La santé mentale des Canadiens est à son plus bas depuis le mois d’avril, a révélé le fournisseur de services en santé et mieux-être Morneau Shepell dans son dernier Indice de santé mentale.
Le Canada est 11,8 points en dessous du score de référence d’avant la pandémie de la COVID-19 établi par la firme, qui est de 75. Son score est donc de -11,8. Il s’agit d’une diminution de 0,7 point par rapport au mois de novembre, lors duquel un score de -11,1 avait été enregistré.
Le score négatif signifie que la santé mentale est affaiblie par rapport à la valeur de référence, qui tient compte des années 2017, 2018 et 2019, explique l’entreprise.
« Alors que la majorité des Canadiens s’ajustent à leur nouvel environnement de travail et à la distanciation sociale, les incertitudes économiques actuelles et l’anxiété liée à la vie professionnelle et personnelle continuent d’affliger la population. Notre santé mentale est très compromise, affirme Stephen Liptrap, président et chef de la direction de Morneau Shepell. Il est plus essentiel que jamais de faire un effort conscient pour être solidaires les uns envers les autres et, dans le cas des employeurs, de mettre l’accent sur la santé mentale et physique afin d’assurer que les employés se sentent écoutés et soutenus, puisque la pandémie ne s’essouffle pas. »
Baisse généralisée
Presque tous les scores secondaires répertoriés par l’entreprise se sont détériorés au cours du mois de décembre par rapport au mois de novembre.
Le seul ayant enregistré une augmentation de son score est l’indice sur la santé financière, qui est passée de 2,9 à 3,2.
Impact sur le milieu de travail
Les résultats du rapport de Morneau Shepell montrent que la ligne venant faire la distinction entre la vie professionnelle et la vie personnelle a été affectée par la pandémie.
Le confinement aurait limité le nombre de jours de vacances pris par les travailleurs, ce qui aurait aussi eu une incidence sur la santé mentale des Canadiens. Ce sont 46 % des employés sondés qui n’ont toujours pas pris tous leurs jours de congé, précise l’entreprise.
Paula Allen, directrice mondiale et première vice-présidente, recherche et mieux-être global, souligne aussi que les chiffres montrent que les travailleurs sont plus productifs, mais que cette productivité est le résultat des heures supplémentaires réalisées.
« Si on se penche sur les détails, on voit qu’en fait, la productivité diminue. Si on travaille plus longtemps, on a moins de temps pour se reposer et prendre soin de soi. Dès que ces deux aspects ne sont plus prioritaires, la santé mentale des employés souffre, tout comme les résultats financiers des entreprises. Cela montre que le mieux-être des employés doit être une priorité pour assurer la pérennité et, au final, la continuité des activités d’une entreprise », affirme-t-elle.
Indice en baisse en assurance
En ce qui a trait aux différents secteurs d’activité économique, le secteur de l’assurance et des services financiers a enregistré en décembre une diminution de 2,8 points de son score de santé mentale. Il est de -14,9, peut-on lire dans le rapport.
Ce sont les étudiants qui ont la santé mentale la plus affaiblie, note Morneau Shepell. L’indice pour les étudiants à temps plein est de -24,9. Il est suivi par le secteur de la gestion de sociétés et d’entreprises, qui a enregistré un score de -17,5.
L’industrie de l’information et de la culture a enregistré l’amélioration la plus importante, avec une augmentation de 3,6 points, après avoir chuté au cours du mois de novembre. Elle a maintenant un score de -16,8.