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Une autre manière d’investir dans l’or…

par La rédaction | 19 novembre 2012 16h34

Les fonds de métaux précieux viennent de connaitre une très mauvaise année. Au 9 octobre, seulement deux éléments de cette catégorie ne terminaient pas 2012 dans le rouge – et encore, la marge pour leur éviter ce malheur était mince.Le fonds Catégorie or et métaux précieux mondiale PowerShares, qui investit dans le portefeuille du même nom négocié à la Bourse de New York, faisait alors état d’une avance de 1 %. Le Fonds et catégorie de fonds croissance métaux précieux Sentry Select, dont j’ai déjà parlé dans le numéro d’aout 2010, affichait quant à lui une avance se situant entre 1,21 % et 3,18 %, selon le type d’unité.

Tout le reste de la catégorie a encaissé des pertes, celles-ci grimpant dans les deux chiffres dans le cas du fonds Middlefield Precious Metals Class du Sprott Gold and Precious Minerals Fund/Class. Bref, on n’a pas fait beaucoup d’heureux du côté des amateurs d’or.

Et pourtant… N’a-t-on pas crié sur tous les toits que le prix du lingot d’or était à la hausse? Certes, et c’est d’ailleurs un fait : il a grimpé d’environ 100 $ US l’once l’été dernier, lorsque la Réserve fédérale américaine a annoncé la mise en œuvre d’un troisième programme d’assouplissements quantitatifs (QE3) en vue de stimuler la création d’emplois. La Fed va ainsi acheter chaque mois 40 milliards de dollars américains de titres adossés à des hypothèques d’organismes gouvernementaux, le tout pour une durée indéterminée. Concrètement, cela signifie qu’elle s’est engagée à continuer d’imprimer des billets verts jusqu’à l’atteinte des résultats souhaités.

Et ce n’est pas tout. Quand on ajoute à cela des démarches comme l’Operation Twist et le réinvestissement de titres de créance arrivant à terme, on estime que la Fed crée environ 85 milliards en nouvel argent chaque mois… soit environ un billion de dollars américains par année.

Le tout fera perdre de la valeur au billet de l’oncle Sam. Si on maintient le QE3 suffisamment, on stimulera du coup l’inflation. Dans les deux cas, on favorise le cours de l’or.

Donc, où est le hic? Comment expliquer que la série Conseillers du Fonds mondial de métaux précieux RBC, coté 5 étoiles par Morningstar, ait perdu 12,17 % de sa valeur au cours de la dernière année? C’est parce que la valeur des titres miniers, dans lesquels ces fonds investissent, n’augmente pas au même rythme que celui du lingot. Prenons par exemple Goldcorp et Barrick Gold, qui occupent à elles seules 15 % du portefeuille de fonds RBC. Aucune de ces sociétés n’a publié des résultats renversants. Au 9 octobre, Goldcorp accusait des pertes de 9,7 % comparativement à l’an dernier; ce chiffre était de 18,25 % du côté de Barrick.

Le fonds compte bien sûr des titres qui ont eu du succès, particulièrement celui de Rio Alto Mining, qui a plus que doublé et affiche des gains un an de 113 %. Or, comme l’entreprise représente moins de 3 % de l’ensemble du portefeuille, les bons bénéfices qu’elle a pu produire ne compensent absolument pas les pertes subies par les poids lourds du fonds.

Le fonds Sentry, coté quatre étoiles, a perdu 9,79 % dans l’année. Il s’en est tiré un peu mieux que le fonds RBC, essentiellement parce que plus de 9 % de ses titres proviennent de Rio Alto.

Le Fonds de métaux précieux BMO Guardian, série Conseiller, est celui qui affiche le meilleur résultat un an de sa catégorie, soit des pertes de 8,78 %. Ce qui l’a aidé? Le fait qu’environ 3,5 % de ses actifs correspondent à des certificats d’or de la Banque Scotia. Or, l’essentiel du portefeuille se compose de titres miniers, tout comme les autres fonds.

Le problème des sociétés minières comporte deux volets : les couts et le risque. Le repérage et la mise en œuvre de nouvelles mines sont couteux, et les dépassements de couts jouent souvent dans les dizaines de millions de dollars. De plus, les préoccupations environnementales entrainent des dépenses additionnelles, voire des retards dans l’obtention des permis.

Même une fois en exploitation, une mine n’est pas à l’abri des pépins. On l’a vu en 2011, lorsque la société Agnico-Eagle a été contrainte de fermer une de ses mines les plus productives, la Goldex à Val-d’Or, à cause de problèmes structuraux qui pouvaient mettre les travailleurs en danger. Le titre a dégringolé.

Ajoutons à cela les risques politiques. Bon nombre des plus grands gisements aurifères du monde se trouvent dans des régions particulièrement instables, comme en Afrique et dans certains pays d’Amérique latine. Une société minière étrangère peut constituer une cible de choix pour les démagogues en place.

Comment faire fi de ces contraintes? Et si on essayait un fonds qui élimine carrément les sociétés minières de son portefeuille?

On sera peut-être surpris de constater que le fond de métaux précieux qui s’en est le mieux sorti jusqu’à présent cette année ne fait même pas partie de la catégorie qui porte ce nom… Il s’agit de BMG BullionFund, qui affichait des gains de 10,33 % en 2012, au moment d’écrire ces lignes. Officiellement, on le classe cependant dans la catégorie Divers, Produits de base. Contrairement aux fonds de métaux précieux habituels, celui-ci ne s’intéresse pas aux titres de sociétés minières. On y trouve essentiellement trois types de lingots : or, argent et platine. Sa valeur au quotidien dépend donc des fluctuations du prix de ces métaux à l’international.

Tout nouveau placement est dirigé à parts égales entre les trois catégories de lingots retenues. Toutefois, l’évolution des cours au fil du temps a modifié la répartition de chacune en termes de dollars, si bien que 42,11 % de la valeur du fonds se retrouve dans l’argent, 37,69 % dans l’or, et 19,55 % dans la platine (en date du 30 septembre). Les gestionnaires ne font aucun rééquilibrage de portefeuille après l’achat initial.

En plus de se surclasser en 2012, ce fonds dépasse tous les autres fonds de métaux précieux à long terme. Si on retient la période cinq ans se terminant le 9 octobre, il aura en effet obtenu, selon Morningstar, un taux de rendement annuel composé moyen de 12,02 %. Dans la catégorie Métaux précieux proprement dite, le meilleur rendement aura été procuré par le fonds Sentry (11,2 %), suivi du fonds RBC, qui a accumulé des gains de 10,4 % (unités D sans frais d’acquisition) et de 9,5 % (unités Conseillers).

Il est particulièrement intéressant de noter que le BullionFund a pu présenter de tels résultats, malgré un ratio des frais de gestion très élevé de 3,05 %. Il est normal qu’un fonds de métaux précieux soit assorti d’un ratio élevé, mais dans le cas présent, ils dépassent quand même de 27 points de base ceux du fonds Sentry. C’est tout un obstacle à contourner.

Son fondateur et gestionnaire, Nick Barisheff, prévoit que le prix de l’or continue de grimper durant une bonne partie de 2013. Il s’attend à ce que le prix du lingot dépasse d’ici quelques mois un sommet sans précédent de 1 900 $ US l’once, affirmant même qu’il pourrait grimper jusqu’à 2 500 $ US, voire 3 000 $ US si tous les éléments favorables sont parfaitement alignés. En s’appuyant sur des données historiques, il estime que, le cas échéant, le prix de l’argent pourrait grimper encore plus rapidement que celui de l’or.

Si ses prévisions se réalisent, le fonds connaitra une année exceptionnelle. Dans le cas contraire, la baisse pourrait être marquante. Le fonds tente actuellement une reprise après avoir connu sa pire période 12 mois de tous les temps, qui lui a imposé des pertes d’un peu plus de 20 % à l’exercice se terminant le 31 aout. On ne peut donc vraiment pas dire qu’il propose un investissement dénué de risques. De plus, comme il ne consent aucun remboursement de capital, il n’a rien pour plaire aux clients axés sur le revenu. N’empêche qu’il pourra intéresser toute personne à la recherche d’un fonds commun de placement investissant purement et simplement dans les lingots.

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