Afin d’évaluer la prévalence de l’obésité clinique et de l’obésité préclinique au sein de la population canadienne, Statistique Canada a combiné les données de sa nouvelle étude sur l'adiposité excessive, qui prend en compte à la fois l’indice de masse corporelle (IMC) et le tour de taille (TT), et des données sur les impacts de santé concrets liés à l’obésité.

Un peu plus d’un adulte canadien sur quatre présentait une adiposité excessive, révèle l’étude publiée le 18 mars dernier. Par ailleurs, la « prévalence d’une déficience dans cinq des huit systèmes de l’organisme était substantiellement et significativement plus élevée chez les adultes présentant une adiposité excessive que chez ceux ayant un poids normal » écrivent les auteurs.

« À la connaissance des auteurs, il s’agit de la première étude à combiner les mesures de l’adiposité excessive à l’échelle de la population avec des indicateurs de déficience liée à l’obésité (dysfonctionnement physiologique et limitations des activités) dans huit systèmes de l’organisme, afin de caractériser l’obésité clinique et préclinique chez les adultes canadiens », indique Statistique Canada dans l’étude intitulée Évaluation de l’obésité au-delà de l’indice de masse corporelle : intégration d’indicateurs physiologiques et fonctionnels de la déficience dans la surveillance nationale de la santé.

Parmi les indicateurs recensés, l’apnée du sommeil, une tension artérielle élevée, des activités évitées à cause de douleurs et des problèmes de genou ou de hanche étaient les plus répandus chez les adultes ayant un excès d'adiposité.

Notons qu'une adiposité excessive « a été définie comme un IMC situé dans la catégorie de l’obésité (IMC ≥ 30 kg/m2) s’accompagnant d’un tour de taille élevé » (généralement 102 cm pour les hommes et 88 cm pour les femmes).

L’âge a une incidence

Parmi les personnes avec une adiposité excessive, 31% ne présentaient aucun indicateur de déficience, 44% présentaient des indicateurs dans deux systèmes ou plus, et 24% dans trois systèmes ou plus de l’organisme.

Chez les personnes âgées de 18 à 39 ans, 60% ne présentaient aucun indicateur d’atteinte, tandis que seulement 9% des personnes âgées de 60 à 79 ans pouvaient en dire autant. La proportion d’adultes enregistrant des indicateurs de déficience, quel que soit le seuil de systèmes de l’organisme, était plus élevée à un âge plus avancé, note Statistique Canada.

La prévalence en détail

Les chercheurs ont utilisé un système de classification par niveaux pour définir l’obésité clinique et préclinique.

Niveau 1 :

  • Obésité clinique : adiposité excessive ainsi qu'un ou plusieurs indicateurs de déficience dans au moins un système de l’organisme.
  • Obésité préclinique : adiposité excessive sans aucun indicateur.

Niveau 2

  • Obésité clinique : adiposité excessive ainsi qu'un ou plusieurs indicateurs de déficience dans deux systèmes ou plus de l’organisme.
  • Obésité préclinique : adiposité excessive ainsi qu'un ou plusieurs indicateurs dans un seul système de l’organisme.

Niveau 3

  • Obésité clinique : adiposité excessive ainsi qu'un ou plusieurs indicateurs de déficience dans trois systèmes ou plus de l’organisme.
  • Obésité préclinique : adiposité excessive ainsi qu'un ou plusieurs indicateurs dans un ou deux systèmes de l’organisme seulement.

« Les prévalences cliniques et précliniques en matière d’obésité étaient respectivement de 19% et 8% au niveau 1, 12% et 15% au niveau 2 et 7% et 20% au niveau 3, résument les auteurs de l’étude. L’obésité préclinique, en particulier aux niveaux 1 et 2, était plus courante chez les jeunes adultes et les femmes. »

Ils poursuivent : « Les jeunes adultes et les femmes ayant une adiposité excessive étaient moins susceptibles de présenter un dysfonctionnement physiologique ou une limitation de l’activité liée à l’obésité; ce qui indique une déficience au stade précoce et souligne des possibilités de prévention ciblée. L’intégration de mesures de la déficience lors de l’évaluation de l’obésité peut améliorer les efforts de surveillance de la population. »

(Avec la collaboration d’Amélie Cléroux)