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Le « grand trio » surclasse toute l’industrie

par Vicky Poitras | 12 octobre 2006 14h06

Le trio dominant qui s’est récemment créé au fil des nombreuses fusions dans l’industrie de l’assurance de personnes au Canada accentue son emprise. En 2005, il a surclassé l’ensemble de l’industrie en termes de croissance des primes par rapport à 2004.Great-West, Financière Manuvie et Financière Sun Life, les trois plus gros assureurs vie au pays, ont vu leurs primes en assurance de personnes croître de 18,0% en 2005 par rapport à 2004. Pour toute l’industrie, cette croissance a atteint 14,2% durant cette même période. C’est un bond de près de 4% supérieur à celui du total de l’industrie pour le trio. En valeur absolue, ce trio a vu ses primes passer de 18,5 milliards de dollars en 2004 (G $) à 22,0G $, au cours de la dernière année. Pour sa part, l’ensemble de l’industrie a vu ses primes passer de 36,7 milliards (G $) l’an dernier par rapport à 32,2G $ en 2004.

Le top 10 se renforce aussi

Les 10 plus gros assureurs vie actifs au Canada ont aussi surclassé l’ensemble des joueurs de l’industrie au chapitre de la croissance des primes entre 2004 et 2005. Cela dans une mesure toutefois plus modeste que dans le cas du trio dominant.

La croissance annuelle des primes des joueurs du top 10 a en effet atteint 15,1%, au 31 décembre dernier par rapport à 2004, soit près de un pour cent de plus que le taux de croissance des primes affiché par l’ensemble de l’industrie durant cette même période.

En valeur absolue, les primes des joueurs du top 10 ont atteint 31,9G $ en 2005, augmentant ainsi de quatre milliards par rapport à 2004.

Cette augmentation est en grande partie attribuable à Manuvie, au sein de laquelle les affaires de La Maritime sont désormais totalement intégrées. Les primes de Manuvie ont fait un bond énorme de 62,3%, entre 2004 et 2005, pour se fixer à 6,3G $, au 31 décembre dernier. Les primes de Great-West et de Sun Life ont respectivement progressé de 7,3% et de 4,1% au cours de la dernière année.

Industrielle Alliance, qui se classe quatrième au top 10 des assureurs de personnes au Canada, a également vu ses primes grimper de façon importante. L’assureur a enregistré une hausse de près de 24%, alors que ses primes sont passées de 1,6G $ à 2,0G $, durant la même période.

RBC Assurances figure aussi parmi les joueurs du top 10 dont la croissance des primes a dépassé la moyenne de l’industrie. Sis au huitième rang des plus grands assureurs, RBC Assurances a en effet vu ses primes croître de 22,9%, passant de 851M $ en 2004 à un peu plus d’un milliard l’an dernier.

Standard Life du Canada a été le seul assureur du top 10 à voir ses primes reculer en 2005 par rapport à 2004, en l’occurrence de 7,2%.

Une concentration sans précédent

Les plus gros assureurs au Canada ne font pas que surpasser l’industrie en termes de croissance des primes. Ils continuent en plus d’accaparer l’écrasante majorité des parts du marché de l’assurance de personnes au Canada.

En effet, plus de 60,0% des primes totales en vigueur dans l’industrie en 2005 appartiennent aux trois assureurs de tête.

L’emprise du top 10 est encore plus flagrante, alors qu’il contrôle 87,0% du marché total en termes de primes d’assurance pour l’année 2005.

Ces dix assureurs ont de plus légèrement resserré leur emprise sur le marché canadien par rapport à 2004. En décembre dernier, ils contrôlaient 86,93% de ce marché contre 86,19% au terme de l’année précédente.

Cette augmentation est à nouveau attribuable à Manuvie. Sa part du marché canadien a grimpé d’un peu plus de cinq pourcent entre 2004 et 2005. Celle des autres joueurs du top 10 a grimpé plus modestement, et a même reculé pour six d’entre eux, dont Great-West et Sun Life.

Même phénomène au Québec

Le portrait au Québec reflète en partie ce qui est observé dans le marché canadien. Les 10 meilleurs joueurs actifs au Québec ont aussi surclassé l’ensemble de l’industrie québécoise de l’assurance de personnes quant à la croissance des primes. Le phénomène est toutefois modeste.

Ainsi, la croissance annuelle des primes des joueurs du top 10 québécois a atteint 8,7% entre 2004 et 2005, contre 8,6% pour l’ensemble de l’industrie québécoise durant cette même période.

En valeur absolue, le top 10 québécois a vu ses primes augmenter de 700M $, passant de 7,5G $ à 8,2G $, entre 2004 et 2005.

Durant la même période, les ventes de l’ensemble de l’industrie québécoise ont progressé elles de 800M $, passant de 8,7G $ à 9,5G $.

Comme dans le marché canadien, c’est Manuvie qui a été le champion de la croissance au Québec, enregistrant la plus importante hausse de primes au Québec, soit 66,4%. L’assureur a en effet vu ses primes monter de 542M$ à 903M $ dans le marché québécois, entre 2004 et 2005.

Autre champion de la croissance des primes, La Croix Bleue, huitième assureur en importance au Québec, a pour sa part vu ses primes augmenter de près de 30% entre 2004 et 2005. Celles-ci sont passées de 179M $ à 232M $ en un an.

Croissance au-dessus de la moyenne québécoise pour le groupe La Capitale également. L’assureur de Québec a vu ses primes croître de 11,7% entre 2004 et 2005.

Comme au Canada, Standard Life a vu ses primes chuter au Québec, mais de façon encore plus marquée, avec un recul de 20%.

Plus concurrentiel, le Québec?

Pour sa part, le trio québécois des trois plus grands assureurs domine moins que son homologue canadien. Il n’accapare en effet que 43,9% des primes en vigueur au Québec au 31 décembre 2005.

La croissance des primes de ces trois assureurs dominant au Québec que sont Desjardins Sécurité financière (DSF), Great-West et Sun Life, a atteint 7,4%, passant de 3,8G $ à 4,1G $ entre 2004 et 2003, au cours de la dernière année. C’est toutefois moins que la moyenne de l’industrie québécoise.

L’augmentation des primes chez le trio est principalement attribuable à DSF qui les a vues croître de 12,5% entre 2004 et 2005. Les primes de DSF sont passées de 1,5G $ à 1,7G $ durant cette période.

Pour sa part, le top 10 québécois a continué de progresser en termes de part de marché. Ces dix assureurs ont en effet légèrement resserré leur emprise sur le marché québécois, puisqu’en décembre dernier, ils contrôlaient 86,69% de ce marché contre 86,57% l’année précédente.

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