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L’IFIC voit une tendance envers les fonds responsables

par Alain Thériault | 24 janvier 2020 14h25

L’engouement des investisseurs individuels a contribué à faire croitre l’actif net des fonds responsables de façon plus marquée en 2019 que les années précédentes.

La verve bien avisée de Greta Thunberg, l’évolution alarmante des catastrophes naturelles et un souci constant d’équité et de diversité en entreprise sont des facteurs déterminants. Les investisseurs expriment leur engagement en optant de plus en plus pour des fonds axés sur la responsabilité environnementale, sociale et de gouvernance (ESG).

À la fin de 2019, l’actif des fonds communs d’investissement responsable totalisait 12 milliards de dollars (G$) et celui des fonds négociés en bourse (FNB) d’investissement responsable, 654 millions de dollars (M$), selon le Rapport 2019 sur l’investissement de l’Institut canadien des fonds d’investissement du Canada.

Le marché individuel s’active

Cet actif « représente 0,7 % du total de l’actif des fonds communs de placement et 0,3 % de l’actif des FNB respectivement », révèle l’étude. L’IFIC signale que malgré cet actif relativement peu élevé, « on compte sur le marché 16 sociétés offrant 69 fonds communs de placement d’investissement responsable au total et 10 sociétés offrant 23 FNB d’investissement responsable ».

Au Canada, l’actif de l’investissement responsable se chiffre à 2 100 milliards de dollars (G$), précise l’IFIC. « Ces actifs sont en grande partie détenus et gérés par de grands investisseurs institutionnels. Les investisseurs en fonds communs de placement et en FNB détiennent une partie relativement peu élevée de ce total. »

Exit les armes et la cigarette

Habituellement, les indices de fonds responsables excluent les titres d’entreprises qui tirent une part importante de leurs revenus d’activités liées au tabac, à l’alcool, aux jeux de hasard, aux armes traditionnelles et aux armes à feu civiles, ou d’une arme controversée. Ils excluent aussi celles qui génèrent de l’énergie nucléaire dans une mesure importante, ou faisant l’objet de controverses commerciales majeures. C’est le cas de l’indice ESG développé par MSCI.

Pour qu’un fonds soit considéré comme un fonds d’investissement responsable par l’IFIC, le prospectus doit expressément faire mention d’un mandat relatif à l’investissement responsable ou à des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance dans son objectif de placement.

Gros coup du Nouvel An pour BMO

FINB BMO a lancé le 21 janvier 2020 une nouvelle série de FNB, dont sept à indice de responsabilité environnementale, sociale et de gouvernance (FINB ESG). La banque dit vouloir miser sur cette tendance irréversible. Les FINB ESG sont axés sur un indice MSCI qui traque la responsabilité environnementale, sociale et de gouvernance des entreprises à travers le monde. L’indice vise à reproduire le rendement des titres auxquels MSCI a attribué des cotes ESG plus élevées que celles de sociétés comparables et cible 50 % de la capitalisation boursière dans chaque secteur.

À la fin de l’année 2019, BMO a sondé plus de 2 000 personnes à revenu élevé et à valeur nette élevée. Elle a découvert que 78 % des investisseurs tendent vers les facteurs ESG. Ce sondage révèle que 22 % d’entre eux investissent activement dans l’ESG, et que 72 % se disent tout à fait d’accord que les entreprises peuvent avoir un impact positif tout en réalisant des bénéfices. En outre, 68 % se disent fortement d’accord avec l’idée que les entreprises devraient être tenues responsables de la bonne gestion et des pratiques commerciales durables.

« Les investisseurs recherchent de plus en plus des solutions qui correspondent à leurs valeurs financières et sociales », a déclaré Kevin Gopaul, chef, Fonds négociés en bourse, BMO Gestion mondiale d’actifs. « En tant que gestionnaire d’actifs, nous avons la responsabilité d’encourager et de produire des changements positifs, depuis la propriété active et l’intégration ESG dans les investissements, jusqu’au développement de produits », a-t-il ajouté.

Point de bascule

En entrevue avec le Portail de l’assurance, Alain Desbiens se remémore les timides débuts des FNB il y a dix ans et ce qu’ils sont devenus maintenant : « L’actif est passé d’environ 30 G$ il y a dix ans à 205 G$ aujourd’hui, et celui de BMO de 1 G$ à 65 G$ durant la même période. Qui l’aurait cru à l’époque », dit-il. M. Desbiens croit que les indices ESG pourraient eux aussi en venir à s’imposer. Pour l’heure l’actif géré dans des fonds indiciels ESG se limite à moins de 650 M$, a-t-il ajouté.

« Peut-être que dans dix ans, l’indice ESG sera aussi important que les indices que nous connaissons actuellement. » Les gens sont aujourd’hui plus réceptifs à ces facteurs. Il y a un changement de paradigme, un point de bascule. Les investisseurs sont de moins en moins tolérants pour les entreprises dont le bilan est plutôt faible du côté ESG. Ils veulent agir », soutient Alain Desbiens.

Impact sur le cours des actions

Il tire un exemple de la documentation de BMO sur les fonds ESG. « Il y a 30 ans, le cours de l’action d’Exxon a à peine bougé lorsque l’Exxon Valdez a déversé 11 millions de gallons de pétrole sur la côte de l’Alaska. Aujourd’hui, les médias sociaux permettent la diffusion instantanée à travers le monde des problèmes que traversent les entreprises, et les investisseurs les tiennent responsables de leurs actes. »

À titre d’exemple, BMO fait référence au titre d’Equifax. Il a perdu 25 % de sa valeur en septembre 2017, en raison d’une fuite de données qui a exposé les renseignements personnels de 147 millions de personnes.

Répartition ESG

Parmi les nouveaux fonds de BMO, le FNB BMO ESG Équilibré (ZESG) est le premier de répartition d’actifs au Canada, selon la banque. Ce FNB englobe les principaux marchés boursiers et obligataires dans une répartition d’actifs de 60 % en actions et de 40 % en titres à revenu fixe. BMO souligne le faible cout du ZESG, dont les frais de gestion s’établissent à 0,18 %. « C’est sensiblement le même prix que les portefeuilles de répartition à indices traditionnels », a commenté M. Desbiens.

Les FINB BMO MSCI Global ESG Leaders (ESGG), FINB BMO MSCI Canada ESG Leaders (ESGA), FINB BMO MSCI EAFE ESG Leaders (ESGE) et FINB BMO MSCI USA ESG Leaders (ESGY) offrent une exposition aux facteurs ESG en suivant les indices MSCI ESG Leaders. Pour leur part, les FINB BMO ESG obligations de sociétés (ESGB) et FINB BMO ESG obligations de sociétés américaines couvertes en dollars canadiens (ESGF) visent les émetteurs aux cotes MSCI ESG les plus élevées.

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