Le Wegovy et l’Ozempic sont devenus les figures marquantes de l’industrie pharmacologique à travers le monde.
Au point où, actuellement, le tiers des médicaments en développement sont orientés vers le traitement du surpoids et du diabète, surclassant ainsi les agents chimiothérapeutiques pour traiter les cancers, selon Alexandre Caron, pharmacien chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et professeur à l’Université Laval.
Les recherches en obésité vont si vite, dit le chercheur, qu’il doit rafraîchir son cours sur ces nouveaux médicaments en développement tous les six mois.
Bientôt en comprimés oraux au Canada
Les Canadiens verront apparaître une prochaine génération de l’Ozempic et du Wegovy sous forme de comprimés oraux plutôt que d'injections, ce qui devrait contribuer à réduire leurs prix. Santé Canada les a approuvés en décembre. Ils devraient donc être commercialisés d’ici la fin de l’année 2026 et au début de 2027.
Par ailleurs, deux autres molécules orales s’annoncent supérieures au sémaglutide seul, pour lesquelles il serait question d’une perte de poids de 25%. Le Retatrutide pourrait être, selon Alexandre Caron, le médicament en traitement de l’obésité et du diabète le plus efficace jamais créé.
Les prix des agonistes du récepteur du GLP-1 actuellement vendus varient grandement selon les pays. Depuis décembre 2025, l’Ozempic est offert en Inde. Un stylo de quatre doses se vend à partir de 24,35$ US. Au Québec, il est environ 250$ CA.
Des génériques 50% moins coûteux
Avec l’expiration des brevets d’origine, de nombreux génériques moins coûteux seront disponibles au Canada au cours des prochains mois, ce qui contribuera à une diminution notable de leurs prix. Au 27 janvier 2026, Santé Canada avait reçu huit demandes de commercialisation de ces génériques. Ils devraient se vendre à la moitié du prix des originaux, prévoit-on.
Les actuels GLP-1 peuvent faire perdre jusqu’à 20% de la masse corporelle, mais plusieurs études ont confirmé des regains de poids, souvent très rapides, lorsqu’on les cesse.
Plaintes et poursuites
Cette médication est efficace tant qu’elle est prise. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a ajouté les analogues du GLP-1 à sa liste des médicaments essentiels pour la prise en charge du diabète de type 2 dans les groupes à haut risque.
Mais elle a ses revers : elle suscite des milliers de plaintes en raison de ses effets indésirables, a entraîné plusieurs actions collectives et fait l’objet de contrefaçons dangereuses.
Certains patients qui prennent du sémaglutide ressentent peu d’effets secondaires, mais d’autres se plaignent des effets indésirables importants : maux de ventre, nausées, lésions gastro-intestinales, paralysie de l’estomac, occlusion intestinale, pertes de vision.
Voici d’autres effets nocifs rapportés par le cabinet d’avocats américain King Law qui pilote une action collective à propos de ces médicaments:
- L’Ozempic risque de provoquer un relâchement cutané et de creuser le visage. Cet effet est appelé « visage Ozempic ».
- Le 2 février 2026, King Law indique que la gastroparésie (paralysie de l’estomac) forme le trouble le plus fréquemment mentionné (75%) dans les plaintes à l’endroit de son fabricant, Novo Nordisk.
- En décembre 2025, le gouvernement australien avait mis en garde contre Ozempic et fait état de comportements suicidaires et d’automutilation.
- En novembre 2025, une étude révèle que l’Ozempic interfère avec les examens d’imagerie médicale.
- En octobre 2025, une nouvelle analyse établit un lien entre l’Ozempic et les lésions rénales aiguës.
- En juin 2025, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a conclu que la prise d’Ozempic doublait le risque de développer une neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique.
Des médecins spécialistes expliquent en partie cette avalanche de plaintes et de recours par le nombre élevé de gens qui prennent du sémaglutide, comme le rapporte Alexandre Caron. Leurs effets secondaires surviendraient surtout en début de prescription, d’où l’importance de les démarrer en faible dose et de les augmenter progressivement.
Plaintes au Canada
Les plaintes ne sont en reste au Canada : au 23 janvier 2026, Santé Canada avait reçu 3 181 déclarations d'effets indésirables provenant du pays et 44 670 provenant de l'étranger. Elles portent notamment sur des problèmes gastro-intestinaux, des lésions et intoxications, des effets négatifs au plan psychiatrique et oculaire.
Récemment, Santé Canada a entamé un examen d’innocuité dans le but d’évaluer le risque de neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique lié à la prise de sémaglutide.
Plusieurs actions majeures en justice ont été entreprises ces dernières années ici même au Canada. Les plaignants reprochent aux fabricants de ne pas les avoir suffisamment informés à l’avance des effets indésirables de leurs produits.
Une première demande d’action collective visant Novo Nordisk a été déposée au Québec en 2023 au nom des gens qui ont contracté une maladie de la vésicule biliaire ou subi un blocage intestinal, une paralysie intestinale et/ou de l’estomac. Le processus d’autorisation est toujours en marche.
Une action collective intentée en Colombie-Britannique au nom de tous les Canadiens qui ont souffert de graves problèmes de santé après avoir pris ce médicament a toutefois été autorisée en 2024.
Au Québec, une autre demande d’action collective a été déposée à la mi-janvier 2026, touchant Eli Lilly, le fabricant du Zepbound et de Mounjaro, deux autres médicaments GLP-1.
Copies et contrefaçons
La popularité de ces médicaments est telle qu’elle a amené des organisations criminelles à vendre des contrefaçons sous forme de faux stylos injecteurs qui peuvent se révéler dommageables pour la santé. Ils sont souvent vendus sur des sites d’apparence pharmaceutique sérieuse.
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a émis une alerte en janvier 2026 concernant la découverte de stylos « Ozempic » contrefaits dans la chaîne d’approvisionnement légitime. L’EMA en avait déjà fait autant.
Le phénomène est tel qu’il a amené Santé Canada à émettre sa propre mise en garde le 21 janvier 2026. Les versions contrefaites peuvent notamment contenir des solvants, des métaux lourds, des particules (fibres, verre, plastique) ou des micro-organismes (bactéries, champignons, endotoxines).