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Le Web : terrain de jeu des jeunes entrepreneurs du courtage

par Justine Montminy | 12 avril 2018 07h00

Christopher Johnson, Matthieu Préfontaine et Patrick Bouchard

Les nouvelles technologies entrainent de nouveaux défis pour les entrepreneurs souhaitant ouvrir un cabinet de courtage en assurance de dommages.

Avec l’arrivée des réseaux sociaux et de la montée grandissante du Web, les conditions de succès des cabinets de courtage en 2018 sont différentes qu’il y a une dizaine d’années. Certains éléments ne peuvent être ignorés avant de se lancer en affaires.

Christopher Johnson a fondé AMR Assurances Multi-Risques en 2007 à l’âge de 25 ans. « Les habitudes de consommation changent. Il est important d’être créatif et agile pour s’adapter », explique-t-il.

Aujourd’hui président du Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ), M. Johnson rappelle l’importance d’un service à la clientèle impeccable. « Il n’y avait presque pas de réseaux sociaux il y a dix ans quand j’ai fondé mon cabinet. Comme courtier, on vend de la confiance. Aujourd’hui, il faut garder en tête que si tu assures quelqu’un et qu’il n’est pas content, il peut maintenant se plaindre sur Facebook. Ta réputation peut en prendre un coup », ajoute-t-il.

Pluriel Assurances a vu le jour en mars 2017. Marjolaine Moïse, l’une des trois associées du cabinet, reconnait aussi l’importance du rôle d’Internet dans le succès de son entreprise. Son usage a aidé l’entrepreneure à bâtir sa clientèle dans la région de Valleyfield.

« Mes collègues et moi travaillions pour un autre cabinet dans la région avant de nous lancer en affaires. Nous étions quand même connues comme courtières. Quand est venu le moment de faire connaitre le cabinet, nous partions à zéro, sans achat de client. Ça n’a pas été facile, indique-t-elle. Nous avons fait du porte-à-porte et nous avons distribué des pamphlets. Nous avons investi dans un site Internet assez tôt, donc les gens ont pu nous retrouver facilement. Même chose pour les assureurs qui ont recherché nos noms sur Google et qui ont reconnu nos visages, comme nous étions déjà connues en assurance. Ça nous a aidées à nous lancer ! »

User de créativité pour se démarquer

Avec l’arrivée de la vente d’assurances par Internet au cours des dernières années, Matthieu Préfontaine, président de M2 assurance, croit qu’il est de plus en plus important aujourd’hui de se démarquer lorsque l’on se lance en affaires. « Comment un petit courtier qui démarre sortira du lot avec la venue des robots d’Internet ? Il faut sortir de la boite et être créatif », insiste-t-il.

Avec les projets de loi 150 et 141 et les changements au niveau du segment d’assurance des particuliers, l’entrepreneur croit que pour réussir en 2018, il vaut mieux se spécialiser. Ayant baigné dans le monde de l’assurance depuis son plus jeune âge, grâce à son père, lui aussi dans le milieu, Matthieu rêvait d’assurer des gratte-ciels quand il était plus jeune. Se spécialiser a toujours été dans ses projets.

« La compétitivité est grande, il faut sortir du créneau. M2 assurance est l’un des cinq cabinets spécialisés en camionnage au Québec », précise M. Préfontaine. L’entreprise possède aujourd’hui 26 employés avec un volume de 16 millions de dollars.

Patrick Bouchard, président de Bouchard & Associés — Solutions d’Assurances, est du même avis. « À tous ceux qui souhaitent fonder un cabinet de courtage, il vaut mieux de ne pas le faire sur un coup de tête et être bien préparés. Aujourd’hui, vouloir ouvrir un cabinet en assurance de dommages ce n’est pas l’idéal. Il faut avoir une valeur ajoutée. Trouvez-vous une clientèle cible et tentez d’être le meilleur dans votre domaine », conseille-t-il.

Redoubler d’ardeur

Matthieu Préfontaine croit aussi que le service client devrait être une priorité pour toute personne souhaitant s’ouvrir un cabinet. « Il faut être plus présent et redoubler d’ardeur. Il ne faut jamais tenir les assurés pour acquis. Nous voulons les garder comme clients à long terme. »

Pour se faire connaitre et pour fidéliser sa clientèle, Shawn Turcotte, président chez OVC assurances, a choisi de ne pas trop investir en publicité. « On a misé sur les réseaux sociaux. On voulait que les gens parlent de nous. On a aussi mis l’accent sur le service et sur la rapidité. Notre cabinet est ouvert la fin de semaine et tard le soir. Ça nous a permis de ramasser certains clients des cabinets qui eux, n’étaient pas ouverts », confie-t-il.

Pour Christopher Johnson, créativité rime avec adaptabilité. « Pour réussir en 2018, il faut être prêt à changer son plan d’affaires quasi instantanément », précise l’entrepreneur, qui regrette de ne pas avoir investi sur le site Web de l’entreprise dès la première année. « Aujourd’hui, j’ai un blogue où je publie un article par semaine. Mes 52 articles sont déjà planifiés. Il faut toujours avoir une vision à court terme, mais aussi à long terme », affirme-t-il.

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