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Les programmes d’assurance de dommages en forte demande dans les cégeps

par Hubert Roy | 08 février 2007 18h01

L’assurance de dommages intéresse de plus en plus d’étudiants au Québec. C’est ce que révèlent les inscriptions aux programmes collégiaux qui ont augmenté de 34 % au cours de la dernière année.La hausse touche autant le diplôme d’études collégiales (DEC) en conseil en assurances et services financiers que l’attestation d’études collégiales (AEC).

Ce DEC est maintenant offert dans cinq cégeps de la province. Le nombre de cégeps qui offrent l’AEC a presque doublé depuis 2004, passant de 12 à 21. Pourtant, certains cégeps ne réussissent plus à suffire à la demande en ce qui concerne l’AEC.

Dans la région de Montréal, trois cégeps offrent le DEC Conseil en assurances et services financiers, soit Vieux-Montréal, Montmorency et Sorel-Tracy. Ils ont reçu 95 demandes d’admission en 2006, comparativement à 64 en 2005.

La hausse la plus fulgurante a été enregistrée au Cégep de Sorel-Tracy, qui a vu son taux d’élèves inscrits grimper de 80 %. Il faut cependant relativiser cette hausse, car le nombre d’élèves inscrits est passé de 7 à 12.

« C’est tout de même un pas dans la bonne direction. Il faut souligner que nous avions tous une pente à remonter. À une époque pas si lointaine, il n’y a que le programme du Cégep Montmorency qui était populaire au Québec », explique Fabienne Desroches, directrice générale et directrice de la formation continue du Cégep de Sorel-Tracy.

Une des plus fortes hausses pour le DEC a été enregistrée au Cégep de Sainte-Foy. Celui-ci avait reçu 68 demandes d’admission au 1er mars 2005. Ce chiffre est passé à 87 un an plus tard. Il a même grimpé à 133 au terme des trois tours d’admission des programmes des cégeps, le 15 mai 2006, une hausse de 29% en un an.

« Cette hausse montre la popularité du programme. Les gens le connaissent de mieux en mieux. Il n’est pas encore aussi connu que d’autres programmes, mais la hausse demeure très significative. Elle prouve qu’il y a une démystification des professions en assurance de dommages », estime Johanne Giguère, coordonnatrice du DEC du Cégep de Sainte-Foy, à Québec.

François Leduc, directeur du DEC au Cégep Montmorency, à Laval, confirme que les professions en assurance de dommages sont mieux connues qu’avant. « Il est clair qu’elles sont mieux démystifiées depuis cinq ans. Beaucoup d’efforts ont été consentis pour que le message passe », indique-t-il.

Le Cégep Montmorency a également enregistré une hausse des inscriptions de 2005 à 2006. Celles-ci sont passées 27 à 37. C’est toutefois une progression en dents de scie puisque le cégep avait vu 40 élèves s’inscrire à son programme en 2004. La progression est pourtant bien marquée. Seulement 15 élèves s’étaient inscrits au DEC en services financiers en 2002.

Le Cégep de Lévis-Lauzon voit aussi une amélioration. Quinze élèves s’étaient inscrits au DEC en 2002. Ce chiffre avait presque doublé en 2005. Il est retombé à 20 inscriptions en 2006.

Lynda Higgins, coordonnatrice du DEC au Cégep de Lévis-Lauzon, note tout de même que de plus en plus d’étudiants s’intéressent à l’assurance de dommages. Il convient de rappeler que les finissants au DEC ont le choix d’aller en assurance de dommages, en assurance vie, en placement ou en services financiers au terme de leur formation.

« Nous voyons qu’il y a de la relève en assurance de dommages. Nous avons aussi une clientèle guidée par leurs parents, qui veut continuer à travailler au bureau de ceux-ci. Nous voyons plus d’intérêt pour l’assurance de dommages dès la deuxième année du DEC. La moitié des étudiants opte pour celle-ci à la troisième année », soutient-elle.

L’attestation d’études collégiales en assurance de dommages aux particuliers gagne également en popularité. Certains cégeps peinent à répondre à la demande. C’est le cas au Cégep de Sorel-Tracy.

L’AEC fort populaire

« Nous ne réussissons pas à répondre à la demande pour l’AEC. Nous accueillons plus de 60 étudiants par année. Cette augmentation se fait aussi sentir au niveau de l’intérêt envers le programme, où nous avons enregistré une hausse de 50 % des demandes d’information », note Fabienne Desroches.

Au Cégep du Vieux-Montréal, plusieurs élèves se voient refuser l’accès à l’AEC. « Nous avons une liste d’attente qui compte 135 noms pour l’AEC, révèle Murielle Lanciault, directrice des études du Cégep du Vieux-Montréal. Nous n’avons pas le financement pour recevoir ces étudiants. »

Le Cégep du Vieux-Montréal reçoit pourtant 92 élèves en une année dans son programme d’AEC. Ils sont répartis en six groupes.

Le Cégep Montmorency offre maintenant deux cohortes par année pour son programme d’AEC. La deuxième cohorte de l’année a d’ailleurs débuté le 22 janvier.

« Nous avions un seul groupe pour l’AEC en assurance de dommages auparavant. Nous en avons démarré un deuxième le 22 janvier dernier, vu la forte demande. Nous passons donc de 22 à 44 élèves par année. Passer du simple au double montre que cette hausse est sérieuse », affirme Michel Thériault, conseiller pédagogique à la formation continue au Cégep Montmorency.

Démystification

La démystification des professions en assurance de dommages est l’une des causes de ce gain d’intérêt. Johanne Giguère, du Cégep de Sainte-Foy, souligne que la Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages a aidé en ce sens.

« Le message de la Coalition passe. Nous le voyons dans nos activités de promotion. On se rend compte que l’assurance de dommages n’est pas connue. Les gens perçoivent encore l’assureur comme l’homme à la valise qui cogne aux portes », spécifie-t-elle. Cette perception est sur le point de changer, affirme Mme Giguère.

« Une dame a affirmé que sa fille voulait devenir souscriptrice lors d’une récente journée porte ouverte. Nous pensions qu’elle était elle-même dans le domaine de l’assurance, mais ce n’était pas le cas. Sa fille avait vu la description du métier dans un encart distribué dans des quotidiens par la Coalition. Cette dernière travaille donc beaucoup à la démystification », relate-t-elle.

François Leduc, du Cégep Montmorency, souligne aussi le travail réalisé par la Coalition.

« L’impact de la Coalition est difficile à chiffrer, mais c’est sûr que leur travail y est pour quelque chose. Les conseillers d’orientation connaissent mieux notre programme», fait-il remarquer. M. Leduc mentionne que les meilleurs ambassadeurs pour vendre les programmes en assurance de dommages demeurent les diplômés.

« Les jeunes parlent souvent des expériences des autres et des gens de leur entourage. C’est ce qui les attire dans le programme. Connaître des gens qui travaillent dans le secteur ou qui ont simplement étudié dans le programme motive beaucoup », spécifie-t-il.

Michel Thériault, du Cégep Montmorency, confirme cette tendance. « Le programme est plus connu vu que nos étudiants sont d’excellents ambassadeurs. On retrouve beaucoup de finissants sur le marché du travail au sein des compagnies et les gens y croient. Ils voient qu’il y a de l’avenir dans ce domaine avec le bon taux de placement », avance-t-il.

La Coalition a elle-même enregistré une hausse des demandes d’informations pour les programmes en assurance de dommages. Le site Internet de la Coalition a enregistré un total de 23 645 visites en 2005-2006, une hausse de 37 % par rapport à 2004-2005.

« C’est fabuleux, clame Robert LaGarde, président de la Coalition. Nous avons participé à plusieurs salons de l’emploi, fait paraître de la publicité dans des guides d’emploi et réalisé des publi-reportages. Notre consultant Louis Cyr a également rencontré 160 conseillers scolaires au cours des derniers mois. »

La Coalition a également lancé le jeu Kambriolage.com dans 30 écoles secondaires de Montréal, de la Rive-Nord et de la Rive-Sud en janvier 2006. Ce site Internet a reçu 2 244 visites. La Coalition a aussi envoyé de l’information par courriel à 2 875 élèves.

« Nous lancerons la phase II de Kambriolage.com dès 2007. Nous voulons augmenter notre notoriété auprès des 14-18 ans. Cet événement se répétera maintenant sur une base annuelle », fait savoir M. LaGarde.

La Coalition vise également à faire augmenter le nombre de sessions offertes dans les deux programmes touchant l’assurance de dommages en 2007. Un programme d’AEC vient d’ailleurs d’être implanté à Rimouski, une région où le recrutement est difficile. Elle veut continuer à lancer des projets novateurs, dont la distribution gratuite d’une trousse pédagogique dans les écoles secondaires du Québec. Plus de 1 000 trousses devraient être distribuées cette année.

« C’est notre grand projet pour 2007. Nous nous sommes associés avec les Éditions Septembre pour outiller les enseignants du secondaire. Nous leur proposerons des moyens d’intégrer l’assurance dans des matières comme les mathématiques, le français et l’histoire », explique M. LaGarde.

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