Le secteur des assurances est bien placé pour profiter d’une hausse légère des taux d’intérêt, conclut DBRS Morningstar dans un rapport intitulé Canadian Insurers Well Positioned to Manage Rising Inflation Risk, Seen Benefiting From Higher Interest Rates, publié le 16 novembre.
Ce rapport, qui examine l’incidence potentielle d’une hausse des taux d’intérêt et de l’inflation sur les assureurs, indique que ces derniers seraient en mesure de gérer une telle situation, puisque ce sont les consommateurs qui, en fin de compte, en assumeraient les frais.
« Au-delà d’un certain niveau, les taux d’intérêt risquent de faire plus de mal que de bien aux assureurs si la hausse entraîne un repli économique avec une augmentation des défaillances et une baisse de valeur des actifs », peut-on lire dans le rapport. « Tant une déflation qu’une inflation galopante comportent des risques supplémentaires pour le secteur. »
Les auteurs du rapport soulignent qu’une hausse de l’inflation pourrait nuire aux assureurs canadiens parce qu’elle se traduirait par des frais d’exploitation et de sinistres plus élevés. Toutefois, il serait possible de rajuster assez rapidement la tarification des produits les plus touchés, par exemple les polices d’assurance de dommages et les régimes collectifs de soins de santé. Qui plus est, une hausse de l’inflation peut mener à des taux d’intérêt plus élevés, ce qui est habituellement avantageux pour les assureurs à plus long terme.
Des frais d’exploitation accrus
Les auteurs du rapport font remarquer qu’une hausse de l’inflation peut aussi faire augmenter les frais d’exploitation, donc diminuer le résultat net. « Il peut être plus difficile de rajuster les primes pour tenir compte d’une augmentation des frais d’exploitation plutôt que d’une augmentation des frais des sinistres, car la pression concurrentielle récompensera toujours l’efficience, disent-ils. Les assureurs qui seraient les plus durement touchés par une augmentation des frais d’exploitation sont les assureurs de plus petite taille, ceux dont la présence numérique est plus faible, et ceux qui possèdent des affaires qu’ils ne peuvent pas retarifer. »
Quant aux effets à court terme d’une hausse des taux d’intérêt sur les bénéfices, ils dépendent des méthodes d’appariement des actifs et des passifs et des méthodes comptables et actuarielles employées par chaque assureur.
« Il y a aussi un risque pour les assureurs qui ont investi dans des biens immobiliers et des actifs non traditionnels, car leur valeur de marché peut diminuer lorsque les taux d’intérêt augmentent. Et si l’augmentation des taux est trop importante, les portefeuilles de titres à revenu fixe des assureurs risquent de subir plus de défaillances tandis que l’endettement devient moins abordable et que l’économie ralentit. Pour les assureurs, le meilleur scénario possible est celui dans lequel les banques centrales sont capables de contrôler l’inflation en relevant légèrement les taux sans provoquer de repli économique majeur. »