en 2015 à 61,2% en 2024. Par ailleurs, la proportion d’adultes ne ressentant ni douleur ni inconfort a également diminué de façon notable, passant de 77,9% à 72% sur la même période, indique l’organisme fédéral dans son étude intitulée Santé fonctionnelle des adultes canadiens, 2015 à 2024.

Globalement, la santé fonctionnelle est demeurée stable chez les personnes âgées de plus de 75 ans, mais a diminué dans tous les groupes d’âge plus jeunes. « Au cours de toutes les années de cette période, les Canadiens de 75 ans et plus avaient une moins bonne santé fonctionnelle que les groupes d'âge plus jeunes. Parallèlement, parmi les adultes de 18 ans et plus, les femmes avaient une moins bonne santé fonctionnelle que les hommes », précise Statistique Canada dans son rapport.

La santé fonctionnelle a reculé dans toutes les provinces. Le Québec se distingue avec les meilleurs résultats : en 2024, 65,6% des Québécois présentent une santé fonctionnelle très bonne à parfaite. La Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick enregistrent les plus faibles proportions d’adultes en très bonne à parfaite santé fonctionnelle : respectivement 47,7% et 48,3% des adultes y obtiennent un score élevé dans cette catégorie.

 

Nuances méthodologiques

(Par Amélie Cléroux)

Les huit attributs fonctionnels – la vision, l’ouïe, la parole, la cognition, la dextérité, la mobilité, la santé émotionnelle et la douleur – sont mesurés auprès de la population canadienne selon une échelle de cinq ou six niveaux. À titre d’exemple, un responsable des relations avec les médias de Statistique Canada nous a fait parvenir par courriel la formulation de la question posée aux répondants quant à leur santé émotionnelle. La voici :

Comment vous décririez-vous comme étant habituellement?

1 : Heureux et intéressé à vivre

2 : Plutôt heureux

3 : Plutôt malheureux

4 : Malheureux et peu intéressé à vivre

5 : Si malheureux que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue

Le score de santé fonctionnelle globale, qui comprend tous les attributs, a pris en compte l’ensemble des réponses (ici de 1 à 5) en nivelant la valeur en fonction de celle-ci.

Toutefois, les scores spécifiques à un attribut ne prennent en compte que le choix de réponse le plus élevé. Ainsi, la santé émotionnelle – établi à 61,2% en 2024 – comprend seulement les personnes qui ont répondu « 1 : Heureux et intéressé à vivre » ou, en anglais, « 1 : Happy and interested in life ». D’ailleurs, le porte-parole a confirmé que cela correspond à une idée d’engagement, de curiosité, de motivation à participer à la vie. Autrement dit, il serait fautif de déduire que la population canadienne restante (38,8% des répondants) est malheureuse.