Le regroupement de gens d’affaires GP2S vient de lancer une norme qui s’apparente à celles d’ISO pour reconnaître les entreprises qui favorisent la santé en milieu de travail. La norme suscite diverses réactions chez des assureurs.La norme appelée Entreprise en santé s’apparente à celles de l’Organisation internationale de normalisation (ISO), située à Genève en Suisse. Le catalogue ISO contient plus de 17 000 normes dont certaines qualifient l’hygiène et la sécurité au travail.

Or, la similitude avec ISO s’arrête là. La norme du groupe GP2S est une initiative de gens d’affaires du Québec, et est chapeauté par le Bureau de normalisation du Québec. GP2S soutient que sa nouvelle norme permettra aux entreprises d’afficher les efforts consentis pour favoriser un milieu de travail sain.

La norme Entreprise en santé a été développée avec cinq représentants d’entreprises, cinq représentants des fournisseurs de services de santé et cinq représentants d’intérêt général.Les entreprises qui seront reconnues comme favorisant la santé en milieu de travail pourront afficher la norme. « Un plus dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre », soutient

Jean-François Lamarche, directeur général de GP2S.

Ainsi, pour se prévaloir de la norme Entreprise en santé, les entrepreneurs devront s’assurer qu’ils favorisent de saines habitudes de vie, qu’ils permettent la conciliation travail/famille, qu’ils offrent un milieu de travail sain à tout point de vue, etc. Soixante indicateurs seront mesurés.Le docteur

Michel Vézina a participé à l’élaboration de la norme. Professeur au département de médecine sociale et préventive à l’Université Laval et médecin spécialiste à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), il considère que la norme a un côté éducatif. « Elle ne veut pas sanctionner les entreprises en leur disant qu’elles ne sont pas conformes mais elle veut leur donner un idéal à atteindre. »

Jean-François Lamarche déplore toutefois que les assureurs n’aient pas témoigné d’intérêt envers Entreprise en santé. Selon lui, ils demeurent prudents et attendent de voir comment la situation évoluera. « Ce n’est peut-être pas idéal pour eux qu’il y ait une norme unique à cause de la concurrence dans cette industrie », croit-il. Interrogé sur la question,

Carl Laflamme, vice-président ventes et marketing, chez SSQ, pense que la mise en place de la norme Entreprise en santé va être longue et fastidieuse, voire carrément impossible si les entreprises ne disposent pas d’un accompagnement tout au long du processus.

De plus, constate M. Laflamme, pour grand nombre d’entreprises la préoccupation numéro un, c’est la rentabilité. Et même si être une entreprise en santé est important, s’y atteler figure bien souvent à la fin de la liste des priorités. « La norme ne changera rien aux préoccupations des chefs d’entreprise », soutient-il.

Bien qu’il reconnaisse le bien-fondé de l’initiative, M. Laflamme indique qu’il s’agit d’une recette qui existe déjà, notamment par le biais des programmes de santé mieux-être en assurance collective.