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Les personnes transgenres plus à risque de développer certaines maladies, dit Munich Re

par Justine Montminy | 14 février 2018 11h30

Les personnes transgenres peuvent être plus à risque de développer certaines maladies, selon une analyse de Munich Re Canada. Les personnes transgenres ont une identité de genre différente de celle attribuée au sexe assigné à la naissance, ce que l’on appelle « dysphorie de genre ». Certaines d’entre elles choisiront alors de prendre des hormones ou de subir une chirurgie de réassignation sexuelle dans le but de soulager la dysphorie de genre.

Selon l’étude, les personnes transgenres souhaitant aller sous thérapie hormonale pour le changement de sexe peuvent développer des effets secondaires qui augmentent certains risques. Les femmes transgenres qui prennent de l’estrogène sont à risque de développer de l’hypertriglycéridémie (augmentation du taux de triglycérides dans le sang) et de l’hyperprolactinémie (augmentation de la prolactine dans le sang).

Les hommes transgenres sous testostérone peuvent développer de l’hypertriglycéridémie, de l’hypertension, un taux de transaminases élevé et un syndrome des ovaires polykystiques.

Taux de mortalité plus élevé

Selon Munich Re, les personnes transgenres présentent un taux plus élevé de mortalité, mais il n’existe pas de lien entre l’hormonothérapie et ce dernier. En effet, les troubles de santé mentale, tels que l’anxiété, la dépression et le suicide, sont communs chez les personnes transgenres. Les infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS), dont le VIH, sont également courantes.

Toutefois, le réassureur précise que, selon une revue systématique de 28 études, 78 % des personnes transgenres qui ont effectué un changement de sexe (hormonothérapie avec ou sans chirurgie de réassignation sexuelle) ont remarqué une amélioration des symptômes psychologiques de la dysphorie de genre. De plus, 80 % ont remarqué une amélioration de la qualité de vie.

Conditions relatives à la santé sexuelle

Au 19e siècle, la dysphorie de genre était considérée comme une entité psychopathologique. Depuis le 20e siècle, le terme s’éloigne de plus en plus du concept de maladie mentale. Dans sa 11e version de sa classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (CIM-11), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) enlèvera la dysphorie de genre de son chapitre sur les « troubles mentaux et comportementaux » et placera le terme dans un nouveau chapitre traitant des « conditions relatives à la santé sexuelle ».

Ainsi, la dysphorie de genre n’est plus considérée comme un trouble de santé mentale, mais plutôt le résultat final d’une interaction complexe de facteurs biologiques et socio-environnementaux.

25 millions de personnes transgenres au monde

Par ailleurs, selon le Williams Institute on Sexual Orientation and Gender Identity Law and Public Policy de l’Université de Los Angeles, il est estimé que 0,6 % de la population américaine soit transgenre. Si l’on transposait ce chiffre globalement, il y aurait environ 25 millions de personnes transgenres dans le monde.

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