Une nouvelle étude de Statistique Canada met en lumière l’évolution de l’emploi après la retraite au fil du temps. En 2023, un Canadien sur dix (10%) âgé de 55 ans et plus ayant déjà pris sa retraite occupait un emploi. Cette proportion était de 7% en 2019.
Selon le genre, 12% des hommes travaillaient après la retraite en 2023, comparativement à 9% des femmes. « Parmi les autres caractéristiques liées au travail après la retraite figuraient des niveaux d’endettement familial et de scolarité plus élevés ainsi qu’un âge plus jeune », indiquent les auteurs du rapport intitulé Retraite et emploi après la retraite chez les Canadiennes et Canadiens âgés.
« Le travail après la retraite a évolué au fil du temps, avec une première légère hausse de 6% à 7%, de 2005 à 2012. La croissance observée de 2005 à 2012 était en grande partie attribuable à une augmentation du travail après la retraite chez les femmes. Après être resté stable à 7% au cours des sept années suivantes, le travail après la retraite a progressé de manière notable pour passer de 7% en 2019 à 10% en 2023. Des hausses semblables ont été enregistrées tant chez les hommes que chez les femmes, ainsi qu’au sein de tous les groupes d’âge », explique Statistique Canada.
Le rapport révèle d’ailleurs que le nombre de départs à la retraite au Canada a augmenté avec les années, passant de 183 900 en août 2012 à 262 600 en août 2019 et 263 300 en août 2023. Plus récemment encore, 276 800 personnes ont pris leur retraite au pays en août 2025.
Parmi les personnes qui travaillaient après la retraite en 2023, 73% occupaient un emploi à temps partiel, tandis que 33% étaient des travailleurs autonomes.
Un profil varié
L’augmentation des retraités qui retournent sur le marché du travail « peut en partie s’expliquer par les pressions financières exercées par la hausse des prix à la consommation et des prix du logement, ainsi que par la hausse des taux d’intérêt et des niveaux d’endettement connexes », précise Statistique Canada. « L’utilisation plus répandue des régimes de travail hybride peut constituer un autre facteur », poursuivent les auteurs du rapport.
Ils ajoutent que, parmi les personnes âgées de 55 ans et plus, 16% de celles ayant une dette familiale supérieure à 40 000 $ travaillaient après la retraite, comparativement à 7% de celles n’ayant aucune dette.
Fait notable, toutefois, un niveau d’actifs plus faible n’était pas associé à une probabilité accrue de travailler après la retraite. « Au contraire, les personnes qui avaient davantage d’actifs étaient plus susceptibles de travailler, soulignent les auteurs. Ces travailleuses et travailleurs sont peut-être plus enclins à continuer à exercer un emploi par choix. »
Les titulaires d’un diplôme universitaire étaient trois fois plus susceptibles de travailler après la retraite que les personnes n’ayant pas de diplôme d’études secondaires, soit 15% contre 5%, respectivement.
Les plus jeunes retraités étaient aussi plus enclins à travailler : 25 % des personnes de 55 à 59 ans travaillaient après avoir pris leur retraite, comparativement à 8% chez les 65 ans et plus.
Selon la province, les personnes résidant à l’Île-du-Prince-Édouard (17%), au Manitoba (15%), au Québec (12%), en Saskatchewan (12%) et en Colombie-Britannique (12%) étaient plus susceptibles de travailler après la retraite que celles vivant en Ontario (9%).