Les niveaux de cholestérol dans le sang, qui sont des indicateurs de santé, ont-ils changé depuis la pandémie de COVID-19 chez la population canadienne, se sont questionnés des chercheurs canadiens. La réponse? Non, conclut Statistique Canada dans une nouvelle analyse fondée sur l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS), qui mesure des biomarqueurs dans le sang et l’urine de la population un peu partout au pays.

En effet, plusieurs de ces biomarqueurs, notamment les niveaux de cholestérol, mais aussi ceux du glucose et de l'hémoglobine glyquée A1c qui sont liés au diabète, sont demeurés inchangés par rapport aux niveaux observés avant le début de la pandémie qui a frappé en 2020.

« La diffusion d'aujourd'hui comprend des mises à jour de plusieurs tableaux de données, couvrant un vaste ensemble de données de laboratoire, y compris des biomarqueurs liés à la santé cardiovasculaire et au diabète (p. ex. cholestérol, glucose et hémoglobine glyquée A1c), des biomarqueurs liés à la nutrition (p. ex. vitamine D) et plus encore », écrit Statistique Canada dans son rapport, Enquête canadienne sur les mesures de la santé : Données de laboratoire non environnementales et environnementales, 2022 à 2024, publié le 10 mars 2026.

Bon et mauvais cholestérol

Durant la période étudiée — entre 2022 et 2024 —, la valeur moyenne du cholestérol à lipoprotéines de haute densité (HDL) chez les adultes de 20 à 79 ans était de 1,30 nanomole par litre (mmol/L) chez les hommes et de 1,57 mmol/L chez les femmes.

Ce type de cholestérol « est considéré comme bon », précise Statistique Canada, car il aide à éliminer l'excès de cholestérol dans le sang. « Les niveaux de cholestérol HDL sont considérés comme idéaux lorsqu'ils sont supérieurs à 1,0 mmol/L chez les hommes et supérieurs à 1,3 mmol/L chez les femmes. »

À l’inverse, le cholestérol à lipoprotéines de faible densité (LDL), communément appelé le « mauvais cholestérol », peut s'accumuler dans les artères et augmenter le risque de maladie cardiovasculaire, explique l’organisme fédéral dans son rapport. La moyenne du cholestérol LDL était de 2,8 mmol/L chez la population ciblée par l’enquête postpandémie.

Dans les deux cas, ces résultats sont inchangés par rapport à la période d’étude précédente de 2018 à 2019.

« Même si les moyennes ont été stables d'une période à l'autre, il est important de noter que les niveaux de cholestérol LDL supérieurs à 3,5 mmol/L sont souvent considérés comme étant trop élevés pour de nombreux adultes, en fonction de leur risque cardiovasculaire », nuance-t-on toutefois dans le rapport.

D’ailleurs, les niveaux de cholestérol LDL ne différaient pas de façon significative selon les groupes d’âge étudiés entre 2022 et 2024, tandis que des différences « statistiquement significatives » ont été observées pour les niveaux de HDL entre les différentes cohortes. Les personnes âgées de 20 à 39 ans présentaient en moyenne des niveaux d’environ 1,38 mmol/L, comparativement à 1,44 mmol/L chez les adultes de 40 à 59 ans et à 1,49 mmol/L chez ceux âgés de 60 à 79 ans.

D’autres biomarqueurs stables

Les biomarqueurs liés au diabète, le glucose et l'hémoglobine glyquée A1c, demeurent également inchangés par rapport à la période d’étude précédente. La glycémie moyenne à jeun chez les adultes de 20 à 79 ans s’élevait à 5,6 mmol/L après la pandémie, et le taux moyen d'HbA1c s’établissait à 5,4 %. « Un niveau de glycémie à jeun inférieur à 6,0 mmol/L et un taux d'HbA1c inférieur à 6,0 % sont considérés comme sains », souligne Statistique Canada.

Dans son rapport, l'organisme fédéral aborde également la variation du taux de vitamine D dans le sang. « Au cours de la période allant de 2022 à 2024, le niveau moyen de vitamine D chez les Canadiens âgés de 3 à 79 ans était de 69 nmol/L, ce qui n'est pas significativement différent du niveau moyen de 65 nmol/L observé au cours de la période allant de 2018 à 2019 », y résume-t-on.