Les pressions inflationnistes ont continué de peser sur les coûts de reconstruction au Canada durant le troisième trimestre de 2021, selon le plus récent rapport d’Opta. La hausse moyenne est de 5,7 % comparativement à la même période en 2020.
La hausse est inférieure à celle notée au deuxième trimestre de l'année. L’augmentation des coûts est plus élevée que la moyenne dans les provinces plus populeuses, atteignant 6,2 % au Québec et 6,0 % en Ontario. Il n’y a qu’en Nouvelle-Écosse où la hausse des coûts sur un an est inférieure à 5 % (4,8 %).
Les coûts pour les plus petites unités résidentielles (1 000 pi2) ont grimpé de 6,7 % au troisième trimestre de 2021, sur une période de 12 mois. Au Québec, les coûts ont dépassé la moyenne nationale dans les formats de 1 000 pi2 et de 2 000 pi2.
Prix du bois
Si le prix du bois d’œuvre a baissé chez les grossistes, les détaillants n’ont toujours pas transmis cette baisse à l’utilisateur final. Les détaillants et les constructeurs ne sont pas encore pressés de faire bénéficier les acheteurs des économies réalisées.
Les producteurs de bois d’œuvre ont fait des affaires d’or au début de 2021 alors que les taux d’emprunt très bas, jumelés aux mesures sanitaires imposant le confinement au domicile, ont poussé les propriétaires à dépenser en rénovation. Depuis le pic de 1 600 $ US pour 1000 pieds de bois atteint en mai, le prix a chuté à 430 $ US en septembre, en raison de la baisse de la demande et d’une offre élevée.
Opta confirme cette baisse de la demande en soulignant que la valeur totale des permis de construction a totalisé 9,9 milliards de dollars (G$) au Canada en juillet dernier, en baisse de 3,9 % comparativement au mois précédent. La valeur des permis dans le secteur non résidentiel a même baissé de 5,6 %. Pour la construction de logements unifamiliaux, la valeur des permis a même chuté de 9,6 % en juillet.
Les composants
Les coûts des composants ont augmenté en moyenne de 5,5 % au Canada. Le Québec arrive en tête avec une hausse moyenne de 5,9 %. Les auteurs du rapport d’Opta constatent que l’offre semble rattraper la demande au 3e trimestre de 2021, car les coûts des composants ont grimpé à un rythme moins élevé qu’au cours du premier semestre de l’année.
La volatilité des prix, particulièrement élevée dans l’Est du Canada et surtout au Québec durant les 6 premiers mois de l’année, devrait se stabiliser au cours du dernier trimestre, comme la demande diminue à l’approche de l’hiver.
Observations générales
Opta constate la vigueur du marché immobilier au Québec en notant la hausse des inspections des maisons de moins de 10 ans. En Ontario et au Manitoba, la firme souligne le retour des inspections complètes.
On mène aussi l’analyse des pertes totales de cinq sinistres survenus au troisième trimestre. Il existe un écart minimal entre les estimations de l’entrepreneur et les évaluations de l’indice iClarify, avec un écart moyen de 3 %. Tous les résultats se trouvent sous le point de référence de l’industrie à plus ou moins 15 %.
Main-d’œuvre
Du côté de la main-d’œuvre, le recrutement est toujours laborieux dans l’industrie de la reconstruction, mais les salaires n’augmentent pas dans tous les métiers. La seule légère hausse concerne les travaux de toiture ou de bardage, l’électricité et le parement, et elle est attribuable à la demande de maisons neuves.
La reconstruction commerciale en Ontario est l’objet d’un chapitre distinct dans le rapport. « Les taux de main-d’œuvre qualifiée seront un problème à l’avenir, car la gestion des arriérés de construction et la croissance dans les secteurs résidentiels et commerciaux sont inévitables et les pénuries de main-d’œuvre se développent depuis un certain temps », indique Opta.
C’est toujours dans l’agglomération de Toronto que les coûts finaux pour un édifice de 10 000 pi2 sont les plus élevés en Ontario. Ils sont aussi plus élevés si on les compare aux autres grandes villes du pays. La comparaison montre qu’à cet égard, Calgary est au 2e rang, suivie par Montréal.
Les données du rapport Opta sont recueillies auprès de 300 entrepreneurs certifiés dans 86 villes du Canada.
On conseille aux consommateurs qui ont fait des rénovations de faire procéder à une inspection pour consigner ces travaux, les nouveaux risques ou l’incidence sur leur coût de remplacement.