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Recours au générique : l’industrie devra mettre les bouchées doubles !

par Alain Thériault | 22 juin 2017 07h00

Si elle veut voir les médicaments génériques être plus utilisés, l’industrie devra mettre les bouchées doubles, affirme l’actuaire indépendant Jacques L’Espérance.

M. L’Espérance a présenté une rétrospective sur l’usage des médicaments lors d’un évènement tenu par Telus Santé le 11 avril. Il y a affirmé que les médicaments de spécialité pèseront plus lourd dans les régimes privés au Québec que les médicaments réguliers, en ce qui touche les assurés de moins de 65 ans. Et ce, d’ici six ans. Cela fera bondir le cout des médicaments dans les régimes privés d’assurance de près de 80 %, dit-il.

M. L’Espérance a aussi révélé que les couts des médicaments de spécialité croissent constamment, tout en ne représentant qu’un faible nombre de réclamants. Alors que 0,9 % des réclamations ont porté sur ces médicaments en 2016 au Canada, ils ont représenté 26 % des couts. En 2008, les médicaments de spécialité ont représenté 0,5 % des réclamations et 11 % des couts.

Selon cette rétrospective, le cout mensuel par certificat d’assurance a augmenté en moyenne de 4,1 % entre 2008 et 2016 au Québec pour les moins de 65 ans, passant de 75 $ à 104 $. Lorsque l’on élimine les médicaments de spécialité de l’équation, cette croissance moyenne n’est plus que de 1,6 %, les médicaments dits réguliers étant passés en 2008 d’un cout moyen de 67 $ à un cout moyen de 75 $ en 2016. Durant cette période de huit ans, le cout des médicaments de spécialité a augmenté en moyenne de 16,2 % par an, pour s’établir à 28 $ par certificat, malgré un très faible nombre d’utilisateurs.

Selon les données de Telus pour 2016, les médicaments génériques ont représenté 62 % du nombre de réclamations au Canada et 59 % du nombre de réclamations au Québec. Pour le Québec, il s’agit d’une amélioration notable par rapport à 2015, alors que l’utilisation des génériques n’atteignait que 55 % du nombre des réclamations. La loi 28 en application depuis octobre 2015 aura eu son effet.

Pour leur part, les médicaments uniques, pour lesquels il n’existe pas de générique, ont compté au Québec pour 31 % des réclamations en 2016, et les médicaments originaux pour lesquels il existe un générique, pour 10 %. Or, les médicaments uniques ont représenté les deux tiers des couts. En contrepartie, les génériques ont compté pour 26 % des couts et les médicaments originaux pour 8 %



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