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Plaidoyer pour le pointage de crédit et pour permettre aux banques de vendre de l’assurance au Canada

par Hubert Roy | 22 octobre 2012 15h31

Au cours des derniers mois, Sylvie Paquette a livré quelques discours et écrit quelques textes pour défendre l’usage du pointage de crédit (credit scoring) par les assureurs.

« Il y a une incompréhension dans le débat actuel, dit la présidente et chef de l’exploitation de Desjardins Groupe d’assurances générales. Avec le pointage de crédit, ce n’est pas la capacité de payer que l’on regarde, mais la saine gestion des finances. Il y autant de gens pauvres qui ont un mauvais pointage de crédit que de gens riches. On ne mesure pas la richesse des gens. Notre travail est d’évaluer le risque que pose le client et d’établir un prix ».

Elle souligne qu’à partir du moment où le pointage de crédit est interdit, il y a un désavantage qui se créé pour tous les assurés. « Si on sait qu’un client coute 500 $ et que l’autre coute 1 000 $, nous sommes obligés de tous les tarifer à 750 $. Les assureurs vont toutefois tout faire pour éloigner celui qui coute 1 000 $. Certains assureurs ont fait des choses épouvantables pour éloigner ces clients », dit-elle.

Elle note aussi que le problème n’est pas présent au Québec, car aucun assureur n’a posé de gestes répréhensibles. « Le débat est à l’extérieur du Québec, car il y a des assureurs qui ont très mal fait leurs devoirs en imposant à leurs courtiers d’annuler des clients. On a aussi vu certains assureurs mal agir aux États-Unis. Au Québec, personne n’a agi en cowboy de cette façon », dit-elle.

Selon Mme Paquette, le débat est ainsi devenu une bataille du courtage. « Les courtiers ont été frustrés par le comportement de certains assureurs, car la décision s’est faite à leur détriment et à celui de leurs clients. Ça n’a pas été une bataille de logique, mais bien de la frustration de quelques courtiers qui sont très vocables. C’est à ces assureurs de gérer leur réseau, car ils nuisent à l’industrie », dit-elle.

Elle ajoute que 80 % des clients de Desjardins acceptent d’emblée qu’on consulte leur cote de crédit. L’autre 20 % accepte presque tous en totalité de le faire, une fois qu’on leur explique les raisons.

Lois sur les banques

Mme Paquette est aussi revenue sur une autre bataille, menée cette fois-ci par les courtiers du Québec, qui voudraient que les dispositions de la Loi sur les banques, qui empêchent ces dernières de vendre de l’assurance dans leurs locaux, soient aussi appliquées ici.

Elle affirme qu’elle aimerait bien savoir combien de clients frustrés ou abusés les courtiers ont rencontré au cours des 25 dernières années. « Le client ne fait que gagner de cette offre. Je milite pour que les banques canadiennes puissent faire comme au Québec. Je leur lance le défi de nous nommer des personnes qui ont été lésées au cours des 25 dernières années. S’il y a bien un endroit où le service est excellent, c’est dans les banques, au Canada et au Québec. Le service des banques est d’ailleurs supérieur à celui de la majorité des courtiers », dit-elle.

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