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Les recruteurs pointés du doigt

par Vicky Poitras | 19 février 2006 14h30

Les membres de la relève en assurance ont profité de la tribune du Congrès de l’assurance et de l’investissement 2005 pour réclamer plus de transparence de la part des recruteurs de l’industrie.Lors de la conférence La relève existe, mais découvrez ce qu’elle veut!, les recrues en vente d’assurance de personnes ont réclamé de la part des recruteurs une meilleure explication des tenants et aboutissants de la carrière.

Elles appellent également à un retour des campagnes de recrutement chez les assureurs.

Selon Martin Poirier, les compagnies d’assurance ne font plus de grandes campagnes de recrutement. Celui qui a récemment effectué un virage vers la vente en assurance vie après avoir œuvré plusieurs années dans le secteur bancaire dit militer pour un retour à la période de formation de trois ans plutôt que de favoriser celle de six mois qui a cours à l’heure actuelle.

« Le problème, ajoute-t-il, c’est d’aller chercher les candidats en captant leur intérêt. On recrute encore de la même façon qu’il y a 15 ans. Il importe de s’adapter à la réalité de 2005 et de se pencher sur ce que les jeunes recherchent comme valeurs. Ce n’est pas uniquement l’appât du gain qui va les attirer.»

Autre nouveau venu, Alexandre Moïse croit que les recrues doivent être bien au fait des aspects de la carrière en assurance. Ainsi, les recrues doivent savoir que le travail à commission et la prospection font partie intégrante de leur nouvelle profession. « Si vous n’aimez pas ces deux aspects, l’assurance n’est pas pour vous », a-t-il tranché.

Diplômé de l’École des Hautes Études Commerciales de Montréal (HEC Montréal), M. Moïse est conseiller en sécurité financière au cabinet Girard & Associés Services conseils. Il poursuit actuellement sa formation pour obtenir son titre de planificateur financier. De plus, il peut également compter sur le soutien d’un mentor en Martin Girard, un conseiller d’expérience dans l’industrie.

Engagé dans la carrière depuis cinq ans, Marcello Quattrociocchi travaille à son propre compte comme conseiller en sécurité financière. Il a franchi avec succès la période critique, de quatre ans, que ne franchissent pas 75% des recrues. En effet, LIMRA International révèle que seulement 25% des nouveaux conseillers en Amérique du Nord demeurent encore en poste au-delà de quatre ans.

Il a d’abord obtenu son baccalauréat en finance à l’Université Concordia. L’assurance n’a jamais figuré à l’horaire de ses cours. C’est au sein du milieu bancaire qu’il a d’abord fait le saut dans le monde du travail. Cependant, il trouvait l’emploi trop statique et souhaitait effectuer plus de déplacements.

Marcello Quattrociocchi a amorcé sa carrière de consultant dans le secteur des placements, mais a vite bifurqué en assurance vie. Actuellement, son cabinet, Services financiers Quattro, conclut 80% de ses affaires par l’intermédiaire des Agences d’Assurance Copoloff.

M. Quattrochiocchi aime son travail parce qu’il jouit de toute la liberté voulue et peut se déplacer autant qu’il le désire. Le jeune conseiller rappelle toutefois à quel point la discipline est de rigueur si l’on veut se bâtir une solide clientèle. Marcello Quattrochiocchi travaille tous les soirs de la semaine de 19h à 22h, pour rencontrer des prospects ou en dénicher de nouveaux.

À titre de conseils aux jeunes qui veulent travailler en assurance, Martin Poirier a quant à lui conseillé d’être patients et persévérants. « Les cinq premières années en carrière sont difficiles », reconnaît-il.

De même, ajoute-t-il, un jeune représentant doit éviter de se comparer à un collègue chevronné qui touche un salaire important, puisque ce dernier cumule plusieurs années d’expérience.

Attentes irréalistes?

Bien que les recrues semblent accepter le fait d’être payé à commission, les futurs aspirants à la carrière, eux, semblent résolument préférer la rémunération à base de salaire.

Présidente-directrice générale de Carrières, le centre des ressources humaines de l’industrie financière, et animatrice de la conférence, Myrella Beaulieu a sondé en octobre dernier des centaines de candidats inscrits dans sa banque de placement.

Ce sondage révèle qu’un fort pourcentage des répondants, soit 70%, souhaitent être rémunérés à salaire.

Ceux-ci montrent cependant une ouverture envers la rémunération à commission. En effet, 86% des répondants au sondage de Carrières accepteraient une rémunération mixte.

Les Manuvie et Great-West de ce monde seront en outre ravi d’apprendre que 67% des répondants à ce sondage souhaitent travailler dans une grande compagnie.

Bonne nouvelle aussi pour les consommateurs. Au chapitre des tâches qu’ils préféreraient effectuer dans leur pratique, 80% des répondants ont favorisé le service aux clients.

Enfin, le sondage de Carrières a révélé que 73% des personnes interrogées souhaitent une grande autonomie de travail dans leur future carrière.

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