Les tests pharmacogénomiques (PGx) pourraient révolutionner l’utilisation des médicaments sur ordonnance au Canada en permettant d’adapter un traitement à chaque patient, selon un nouvel article de TELUS Santé, intitulé Le parcours à venir pour les tests pharmacogénomiques.

Cela dit, des obstacles importants se dressent encore sur le chemin, écrivent les auteurs de l’article, y compris le fait que les tests sont nouveaux, non réglementés, non standardisés et parce que les employés qui pourraient autrement accéder aux tests, ont des préoccupations concernant leur vie privée. Et ce, même si la Loi sur la non-discrimination génétique de 2017 interdit aux entreprises d’exiger d’une personne qu’elle se soumette à un test génétique ou de divulguer les résultats de ses tests génétiques. 

Non couverts par les régimes publics de santé 

Les tests évaluent la façon dont les individus métabolisent certains médicaments en fonction des variations de leurs gènes. Ils ne sont généralement pas couverts par les régimes publics de santé. Les assureurs proposent également des tarifs préférentiels pour les tests, offrant parfois une réduction de 80 à 100 $ (TELUS indique que le prix des tests varie de 300 à 1 500 $), mais les tests ne sont pas largement disponibles à moins que les patients ne soient prêts à payer. 

Un projet pilote lancé par Manuvie en août 2023 couvre le coût du test pour les participants et les personnes à leur charge souffrant de troubles mentaux, de douleurs chroniques, de troubles neurologiques et de troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Les auteurs de l’article rapportent que 80 % des participants ont modifié leurs médicaments à la suite des résultats du test et que 86 % d’entre eux ont signalé une amélioration de leur état de santé. 

Une différence dans les résultats de santé 

« Des études ont démontré que les facteurs génétiques sont responsables de 42 % des divergences observées dans la réponse des personnes aux antidépresseurs. Avec des dizaines d’antidépresseurs disponibles sur le marché, les patients doivent souvent essayer de nombreux médicaments sur une période allant jusqu’à plusieurs mois avant de trouver le traitement optimal », écrivent les chercheurs de TELUS.

« Étant donné qu’un Canadien sur dix souffrira d’une dépression majeure au cours de sa vie, les tests PGx pourraient faire une énorme différence en matière de soins de santé, tout en permettant l’économie de milliards de dollars en frais de soins de santé. » 

Rien qu’en Colombie-Britannique, une étude de la faculté de médecine de l’Université de Colombie-Britannique (UBC) publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne en novembre 2023 a révélé que les tests permettraient au système de santé publique provincial d’économiser environ 956 millions de dollars sur 20 ans. 

« La modélisation a montré que les tests pharmacogénomiques permettraient de réduire de 37 % le nombre de patients souffrant de dépression résistante au traitement », écrivent les auteurs de cette étude. « Les tests pharmacogénomiques permettraient également aux patients de passer 15 % plus de temps sans symptômes de dépression, ce qui se traduirait par une réduction prévue de 1 869 décès et de 21 346 admissions à l’hôpital sur une période de 20 ans. » 

Selon le Dr Shazad Ghanbarian, modélisateur mathématique et économiste de la santé au Centre for Clinical Epidemiology & Evaluation, affilié à l’UBC, cette modélisation est conçue pour être flexible « et pourrait être appliquée à d’autres provinces que la Colombie-Britannique, où l’on pourrait s’attendre à des avantages similaires ». Et ce, « en particulier dans un contexte canadien comparable », indique-t-elle.