Gestion de placements Manuvie a publié son tout dernier rapport Connaissances mondiales, qui présente les recherches effectuées par ses équipes de placement dans les actifs publics et privés. Dans ce bulletin intitulé Des vents contraires historiques, la société examine les risques croissants qui pèsent sur les placements à l’échelle mondiale.

« Les marchés des capitaux font face à plusieurs vents contraires cette année, ce qui ne s’est pas vu depuis une génération », affirme Paul Lorentz, chef de la direction, Gestion de placements Manuvie.

Le bulletin comprend cinq articles portant sur les risques associés aux facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), dont les perturbations économiques et sociopolitiques que subit l’Europe depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. On y aborde aussi l’utilisation des crédits carbone, les investissements dans les terrains forestiers, et les dix conséquences de l’inflation alimentaire pour les différentes régions du monde. « Cet article explique pourquoi la sécurité alimentaire doit être reconnue comme un risque de placement considérable aux incidences économiques, sociales et géopolitiques étendues », peut-on y lire.

D’autres articles distincts sont consacrés aux banques régionales aux États-Unis et aux disparités entre les rentes attribuées aux hommes et aux femmes en Asie.

Au sujet des conséquences de l’inflation alimentaire, Manuvie souligne qu’elle a « toujours été d’avis que les marchés mondiaux avaient sous-estimé les risques d’une poussée inflationniste encore plus marquée dans le secteur de l’alimentation ». 

La société ajoute qu’elle s’attend à ce que les appels à une réforme structurelle de l’économie et de ses institutions, « y compris en redistribuant la richesse et le pouvoir », se fassent de plus en plus pressants en vue de remédier à la faim chronique.

Qui plus est, elle affirme que les économies les plus sujettes aux pénuries alimentaires intensifieront vraisemblablement leurs efforts pour protéger leur accès aux denrées, ce qui pourrait exacerber les tensions géopolitiques. Les marchés émergents seront probablement les plus vulnérables. En date d’août 2022, le taux d’inflation annuel des denrées alimentaires avait grimpé, en moyenne, de 10,2 % dans les marchés développés et de 14,2 % dans les marchés émergents, peut-on lire dans le bulletin.

Détérioration de la situation alimentaire

« Compte tenu de la conjoncture macroéconomique, marquée par une période prolongée de croissance du PIB mondial en deçà des tendances et par la hausse des taux d’intérêt, la détérioration de la situation alimentaire à l’échelle mondiale a des répercussions économiques particulièrement inopportunes », souligne Manuvie.

La flambée du prix des aliments n’est pas passagère, dit-on, puisque les prix de l’énergie et des engrais augmentent constamment depuis décembre 2020. En Europe, par exemple, le prix du gaz naturel a plus que décuplé entre décembre 2020 et août 2022, tandis que le coût de la phosphorite, qui entre dans la composition des engrais, a presque triplé.

Invasion de l’Ukraine par la Russie 

Parmi les facteurs qui influent sur la flambée des prix des denrées alimentaires, Manuvie cite notamment les conditions météorologiques défavorables, les effets persistants de la pandémie sur les chaînes d’approvisionnement et l’inflation énergétique. Elle mentionne aussi l’invasion de l’Ukraine par la Russie et son incidence directe sur le prix des marchandises dans les secteurs agricole et énergétique, de même que les répercussions de la destruction sur la capacité de production et des restrictions commerciales. Elle poursuit en disant que l’afflux de capital spéculatif sur le marché à terme de marchandises et la thésaurisation ont connu une hausse fulgurante, ce qui contribue également à la surenchère des prix.

Manuvie énumère nombre de contrecoups et de risques, dont la compression du revenu et des dépenses discrétionnaires, le nationalisme des ressources, et un cycle « aux allures de cercle vicieux ». Enfin, elle examine en détail les incidences sur les finances et les politiques publiques.