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Le visage de la compagnie ne sera plus celui du représentant

par Alain Castonguay | 14 novembre 2017 07h00

Charles Dugas | Photo : Réjean Meloche


Pour célébrer ses 25 années d’existence, le Journal de l’assurance vous présente 25 idées exclusives pour construire, dès aujourd’hui, l’industrie de demain.


Plusieurs assureurs ont déjà entamé le nécessaire virage numérique. Le visage de la compagnie, celui qui traite avec le consommateur, ça devient la plateforme numérique, note Charles Dugas, et non les agents, les représentants ou les courtiers.

L’assureur devra ensuite rendre la plateforme plus conviviale afin de bien anticiper les besoins des consommateurs. Le produit d’assurance sera davantage personnalisé, ce qui pourrait complexifier l’offre.

« Généralement, la manière dont cela est vendu, les gens s’informent d’abord beaucoup afin de faire leurs choix personnels. Plutôt que d’avoir une offre de produits bien ficelés et limités à des couvertures simples, l’offre pourra être plus complexe et élaborée », dit celui qui vient de joindre Element AI.

Ça sera au consommateur de se créer son panier d’assurances propre à ses besoins, poursuit-il. À la longue, les assureurs auront suffisamment de données afin de produire une prime concurrentielle en fonction des risques estimés et des résultats tirés de l’expérience du groupe.

Les assureurs n’ont pas le choix de suivre les consommateurs, reconnait-il. « Les gens se renseignent sur les plateformes. » Par exemple, ils organisent leur voyage en passant par TripAdvisor pour chercher des endroits recommandés, et ils choisissent leur hébergement et leur mode de transport. « Ils prennent le temps de se renseigner en utilisant des plateformes numériques. Je ne vois pas pourquoi ça serait différent en assurance », dit-il.

Les principes fondamentaux de l’assurance demeurent les mêmes, peu importe où l’assureur est implanté, poursuit-il. Un nouvel outil de tarification n’est pas utile dans une législation où les primes sont fixées par le gouvernement, comme c’est le cas en assurance automobile en Caroline du Nord, par exemple.

« Mais il y a une panoplie de besoins analytiques chez les assureurs. On peut s’intéresser à la stratégie et élaborer des plateformes qui peuvent servir à l’essentiel de toutes ces applications. Selon le marché, on adapte cela en gardant ce qui est pertinent et ce qui ne l’est pas », dit-il.

Ce sera son travail chez Element AI, soit de créer une plateforme flexible destinée au marché de l’assurance. « Mon but, c’est cela : développer la stratégie d’approche pour aller chercher l’offre qui est optimale pour un assureur. C’est de trouver la formule hybride entre les données qu’ils détiennent et ce que nous pouvons en faire. »

Il n’y a pas de crainte pour les clients que les assureurs uniformisent leur offre lorsqu’ils auront tous atteint un certain niveau d’innovation. « On regarde le marché aujourd’hui, d’un assureur à l’autre, il y a encore beaucoup de volatilité dans les tarifs, pour un même risque. Chacun utilise sa recette à l’interne. »

La tarification, en fin de compte, est toujours basée sur les données de l’assureur. « Même si les assureurs et les actuaires utilisent les mêmes techniques, ils arrivent quand même à avoir des résultats différents, étant donné les choix des variables à inclure dans le tarif, l’expérience par rapport à ces variables observées... Ce n’est pas un problème si on parle de tarification. »

Il reviendra toujours à l’assureur de déterminer les produits qu’il peut offrir en fonction de ses capacités. Avec de meilleures solutions analytiques et des algorithmes d’apprentissage, une firme comme Element AI peut aider l’assureur à implanter de nouveaux produits, notamment ceux reliés à la couverture des risques liés à l’économie collaborative.

« Le but est d’être capable d’accélérer le processus, de passer des données à la création de l’engin de tarification, de l’algorithme d’apprentissage, de l’utilisation de l’intelligence artificielle. Si on développe une plateforme efficace, on est capable de prendre les données brutes, de les transformer, de les modéliser, et on arrive avec un choix de modèle prédictif en intelligence artificielle, on le met en production, on le connecte avec les systèmes actifs afin de l’intégrer dans les opérations. C’est toute cette chaine de production qui doit être accélérée. C’est la plateforme que nous cherchons à développer chez Element AI », conclut-il.


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