Alors que Donald Trump est officiellement devenu le 45e président des États-Unis d’Amérique, deux des plus grands assureurs vie au Canada ont indiqué que son arrivée à la Maison Blanche ne les inquiétait pas.

Des analystes financiers ont interrogé les dirigeants de Manuvie et de la Financière Sun Life lors de la divulgation de leurs résultats du troisième trimestre de 2016. Le Journal de l’assurance en a fait une revue. Les analystes ont questionné Daniel R. Fishbein, président, Financière Sun Life États-Unis, sur une éventuelle abolition de l’Affordable Care Act, aussi connue sous le nom d’ObamaCare.

Les sénateurs républicains ont d’ailleurs adopté une première motion pour entamer son démantèlement le 12 janvier dernier. Pour Sun Life, l’impact de la révocation d’ObamaCare par le Sénat sera mineur.

« Le système privé actuel demeure robuste »

« L’Affordable Care Act n’affecte pas directement nos activités parce que les produits que nous offrons ne sont pas disponibles à travers le régime public. À cause de l’impact indirect du système de santé américain sur notre entreprise, il est possible qu’il y ait des perturbations en aval. Mais nous pensons que le système privé actuel est soutenu et qu’il demeure robuste », a commenté M. Fishbein.

Lors de sa campagne, Donald Trump a proposé une réduction de l’impôt sur les sociétés, qui se situe actuellement à 39 %, soit le plus élevé des pays développés. Cette promesse était une des pierres angulaires de sa stratégie pour stimuler l’économie américaine.

« Bien qu’on ne commente généralement pas sur les taux d’imposition, il est évident qu’une baisse serait bénéfique, puisque comparée aux taux d’imposition dans les autres marchés internationaux dans lesquels nous opérons, celui des États-Unis est beaucoup plus élevé, soutient Colm J. Freyne, vice-président exécutif et premier directeur financier, Financière Sun Life. Nous attendons les développements à ce sujet. »

Assouplissement des règles du département du Travail

L’administration Obama a, notamment, augmenté le seuil salarial pour bénéficier de la loi sur les heures supplémentaires, passant de 23 660 $ et moins à 47 476 $ et moins par année en introduisant le Fair Labor Standards Act (FLSA). Donald Trump a promis d’exempter les petites entreprises de cette disposition, en plus de confier aux états la tâche de déterminer le salaire minimum.

Bien que le nouveau règlement sur les heures supplémentaires ait été mis sur la glace par un juge fédéral, Craig Bromley, président de John Hancock Financial Services, une filiale de Manuvie aux États-Unis, souligne que le FLSA engendrerait des couts pour s’y conformer et que les entreprises verraient une réduction des couts potentielle s’il est reporté ou annulé.

« Il est trop tôt pour spéculer sur les impacts de l’assouplissement des règles du département du Travail, ajoute M. Bromley. Nous nous sommes toujours assurés d’être conforme aux lois et que nos politiques soient transparentes et absentes de conflits d’intérêts. »