La proportion de Canadiens déclarant rencontrer des difficultés financières a augmenté de façon constante de 4,8% par année entre 2021 et 2025, montre une nouvelle analyse de de Statistique Canada, réalisée à partir des données de l’Enquête sociale canadienne.
Cette tendance est accompagnée d’une diminution de la proportion de personnes déclarant un niveau élevé de satisfaction à l’égard de la vie (en baisse de 2,2% par année) et d’optimisme face à l’avenir (en baisse de 2,4% par année).
Les jeunes adultes canadiens, soit ceux âgés de 25 à 44 ans, sont de plus en plus susceptibles de déclarer avoir éprouvé des difficultés financières — les signalements au sein de ce groupe ont augmenté de 5,4% par année sur la même période d’étude.
« Les données issues de séries chronologiques permettent de déterminer les variations dans les mesures subjectives du bien-être au fil du temps et de repérer les groupes susceptibles d’enregistrer des baisses plus importantes à cet égard », écrivent les chercheurs de Statistique Canada dans le rapport Étirer chaque dollar : une analyse chronologique des difficultés financières et de la qualité de vie. « Les 10 premières vagues de l’enquête ont révélé des niveaux de difficultés financières autodéclarées en constante augmentation », poursuivent-ils.
Au printemps 2025, indiquent-ils, 39% des personnes âgées de 15 ans et plus ont déclaré que leur ménage trouvait « difficile » ou « très difficile » de répondre à ses besoins financiers. Cette proportion a plus que doublé depuis l’été 2021, alors qu’elle s’établissait à 19%.
Les difficultés financières étaient plus fréquemment déclarées par les personnes vivant en milieu urbain, les jeunes adultes et les personnes en situation de handicap.
Par ailleurs, les auteurs soulignent que « les personnes ayant une incapacité, une difficulté ou un problème de santé de longue durée étaient plus susceptibles de déclarer éprouver des difficultés financières (49%) que celles qui ne déclaraient pas de conditions particulières ou d’incapacité (33%) ».
Les jeunes adultes sont les plus touchés
Les jeunes adultes et les adultes d’âge moyen ont connu une détérioration similaire de leur situation financière au fil du temps — soit des hausses respectives de 5,4% et 5,5% par année — tandis que les signalements de difficultés comparables n’ont augmenté que de 3,6% annuellement chez les personnes de 65 ans et plus au cours de la même période.
« Les adultes de 25 à 44 ans étaient plus susceptibles que ceux d’âge plus avancé de déclarer avoir éprouvé des difficultés financières au cours des 12 mois précédant l’enquête (43% par rapport à 38% des personnes de 45 à 64 ans et à 24% des personnes de 65 ans et plus) », indique Statistique Canada dans le rapport. Une constatation cohérente avec ce qu’ont révélé des études précédentes, soulignent les auteurs : « les jeunes Canadiennes et Canadiens dépensent une plus grande part de leur revenu en logement que les groupes plus âgés et se heurtent à de plus grands défis liés à l’entrée sur le marché du logement, ce qui a une incidence sur leur capacité à accumuler de la richesse. »
Ils concluent que les jeunes adultes ont été plus vulnérables aux changements sociaux et économiques au cours des dernières années. « Chez tous les groupes examinés à l’aide des données chronologiques, les jeunes adultes ayant connu des difficultés financières étaient, en général, le groupe le plus à risque d’enregistrer de piètres résultats en ce qui a trait au bien-être subjectif. Plus précisément, ce groupe a enregistré le plus faible pourcentage de personnes ayant déclaré un niveau élevé de satisfaction à l’égard de la vie et d’optimisme quant à l’avenir ou le plus grand recul au chapitre de ces indicateurs. »