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Les baby boomers ne sont pas prêts à la retraite

par Donna Glasgow | 08 janvier 2007 18h30

Une retraite de rêve à jouer au golf, à voyager et à jouir de loisirs illimités demeurera un rêve pour plusieurs baby boomers. Un niveau d’épargne insuffisant forcera la majorité d’entre eux à continuer de travailler au-delà de l’âge de retraite habituel, révèlent de récents sondages.En Ontario, un sondage d’Ipsos Reid réalisé en décembre pour le compte de BMO Groupe financier, indique que trois pré-retraités sur quatre croient qu’ils travailleront au-delà de 65 ans. Certains disent qu’ils le feront pour demeurer actifs mentalement ou en contact avec les gens. Toutefois, 69% des répondants ont aussi donné comme motif le besoin de gagner de l’argent.

L’information contenue dans le sondage a été recueillie auprès de 1 066 Canadiens âgés entre 45 et 60 ans dans la semaine du 16 octobre dernier. D’autres informations ont été recueillies l’an passé à travers le Canada.

« Pré-retraités et retraités préféreraient ne pas travailler. Les deux groupes expriment les mêmes désirs : ils aimeraient passer leur retraite à voyager, se consacrer à des hobbies, passer du temps avec famille et amis ainsi que faire du bénévolat », rapporte ce sondage.

On y constate que 72% des baby boomers ontariens ne se sentent pas en bonne voie d’épargner suffisamment pour leur retraite ou ne savent pas s’ils sont en bonne voie de le faire. Le sondage indique également qu’à travers le Canada, plusieurs boomers seraient prêts à sacrifier certains éléments de leur style de vie pour combler le manque de leur épargne retraite.

Ainsi, 69% des Québécois et 67% des Albertains sondés seraient disposés à se départir de leur résidence secondaire pour combler les lacunes de leur épargne retraite. Pour les mêmes raisons, 62% des Québécois seraient prêts à renoncer aux voyages.

Les cinq principales raisons pour lesquelles les boomers disent s’écarter de leurs objectifs d’épargne retraite: pas d’argent disponible pour épargner (58%); épargne tardive (44%); soutien financier aux enfants (28%); problèmes de santé (22%); problèmes d’emplois (20%).

Le sondage montre également que plus de 80% des boomers sondés auraient souhaité avoir commencé à épargner plus tôt pour leur retraite.

Note encourageante pour les conseillers financiers, 90% des participants au sondage d’Ipsos Reid conviennent qu’accumuler des sommes suffisantes pour la retraite requiert beaucoup de planification et l’aide d’un professionnel.

En entrevue au Journal de l’assurance, Kris Vikmanis, directeur du marché de la retraite chez BMO Groupe Financier, a souligné que les faits relevés en Ontario quant aux baby boomers qui se sentent mal alignés sur leurs objectifs de retraite sont cohérents avec les données recueillies par le sondage à travers le Canada.
Mme Vikmanis a un message pour ces gens. « Rendez vous dans une banque ou chez un planificateur financier dès aujourd’hui! »

Les boomers peuvent combler l’écart pour leur épargne retraite insuffisante en travaillant plus longtemps, estime-t-elle. Cela ne les prémunira toutefois pas contre l’adversité. Qu’arrivera-t-il si des problèmes de santé les empêchent de travailler plus longtemps, se demande Kris Vikmanis.

Retardataires

Si tant de baby boomers ne sont pas prêts pour la retraite, c’est qu’ils s’y prennent trop tard, révèle aussi un sondage pancanadien récemment rendu public par Desjardins Sécurité financière (DSF).

Ce cinquième sondage annuel de DSF conclut que 35% des participants, travailleurs à temps plein ou en retraite partielle, admettent n’avoir commencé à épargner qu’après l’âge de 40 ans même s’ils estiment 60 ans comme l’âge idéal de la retraite.

Le sondage de DSF indique aussi que les participants n’ayant pas commencé à épargner avant l’âge de 50 ans désirent tout de même prendre leur retraite à 60 ans.

Selon Monique Tremblay, vice-présidente, épargne et fonds distincts chez DSF, quelques raisons suffisent à expliquer ce retard. Par exemple, certaines personnes croient devoir payer toutes leurs dettes, hypothèques, prêts étudiants, avant d’investir dans un régime d’épargne retraite. Une erreur, croit-elle. « À mon avis, vous devriez commencer à épargner et planifier dès vos premiers jours de revenus. »

Un train de vie coûteux est un autre facteur qui explique le retard de plusieurs dans leur épargne retraite. Autre problème causé par le manque de planification financière, croit Mme Tremblay.

Le sondage de DSF démontre par ailleurs que ceux qui mettent sur pied un régime de retraite avant l’âge de 30 ans se divisent en deux principales catégories : 37% sont des couples avec enfants, et 36% des gens fortunés avec des investissements supérieurs à 100 000$.

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