Organisé à Montréal le 27 novembre par l’association d’entreprises pharmaceutiques Médicaments novateurs Canada, l’évènement Perspectives 2020 en assurance médicaments s’est déroulé devant un parterre d’environ 200 participants, dont des assureurs, des consultants en avantages sociaux et certains preneurs de régime.
Le régime national d’assurance médicaments sera sur le radar de l’industrie, surtout dans le contexte d’un gouvernement libéral minoritaire.
Une autre conférence a porté sur l’effet que pourraient avoir sur l’accès aux médicaments couteux les prochaines mesures du Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB). Ainsi, la directrice générale de Myélome Canada, Martine Elias, s’est fait portevoix de nombreux patients qui craignent de voir les restrictions sur le prix des médicaments novateurs en restreindre l’accès. Un représentant des employés a partagé son inquiétude sur l’accès actuel aux médicaments pour une famille à revenu moyen dans le contexte du régime mixte au Québec.
Bête noire
Bête noire des preneurs de régimes, le problème des patients qui ne prennent pas leurs médicaments tels que prescrits n’a pas été en reste. Directeur Québec de Médicaments novateurs Canada, Frédéric Alberro a souligné qu’un premier projet d’un groupe de travail composé d’assureurs, de firmes en avantages sociaux et de membres de MNC vient de voir le jour. Il vise à mieux valider la valeur de l’observance du traitement médicamenteux en termes de gains de productivité pour les employeurs, a-t-il dit.
M. Alberro explique qu’en 2018, le comité a commandé une revue de la littérature sur les troubles mentaux, le diabète, l’asthme, et l’hypertension : quatre pathologies parmi les plus lourdes puisqu’elles représentent 25 % des dépenses en médicaments et touchent 44 % des employés des programmes d’assurance collective.
Le résultat de cette étude a démontré un faible taux d’adhésion au traitement médicamenteux chez les travailleurs, soit de 40 à 50 %. Il a aussi révélé qu’augmenter le taux d’adhésion au traitement à 80 % pourrait entrainer des économies nettes supplémentaires entre 300 $ et 2 200 $ par employé par an.
Obtenir des données québécoises
Médicaments novateurs Canada veut maintenant valider les résultats de cette revue de littérature qui portant surtout des études américaines, avec des données récentes québécoises et canadiennes. Une étude économique se dessine avec la contribution d’une équipe solide, non seulement en analyse de données, mais aussi en gestion des maladies chroniques, dit M. Alberro.
Il ajoute que cette étude s’apprête à être lancée par le CIRANO et le Groupe Santé Concerto. L’entreprise a indiqué que plusieurs employeurs ont déjà fait part de leur intérêt à participer.