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Troubles du sommeil : Desjardins offrira un programme testé sur ses employés

par Alain Thériault | 04 juillet 2017 07h00

Photo : iStockphoto

Environ 1 800 employés de Desjardins Assurances participent actuellement à un projet-pilote qui débouchera sur le lancement d’un programme de traitement des troubles du sommeil.

Dans le cadre de ce projet-pilote amorcé en novembre 2015, Desjardins propose aux employés ciblés de bénéficier d’un programme de traitement des troubles du sommeil offert par Solutions santé préventive HALEO. Il livrera ses premiers résultats en juin, a annoncé Nathalie Laporte, vice-présidente, développement, commercialisation et stratégie, assurance pour les groupes et les entreprises, de Desjardins Assurances, lors de sa présentation à la Semaine internationale francophone de la santé et la qualité de vie au travail, organisé par le Groupe Levia.

L’entreprise fondée en 2015 par Bradley Smith recourt à la thérapie cognitivocomportementale. À ses yeux, prescrire cette thérapie est souvent plus efficace que les médicaments, pour traiter les troubles du sommeil.

Lors de la conférence, Mme Laporte a révélé que 35 % des employés de Desjardins Assurances ont décidé de participer au projet-pilote, c’est-à-dire entamer le processus par l’entremise d’un questionnaire en ligne. La thérapie peut ou non être recommandée en fonction des résultats du sondage.

«Il s’agit d’un sommet pour le taux de réponse de 35 %. Selon nos recherches, le taux de réponse aux États-Unis pour de tels programmes avoisine les 20 %, dit Mme Laporte. Certaines des personnes qui ont ensuite accepté d’être contactées dans le cadre de notre projet pilote ont pu constater qu’elles n’avaient aucun problème de sommeil.»

Thérapie mobile

Aussi conférencier à cet événement, M. Smith a précisé que la participation au programme ne signifie pas non plus que les employés suivront automatiquement une thérapie. Parfois, ils iront simplement chercher une réponse à leurs questions. Haleo offre ainsi une solution en trois phases, en partenariat avec le Sleep Health Institute, un institut affilié au Brigham And Women’s Hospital de Boston.

Dans la première phase de sensibilisation et de dépistage, l’employé suit un module d’éducation et de dépistage en ligne. Si l’employé reçoit une notification de risque à la fin de son dépistage, HALEO l’accompagne vers une solution. Si la troisième phase est nécessaire, l’employé obtient un diagnostic et reçoit des traitements appropriés, par des professionnels de la santé et des experts en sommeil qui utilisent des technologies mobiles. Modifier les comportements pour améliorer l’hygiène du sommeil est un acte réservé aux médecins et aux psychologues, a d’ailleurs insisté M. Smith.

Lors d’une entrevue au Journal de l’assurance en marge de la conférence, M. Smith a dit offrir entre autres d’aller voir l’employeur et d’envoyer un courriel aux employés pour qu’ils puissent participer au programme, s’ils en expriment le besoin. «Nous demandons à la personne si elle a un sommeil sain. Sinon, nous lui demandons si elle veut passer au diagnostic. Si le diagnostic est positif, nous pourrons alors passer au traitement s’il s’agit d’apnée du sommeil, ou à la thérapie s’il s’agit d’insomnie», a-t-il expliqué.

L’apnée nécessite un traitement médical approprié, signale M. Smith. Elle résulte majoritairement de problèmes de surpoids ou de tension artérielle que ne peut régler l’hygiène du sommeil. Celle-ci traitera l’insomnie, avec l’aide de médicaments selon les cas, en s’attaquant entre autres à des causes liées aux comportements. La thérapie dure de 5 à 6 sessions, à raison d’une séance par semaine, plus une séance supplémentaire d’évaluation.

«Au fil des séances, nous demanderons à la personne de remplir un journal de son sommeil dans lequel elle inscrira lorsque surviennent des problèmes ou des améliorations. Toutes nos séances peuvent se dérouler par vidéoconférence, sur ordinateur, tablette ou téléphone intelligent. Elles peuvent au besoin être raccourcies à 30 minutes chacune», a dit le président d’HALEO.

Stress vs récupération

Dans tous les cas, Bradley Smith tente d’amener la personne à créer une séparation entre le stress et le besoin de récupérer, par le contrôle de ses stimuli. Le lit doit servir à dormir, sinon, la personne doit en sortir, et aller dans une autre pièce, par exemple pour lire.

«Nous amenons la personne à travailler avec sa physiologie du corps : tu peux passer 10 heures au lit, mais en dormir seulement cinq, puis te réveiller et tourner. Nous amenons la personne qui vit cette situation à réduire le temps passé au lit. Nous commençons par six heures, pour ensuite élargir jusqu’à atteindre la période idéale de sommeil de sept ou huit heures. Nous lui demandons aussi de pratiquer des techniques de relaxation, y compris durant la journée», a expliqué M. Smith.

De son côté, Mme Laporte suggère de pratiquer la sieste, y compris la microsieste de cinq minutes (power nap). «En plus de stimuler la mémoire, une sieste fait diminuer le stress et améliore la santé cardio-vasculaire», dit-elle. Éloignez l’ordinateur, la tablette et le téléphone intelligent et la télé de la chambre à coucher, dit-elle.

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