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Manuvie met sur pied une équipe dédiée à la santé mentale

par Alain Thériault | 13 mai 2014 09h35

La Financière Manuvie a créé, le 24 avril, une équipe nationale de spécialistes en santé mentale pour soutenir ses clients en assurance collective et leurs employés aux prises avec des problèmes de santé mentale. L’équipe vise à combler des lacunes en gestion de l’invalidité tant dans le traitement que le soutien aux employés.L’équipe de Manuvie aidera les gestionnaires des dossiers d’invalidité au sein des groupes à encadrer les réclamations liées à des problèmes de santé mentale. L’assureur veut ainsi réduire l’incidence des cas de santé mentale sur le cout des régimes et, éventuellement, la durée des congés d’invalidité.

« L’employé doit obtenir le traitement dont il a besoin. Nous avons observé des lacunes dans les groupes à cet égard. La personne qui souffre peut mettre un long moment avant de voir un spécialiste, parfois jusqu’à un an. Nous croyons que les interventions doivent être mieux ciblées et plus rapides. Elles doivent tenir compte très tôt de la situation vécue par l’employé et se concentrer sur la santé mentale de celui-ci », a révélé en entrevue à FlashFinance.ca la vice-présidente, règlements vie et invalidité en assurance collective de Manuvie, Kathy Mcllwham.

Un enjeu de taille

L’enjeu est de taille, dit-elle. « D’après la Commission de la santé mentale du Canada, 500 000 Canadiens s’absentent du travail chaque jour en raison de problèmes de santé mentale, ce qui coute 51 milliards de dollars (G$) par année à l’économie canadienne », dit Mme Mcllwham. Ces problèmes sont la première cause d’invalidité de longue durée en assurance collective pour Manuvie. Selon la Commission et l’Organisation mondiale de la santé, les réclamations pour trouble de santé mentale représentent en moyenne 30 % de toutes les réclamations en invalidité de courte et de longue durée.

Déjà active à l’échelle du Canada, l’équipe doit se pourvoir d’effectifs supplémentaires avant d’être pleinement opérationnelle dans toutes les régions du pays, a ajouté Mme Mcllwham. Ce processus devrait être terminé à la fin du mois de mai. « Nous amenons des gens de profondeur au sein de l’équipe. Tous ses membres doivent posséder une vaste expérience en matière de santé mentale », insiste-t-elle. Mme Mcllwham ne peut préciser pour le moment le nombre de membres que devrait compter l’équipe, à terme.

Au service de Manuvie depuis 2011, Georgia Pomaki est chargée de diriger l’équipe. Docteure en santé mentale au travail et professeure à l’Université Simon Fraser de Vancouver, Mme Pomaki détient le titre de Certified Disability Management Professional (CDMP). Son expérience de terrain s’étend sur plus de 10 ans et couvre notamment la thérapie cognitive du comportement et la thérapie familiale en contexte clinique. Le cours qu’elle donne actuellement porte sur la santé mentale et la gestion de l’invalidité.

Projet pilote concluant

Mme Pomaki a participé activement à un projet pilote amorcé depuis un an et dont les résultats ont été assez concluants pour mener l’assureur à créer l’équipe. Au terme de la première année, Manuvie a constaté une diminution de la durée des congés d’invalidité et des récidives. Mme Mcllwham attribue ce succès à la supervision, à l’encadrement et à la compétence des spécialistes qui ont pris part au projet. L’expérience s’est traduite, selon elle, par de meilleurs résultats à la fois pour les réclamants et les employeurs.

Manuvie suivra par ailleurs les traces d’entreprises comme Great-West, Bell Canada et Morneau Shepell au nombre des adhérents de la norme nationale Santé et sécurité psychologiques en milieu de travail. Elle implantera ses lignes directrices par étapes dans le cadre d’un projet pilote de trois ans.

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