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La télémédecine à la rescousse des PAE

par Alain Thériault | 03 avril 2018 07h00

Daniel Martz et Denis Plante

La télémédecine peut permettre à l’employeur de répartir ses couts et de se doter d’une véritable station de triage en première ligne, où l’employé sera référé à un programme d’aide aux employés (PAE) s’il en a réellement besoin.

Ce point de vue est celui de Daniel Martz, président fondateur d’Equinoxe LifeCare (EQ Care). Cette firme est active au Canada en télémédecine et en environnement virtuel. Elle vient d’arriver au Québec.

En entrevue au Journal de l’assurance, il dit croire que les programmes d’aide aux employés (PAE) arrivent à maturité. « Ils se consolident. Les gros joueurs achètent les plus petits. Il y a plus de concentration et les joueurs se concurrencent sur les couts. Il en résulte une pression qui pousse entre autres à réduire les honoraires et le nombre de séances offertes par les PAE. »

Pour M. Martz, les PAE qui ne passent pas assez de temps avec le patient verront chuter la productivité des groupes qui l’utilisent. « C’est un délicat exercice d’équilibre. Si le PAE n’est pas utilisé au degré attendu ou prédit, vous serez plus ou moins rentables. L’impact du PAE diminue lui aussi. Les gens l’utiliseront encore moins. » Pour tendre vers cet équilibre, les PAE auront avantage à fusionner leur approche traditionnelle avec une approche plus technologique, croit le président d’EQ Care.

Retour sur l’investissement

Mieux équipés, ils pourront davantage parler de retour sur l’investissement que de couts élevés. « Il sera attrayant pour l’employeur de savoir qu’il peut investir 5 $ et en récupérer 15 $ ou 20 $, parce que la productivité augmente. En amenant la technologie dans l’équation, vous pourrez fournir une qualité de services similaire, voire meilleure, à un moindre cout, parce que vous avez des approches différentes et innovantes », explique Daniel Martz.

Il s’agit selon lui pour l’employeur de mieux répartir la part totale des sommes qu’il souhaite consentir à un programme d’avantages. Dans celui-ci, les services de PAE et de télémédecine devraient cohabiter.

M. Martz croit que la télémédecine peut aider les PAE. « La télémédecine se fait aujourd’hui dans un objectif d’accès à des soins pour aider l’équipe de gestion de l’invalidité à réaliser le retour au travail de l’employé. Nous voulons offrir un accès élargi aux soins. En ce qui touche les soins psychologiques, c’est une avenue que nous envisageons surtout sous forme de référence, car les services d’un PAE sont très différents des nôtres. »

Interfas y plonge aussi

EQ Care pourra évaluer le problème de santé mentale et effectuer la référence vers un PAE. M. Martz reconnait que dans plusieurs problèmes de santé cohabitent les aspects physique et psychologique. « Nous pouvons fournir un traitement de base avec un médecin. Nous pouvons ensuite rediriger le patient vers un traitement plus complexe offert par un psychologue ou un psychiatre. »

Président d’Interfas, firme spécialisée dans l’administration de régimes collectifs, Denis Plante croit qu’un plus grand recours à la télémédecine pourrait permettre de régler plusieurs des irritants soulevés par l’Association des psychologues du Québec. M. Plante collabore avec EQ Care et fait connaitre cette avenue à ses clients.

La télémédecine pourrait même selon lui se transposer en sorte de PAE, qui permettrait par exemple à un parent de demander conseil en ligne par vidéo s’il observe des problèmes psychologiques chez son enfant. Un autre pourrait chercher de l’aide par l’entremise d’une application mobile pour un problème de dépendance à l’alcool, sans avoir à se présenter dans la salle d’attente d’un psychologue.

Pour l’heure, l’argument principal de la télémédecine demeure toutefois la possibilité de parler rapidement à un médecin. « La télémédecine permet d’obtenir un rendez-vous avec un médecin dans un délai d’une demi-heure, peu importe l’endroit où l’on se trouve. Il peut connaitre la problématique, régler le problème, ou recommander une intervention physique au besoin », explique M. Plante.

Il croit que les PAE devraient aller dans cette direction, permettre par exemple des séances à distance.

« Certains PAE permettent le clavardage. L’accessibilité et la confidentialité est à la clé. On irait une étape plus loin avec un professionnel en relation avec le patient, à l’écran. Chez Interfas, nous utilisons souvent la téléconférence avec nos clients. D’après moi, c’est dans cette direction que le PAE devrait aller. Il augmenterait ainsi la proximité et diminuerait les couts. »

Abaisser les couts

Une telle approche réglerait selon lui certains des irritants des psychologues envers les PAE, en permettant au professionnel de réduire ses dépenses de bureau.

« L’approche aurait aussi son mérite en permettant d’abaisser les couts d’invalidité et réduire le présentéisme. La facilité d’accès inciterait les employés à recourir davantage à un tel PAE qu’à un PAE traditionnel », croit le président d’Interfas.

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