Les entreprises canadiennes qui misent sur la technologie numérique au service de l’assurance doivent foncer et faire valoir ce qu’elles ont à offrir, non seulement pour croître elles-mêmes, mais aussi pour répondre aux besoins grandissants des petites entreprises de partout en Amérique du Nord, estime Mark Morissette, cofondateur et PDG de Foxquilt, une assurtech de Toronto.
Lors d’un sommet sur l’innovation organisé par l’Association canadienne de l’assurance voyage (aussi connue sous son nom en anglais, soit la THIA), ce dernier a déclaré que le monde des assurtechs canadiennes regorge de talents qui excellent dans la création de plateformes au service des entreprises.
Ceci dit, nous gardons un profil bas et ne faisons ni bruit ni preuve d’audace, explique le PDG. « Mais nous allons tenter de changer ce paradigme. Nous voulons construire des entreprises multinationales qui visent à répondre aux besoins des petites entreprises. »
M. Morissette a affirmé avoir fondé Foxquilt en 2016 pour donner aux petites entreprises les moyens de réduire leur facture d’assurances, c’est-à-dire en responsabilité civile générale, indemnisation des accidents du travail et responsabilité professionnelle (erreurs et omissions).
Les nouveaux dans le domaine doivent avoir les reins assez solides pour concevoir une technologie avec « preuve de concept », essentiellement financée par du capital privé. Aux États-Unis, toute petite entreprise d’assurtech peut réunir rapidement les capitaux nécessaires pour créer le logiciel requis ; or, comme l’explique Mark Morissette, une entreprise canadienne doit être en mesure de faire beaucoup mieux que ses homologues américains pour tirer son épingle du jeu.
Il suggère aux nouveaux venus de retenir d’abord six canaux, précisant que Foxquilt a commencé par viser les consommateurs. Elle dispose maintenant de centaines de produits qu’elle vend au Canada et aux États-Unis, mais elle a dû faire une cour assidue aux grandes entreprises canadiennes pour obtenir leur soutien financier. « Elles ont refusé de relever le défi au sud de la frontière », a-t-il relaté à l’auditoire du sommet, évoquant s’être heurté à une réaction du genre on-ne-sera-pas-capables. « Mais je crois en la génération Z et aux millénariaux… et finalement, nous y sommes arrivés. »
Il ajoute qu’aucune infrastructure transfrontalière ne permet actuellement de desservir toutes les entreprises qui font du commerce de part et d’autre de la frontière. Il signale que des entreprises comme Bureau en gros, Walmart et Amazon ont pourtant besoin d’installations transfrontalières qui permettent de relier tous les éléments de leur réseau de dizaines de milliers de détaillants en ligne.
« Nous relevons ce défi avec plus d’audace que ces assureurs à un million de dollars — mais nous nous associons à un plus grand nombre d’entre eux pour créer ensemble de la valeur. »