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Transamerica Vie Canada voit sa cote abaissée par les agences de notation

par Donna Glasgow | 29 juin 2008 17h53

Des réserves additionnelles ainsi que des frais de gestion facturés en trop ont valu une rétrogradation à Transamerica de la part des agences de notation.L’agence A.M. Best a annoncé que la cote de solidité financière de Transamerica Vie Canada passait de A (excellent) à A- (excellent) et que sa cote de crédit diminuait pour sa part de A+ à A-. Au même moment, la perspective sur la cote financière de l’assureur a été révisée de stable à négative, selon un communiqué de presse émis par A.M. Best à la mi-avril. Une annonce qui a fait suite à la rétrogradation des cotes de la dette à long terme et de la solidité financière de Transamerica par Standard & Poor (S&P) le mois précédent, les faisant passer de A- à BBB. S&P juge que les perspectives d’avenir demeurent stables.

Transamerica a enregistré une perte nette de 307 M$ en 2007, laquelle est principalement due à l’injection de 308 M$ dans ses réserves. Il s’agit de la troisième année consécutive où l’assureur se voit obligé de verser des sommes importantes dans ses réserves. En 2005, il y avait déposé 317 M$ alors qu’en 2006 c’est 183 M$ qui y ont été affectés. L’ajout de réserves additionnelles découlait de changements des prévisions actuarielles et de méthodes de calcul.

En plus des réserves supplémentaires, Transamerica a eu à rembourser 100 M$ de frais de gestion de fonds distincts perçus en trop, rapporte A.M. Best.

« Les notes attribuées ne font que refléter l’impact négatif que ces frais ont eu sur les bénéfices d’exploitation, lesquels ont outrepassé les prévisions de A.M. Best pour 2007 », explique l’agence.

Le président et chef de l’exploitation de AEGON (la compagnie mère de Transamerica), Paul Reaburn, a décliné la demande d’entrevue du Journal de l’assurance.

L’agence A.M. Best précise que même si les réserves additionnelles ont amélioré le bilan de l’assureur, elle demeure tout de même « prudente face aux performances à venir du portefeuille de fonds distincts de l’assureur étant donné le montant net au risque et le fait que près de la moitié du bloc d’affaires arrive à maturité entre 2009 et 2011 ». L’agence a constaté cependant que l’assureur utilise des stratégies de couverture pour réduire les risques de marché liés aux fonds distincts.

Sur une note positive, A.M. Best constate « la position solide qu’occupe Transmerica dans ses lignes d’activités principales et au sein de sa plateforme de distribution multi-réseaux, l’expérience notable en matière d’investissement et de mortalité, ainsi qu’une capitalisation adéquate ».

Inquiet d’avoir entendu que la cote de Transamerica avait été revue à la baisse, un conseiller financier a contacté le Journal de l’assurance pour savoir si la solvabilité de l’assureur était menacée. Ce à quoi Darian Hala, analyste financier chez A.M. Best a répondu qu’en dépit de la rétrogradation subie, Transamerica n’a aucun problème de solvabilité. « Leur ratio par capital réglementaire a même augmenté », a affirmé l’analyste.

Compagnie à vendre?

L’agence a constaté que AEGON, la compagnie mère de Transamerica, joue un rôle important dans la force financière de l’assureur. En effet, depuis 2000, se sont plus de 400 M$ que AEGON a injecté dans les opérations canadiennes. « A.M. Best croit que AEGON pourrait décider de réallouer les sommes qu’elle destine à Transamerica, dans le but de régler ses problèmes de réserves récurrents, à des activités plus stables et plus rentables. Dans l’attribution de sa cote, A.M. Best prend en compte le fait que Transamerica ne fait pas partie des filiales d’assurance d’AEGON les plus stratégiques. » Cependant à court ou à moyen terme, l’agence pense que AEGON continuera de supporter Transamerica.

L’agence S&P, quant à elle, indique, dans son communiqué de presse, que bien que Standard & Poor’s considère Transamerica comme étant une filiale de AEGON dont l’importance stratégique est moindre vu son passé, et que généralement, de telles activités risquent d’être fermées ou vendues, la cote attribuée à l’assureur bénéficie du soutien financier de AEGON au fil des ans.

Questionné sur la probabilité que Transamerica soit vendu, M. Hala de A.M. Best préfère ne pas émettre de commentaires sur les intentions de la compagnie mère, rappelant que les agences de notation sont considérées comme des initiés.

Vente du réseau de distribution

Au début du mois de mai AEGON Canada et Industrielle Alliance (IA) ont annoncé la signature d’une entente selon laquelle L’Industrielle faisait l’acquisition de100 % de National Financial Corporation (NFC), la compagnie mère de Aegon Dealer Services Canada, Money Concepts (Canada) et de National Financial Insurance Agency. NFC et ses filiales ont un actif sous gestion de 2,8 milliards $ (G$) et travaillent avec plus de 350 conseillers répartis dans 65 succursales à travers le pays.

Aegon Dealer Services et Money Concepts offrent une vaste gamme de fonds communs et de services financiers aux particuliers. La compagnie National Financial Insurance Agency, quant à elle, est un agent général qui fournit des services en matière d’assurance aux conseillers de Money Concept.

Dans le communiqué de presse qui annonçait cette vente, M. Reaburn indiquait que «la vente de ce secteur de distribution permet à AEGON de se concentrer sur ses activités principales, soit les produits d’assurance vie individuels et les rentes ». La transaction qui est soumise à l’approbation des autorités réglementaires, devrait être officiellement conclue le 30 juin 2008.

Selon M. Dala, il est peu probable que cette vente mène à une nouvelle baisse de la cote de Transamerica. « Money Concept ouvre une porte à la planification financière et à la distribution, ce qui sort un peu des activités de base en vie et en rente. Je considèrerais cela pour l’instant comme une cotation neutre », révèle-t-il. Tandis qu’il est peu probable que la cote de Transamerica soit affectée par cette vente, les perspectives de A.M. Best à l’égard de l’assureur demeurent négatives. « Nos perspectives sont négatives car les opérations de Transamerica continuent de connaître de faibles performances ».

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