Manuvie est entrée dans une nouvelle phase stratégique en 2021 et elle est prête à tirer parti de trois grandes tendances qui se manifestent dans le monde actuel : la montée de la classe moyenne en Asie, le vieillissement de la population de par le monde et la numérisation de l’expérience client.

C’est ce qu’a affirmé Roy Gori, président et chef de la direction de Manuvie, lors du Sommet financier de la Banque Scotia, tenu récemment en mode virtuel. Il a également parlé de ce qui correspond, selon lui, aux secteurs d’activité les plus prometteurs de la société. Plus précisément, il a rappelé que l’importance accordée à ces secteurs a changé radicalement le profil de Manuvie. « Notre contexte entrepreneurial est en train de changer du tout au tout, a-t-il déclaré à son auditoire. Et nos perspectives de croissance ne m’ont jamais autant emballé. »

Des secteurs à fort potentiel

M. Gori explique que Manuvie se concentre très sérieusement sur les secteurs à rendement et à potentiel élevés, notamment le marché asiatique, la gestion de patrimoine et d’actifs à l’échelle mondiale, les contrats collectifs au Canada et les offres d’assurance comportementale.

Ainsi, il mentionne que, en Asie, la classe moyenne est actuellement composée de 2 milliards de personnes. Ce nombre devrait passer à 3,5 milliards d’ici 2030. « L’autre grande tendance démographique est celle du vieillissement de la population. Actuellement, 13 % de la population mondiale a 60 ans ou plus. Ce chiffre passera à 21 % d’ici à 2030, calcule-t-il. L’Asie et la gestion de patrimoine et d’actifs sont d’énormes moteurs de croissance pour nous, si bien que la croissance s’accélère. Ils sont liés de près à notre démarche numérique. »

La numérisation de l’expérience client a permis à Manuvie de réaliser des percées significatives, surtout en Asie. Il signale que Manuvie y figure parmi les trois grands assureurs. Il affirme notamment qu’elle s’est hissée au premier rang au Vietnam, grâce à son approche de la distribution et sa numérisation de l’expérience client.

« Nous affichons une croissance soutenue plus élevée que celle de nos pairs, dit-il. Cela tient au fait que notre présence géographique et entrepreneuriale nous donne accès à certains des marchés qui affichent la croissance la plus rapide au monde. »

Il précise que l’entreprise a mis beaucoup d’efforts sur la numérisation, pour s’assurer que les vendeurs peuvent poursuivre leur travail même en période difficile ; cela lui a permis de s’imposer un peu plus dans de nombreux marchés où elle est présente.

Une nouvelle dynamique

« Nous sommes ravis de la nouvelle dynamique commerciale en place et de la croissance que nous avons connue. Et celle-ci ne se passe pas seulement en Asie : nous le constatons dans toutes les régions où nous sommes présents, y compris au Canada et aux États-Unis, dit-il. Il en résulte une amélioration de nos marges. De toute évidence, plus nous prenons de l’envergure, meilleures sont nos marges. »

Le président attribue la belle croissance de Manuvie à cinq éléments, notamment sa diversité géographique et commerciale ; le rendement qu’elle a offert aux investisseurs (particuliers et institutionnels) ; sa forte orientation client ; son envergure et son efficacité ; ainsi que la renommée de sa marque.

Diversité géographique et entrepreneuriale

En matière de diversité géographique et entrepreneuriale, il souligne que l’entreprise est présente dans trois grandes zones géographiques : le Canada, les États-Unis et l’Asie. « Nous sommes actifs non seulement auprès des institutions et des particuliers, mais aussi sur le marché de la retraite. Et nous sommes un chef de file dans plusieurs des marchés où nous intervenons, fait-il remarquer. Le simple fait que nous ayons une diversité géographique et en matière de secteurs d’activité aura été un formidable outil pour atténuer les obstacles et pour poursuivre notre croissance là où, malgré les marges élevées, le taux de pénétration est faible. » Il a précisé que le succès en Asie compense le rétrécissement des marges aux États-Unis.

Dans l’ensemble, M. Gori estime que Manuvie est actuellement sous-évaluée. « Je trouve que nous avons fait des progrès considérables en ayant du succès dans bon nombre de domaines distincts. À mon avis, tout cela a joué un rôle déterminant pour dégager beaucoup de valeur pour les actionnaires, ajoute-t-il. Or, de telles choses ne se reflètent pas toujours immédiatement sur le cours de l’action. »

« Nous sommes une entreprise très différente de celle qui a plongé dans la crise financière mondiale de 2008, conclut-il. Notre sensibilité aux variations des taux d’intérêt est d’environ 1/10 de ce qu’elle était en 2009. Et notre sensibilité aux mouvements du marché des actions est environ la moitié de ce qu’elle était en 2009. Je parle ici en chiffres absolus. Si on examine cela en tenant compte de la taille de notre entreprise et de nos bénéfices, la différence est encore plus grande. »