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Pénurie de main-d’œuvre : la finance et l’assurance s’en tirent mieux, selon la BDC

par Hubert Roy | 18 octobre 2018 09h30

Difficile de trouver de la main-d’œuvre en finance et en assurance ? Ses employeurs s’en tirent mieux que d’autres secteurs industriels, indique une étude de la Banque du développement du Canada.

Celle-ci a sondé 1 208 entreprises au pays. Les entreprises sondées dans les domaines de l’assurance, de la finance et de l’immobilier ont affirmé dans une proportion de 28 % qu’il était difficile pour eux de recruter, la plus basse note en la matière.



Est-il pour autant facile pour les entreprises de ces secteurs d’embaucher de nouveaux employés ? Ce sont 36 % qui affirment que oui. À ce chapitre, seules les entreprises en services professionnels ont affirmé qu’ils étaient plus faciles pour elles de recruter, dans une proportion de 43 %.

Un problème tenace pour les 10 prochaines années

Recruter de la main-d’œuvre qualifiée n’est toutefois pas une panacée pour les entreprises canadiennes, affirme la Banque de développement du Canada. Elle a d’ailleurs intitulé son rapport : Pénurie de main-d’œuvre : un problème tenace. La banque indique que près de 40 % des petites et moyennes entreprises peinent à embaucher de nouveaux employés.

« La situation ne fait qu’empirer, peut-on lire dans le rapport de la Banque. En raison de notre population vieillissante et départ à la retraite des bébé-boumeurs, on prévoit que la croissance de la population active tombera à près de 0 %. »


Déclin de la croissance de la population active au Canada


La Banque estime que les pénuries de main-d’œuvre ne résorberont pas avant au moins dix ans. « Notre analyse statistique démontre que les entreprises plus touchées par des pénuries de main-d’œuvre sont 65 % plus susceptibles de connaitre une faible croissance. »

Embaucher des immigrants : la dernière solution retenue

Une des solutions retenues par la Banque de développement du Canada pour pallier au manque de main-d’œuvre. Or, au désarroi de la Banque, c’est la stratégie que les entreprises canadiennes sont le moins susceptibles d’adopter, ont-elles confié. « C’est une occasion manquée importante, qui pourrait aider à remédier aux pénuries de main-d’œuvre », déplore la Banque.

La Banque a aussi fait une analyse de l’évolution du taux de chômage des immigrants à partir des données de Statistique Canada. Elle y a découvert que le taux de chômage des immigrants en 2017 est 0,5 % plus élevé que celui des Canadiens de souche. Et encore, elle estime que cette donnée est biaisée de par le fait qu’elle inclut les marchés de Toronto et Vancouver, reconnus pour être les endroits où les immigrants s’intègrent le mieux. En enlevant les données de chômage de ces deux villes, l’écart entre les taux de chômage grimpe à 1,2 %.



Les conséquences pour les entrepreneurs

La Banque de développement du Canada a aussi sondé les conséquences concrètes de la pénurie de main-d’œuvre sur les PME. Surcharger le travail des employés en place et augmenter les salaires sont les principaux effets de la pénurie de main-d’œuvre.



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