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Les revenus de l’assurance collective franchissent la barre des 40 milliards de dollars au Canada

par Alain Thériault | 13 septembre 2017 07h00

Les revenus totaux d’assurance collective ont atteint 40 milliards de dollars (G$) au Canada en 2016, selon le Group Universe Report de Groupe Fraser. Bien que modeste, la croissance des revenus vient surtout de la hausse du cout des médicaments.

« Il s’agit d’une première », a révélé son président, Ken Fraser, à l’endroit des ventes totales, lors d’une entrevue exclusive accordée au Journal de l’assurance.

Selon le rapport de M. Fraser, les revenus totaux produits par le secteur de l’assurance collective au Canada en 2016 ont crû de 4,7 % par rapport à 2015, alors qu’ils avaient atteint 38,6 G$, pour une croissance de 4,3 %, a commenté le président de la firme d’analyse. Il signale que la croissance de 2016 est supérieure à celle du produit intérieur brut, dont la croissance réelle, sans l’inflation, s’est fixée à 1,5 %.

M. Fraser souligne que les médicaments couteux ont été le moteur derrière la croissance des revenus d’assurance collective au Canada au cours des deux dernières années. « Le principal moteur de croissance des revenus d’assurance collective au Canada a été la garantie d’assurance santé des régimes, incluant les médicaments et les autres soins de santé. Les revenus tirés de cette garantie ont augmenté de 4,8 % en 2016. Ils avaient augmenté de 5,5 % en 2015 ».

Il observe que cette hausse a été alimentée principalement par les nouveaux médicaments. « Le chiffre plus élevé en 2015 peut s’expliquer en partie par l’arrivée de nouveaux traitements pour l’hépatite C à la fin de 2014 », précise M. Fraser.

L’Alberta plombée par le pétrole

Selon Groupe Fraser, la croissance des revenus d’assurance collective par province a été la plus marquée en Colombie-Britannique. La croissance y est de 7,9 % en 2016 par rapport à 2015.

Groupe Fraser a enregistré la plus faible croissance en Alberta, ce que M. Fraser met sur le compte de la chute du cours du pétrole, qui ralentit l’économie de la province. « L’Alberta n’a eu aucune croissance des revenus d’assurance collective. C’est lié au pétrole, alors que les prix chutent et les usines ferment », dit-il.

Il observe par ailleurs que l’Ontario et le Québec ont connu une croissance de leurs revenus d’assurance collective légèrement supérieure à la moyenne nationale de 2015 à 2016. Elles sont respectivement de 5,4 % et 5 %.

La concentration demeure

Aucune innovation ni acquisition ne sont venues changer le portait des parts de marché en assurance collective des assureurs canadiens. Celui-ci demeure toujours aussi concentré en 2016.

« Financière Sun Life a conservé sa position de plus grand fournisseur d’assurance collective au Canada, suivi de Manuvie et Great-West Lifeco. C’est le même ordre qu’en 2015. Ces trois grands fournisseurs ont contrôlé 65 % du marché, soit approximativement la même emprise qu’en 2015 », dit M. Fraser.

Moins concentré au Québec, le marché continue toutefois d’aligner les cinq mêmes joueurs dominants que par les années passées, a-t-il ajouté. « Au Québec, Desjardins Assurances demeure le fournisseur numéro un, suivi de SSQ Groupe financier et des trois grands joueurs pancanadiens. Au total, ces cinq fournisseurs contrôlent 75 % du marché québécois. » Il s’agit là aussi d’un portrait similaire à celui de 2015, a-t-il précisé.

65 % des employés assurés

Pour les cinq prochaines années, M. Fraser prévoit une croissance lente des revenus d’assurance collective qui ne surpassera pas beaucoup la croissance de l’économie canadienne. « Le marché de l’assurance collective a été assez stable, comparé à l’an passé. Dans une large mesure, ce secteur d’activités est arrivé à maturité. Autres que de très petits groupes ou de nouveau employeurs, la plupart des employeurs ont un régime d’assurance collective. »

Ken Fraser signale des données de Statistique Canada, selon lesquelles environ 65 % des employés bénéficient d’un régime d’assurance collective. En tenant compte d’une période d’attente pour les nouveaux employés, qui peuvent choisir dans certains cas de ne pas adhérer au régime ou de s’en retirer, Groupe Fraser estime que 80 % des employés travaillent pour un employeur qui offre un régime. « Certains employés pourraient ne pas être couverts, mais l’employeur a un régime. »

Maladies graves en vedette

Fait marquant découvert par Groupe Fraser dans cette faible croissance des revenus en assurance collective : les employés adhèrent de plus en plus aux garanties collectives d’assurance maladies graves. « Alors que les primes de cette garantie d’assurance collective au Canada comptent encore pour moins de 1 % des primes totales des régimes d’assurance collective, leur croissance annuelle a dépassé 10 %. Le taux de croissance moyen de cette garantie a été de 14 % », a révélé M. Fraser.

Les primes liées à la garantie collective pour soins dentaires ont crû de 3,6 % en 2016, par rapport à 2015. Selon M. Fraser, cette croissance s’explique par la croissance de la population, et l’augmentation des frais dentaires.

La croissance des garanties vie et invalidité des régimes collectifs a été inférieure à 3 %, révèle aussi M. Fraser. Il l’explique par la hausse des salaires et la croissance de l’emploi.  







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