Lors d’une récente présentation de la société de réassurance Swiss Re, Global Executive Dialogue : sigma/6 2023 Economic and Insurance Outlook 2024-2025, les experts réunis s’attendent à un ralentissement notable de l’économie mondiale.
« Nous nous attendons à ce que les marchés solides et les facteurs qui ont soutenu les prix du marché de l’assurance, mais aussi les primes d’assurance, restent intacts », déclare Jérôme Jean Hägeli, économiste en chef du groupe Swiss Re.
Selon lui, les prix actuels sont dus à la situation de guerre en Europe, à la COVID-19 et aux déséquilibres qui existaient déjà dans l’économie avant même que la pandémie ne s’installe. « Le choc des prix est là pour durer », affirme-t-il.
Swiss Re s’attend en outre à une croissance du produit intérieur brut de 2 % à l’échelle mondiale. « Pour l’instant, nous considérons que 2 % est le plafond de ce qui est possible en termes de croissance pour cette année ». De la même manière, la compagnie prévoit une croissance des primes de 2 %. « Les primes vont augmenter plus fortement, cela ne fait aucun doute », déclare M. Hägeli. « Je pense que notre prévision d’environ 2,2 % est prudente ». Il ajoute que la croissance observée est plus forte que la moyenne des cinq dernières années.
« Toutefois, pour les marchés de l’assurance, nous devrions également, pour les branches d’assurance dommages de toute évidence, surveiller très attentivement l’évolution de l’inflation sociale. Je m’attends à ce que l’inflation sociale prenne une direction différente de celle de l’inflation économique », ajoute l’économiste.
La mortalité élevée se poursuit
Julien Descombes, directeur de la souscription pour la réassurance vie et santé, indique quant à lui que la compagnie continue d’observer une surmortalité, entre 5 % et 10 %, sur certains de ses marchés vie et santé les plus importants, y compris le Canada. Il attribue cette situation au stress de la pandémie COVID-19, à savoir que la COVID elle-même peut encore tuer des gens, mais surtout au fait que les systèmes de santé restent sous pression, avec de nombreux retards dans le diagnostic et les soins préventifs qui permettraient de faire face à la prévalence accrue des maladies cardiovasculaires et du cancer.
Il précise toutefois que Swiss Re reste optimiste quant aux perspectives d’amélioration de la mortalité à long terme, grâce aux progrès de la médecine et peut-être aussi à une prise de conscience croissante des risques liés à l’obésité. « L’obésité et le diabète sont toujours en augmentation. Nous pensons qu’au cours des 10 ou 20 prochaines années, nous atteindrons un plateau. Nous espérons que la société se réveillera un peu et que les gens commenceront à avoir une meilleure santé métabolique. Il s’agit là d’une source potentielle considérable de gains positifs en termes de mortalité à l’avenir. »