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Vivre longtemps et en santé

par Alain Castonguay | 28 février 2014 09h25

Nathalie Tremblay, chef des produits de santé chez Desjardins Sécurité financière, dit être une « passionnée » de la longévité. « Ce qui inquiète la majeure partie des gens, c'est de savoir jusqu'à quel âge ils vivront en santé », a-t-elle affirmé lors d’une conférence sur la longévité tenue au Congrès de l’assurance et d l’investissement 2013.En 2013, un homme de 45 ans a une espérance de vie de 81 ans, une femme, de 85 ans. En moyenne, il vivra durant six ans avec une maladie chronique, elle vivra la même chose durant huit années. À 85 ans, une personne sur trois est atteinte d'une forme de troubles cognitifs, incluant l'Alzheimer. À cet âge, les cas liés au cancer, aux problèmes cardiaques ou à l'ostéoporose augmentent rapidement.

La firme KPMG a aussi produit une étude sur les impacts de la démographie sur les sociétés. Dès 2030, près du quart de la population de l'Union européenne aura 65 ans et d'ici 2050, près du quart de la population mondiale sera âgée de plus de 60 ans. « Au Québec, nous sommes au deuxième rang après le Japon pour l'ampleur du vieillissement de la population. Cela créera un véritable tsunami sur les systèmes de soins de santé », dit Mme Tremblay. Au Canada, KPMG estime que 10 % de la population sera âgée de plus de 80 ans en 2050, et 30 % aura plus de 65 ans.

L'Institut canadien des actuaires vient aussi de produire une étude dans laquelle on affirme que le système de santé au Canada n'est plus viable dans sa forme actuelle. « En 2012, le pourcentage des dépenses des provinces qui étaient affectées au secteur de la santé était de 44 %, et il atteindra 97 % dans 25 ans si on ne fait rien », dit Mme Tremblay.

Il existe des produits qui fourniront un flux de revenus qui compensera les dépenses additionnelles liées au maintien à domicile, poursuit-elle. Cela inclut l'assurance vie permanente. L'assurance maladies graves est connue de bien des salariés, mais elle s'arrête généralement à la retraite ou à 65 ans, au moment même où les maladies les plus fréquentes frappent. On peut l’assortir d’une option pour la perte d'autonomie et assurer le maintien au domicile. L'assurance soins de longue durée n'est offerte qu'en police permanente, mais le produit est méconnu et sous-utilisé, souligne-t-elle.

Désormais, il existe aussi des produits hybrides, comme une assurance invalidité qui peut se transformer en assurance de soins de longue durée. Chez Desjardins, le produit hybride lancé en septembre 2013 combine l'assurance vie et les soins de longue durée. Un client sur deux à qui on offre la T100 paie la différence pour l'option autonomie, qui n'est offerte qu'aux clients de moins de 55 ans.

« Ça demeure de l'assurance vie, mais à partir de 65 ans, si le client n'est plus capable de prendre soin de lui-même, il reçoit une rente mensuelle équivalant à 1 % de l'assurance vie. L'option autonomie ne demande qu'un léger déboursé supplémentaire. » Le marché innove pour offrir aux conseillers des solutions qui leur permettent de répondre aux inquiétudes de la population, conclut-elle.

M. Saint-Germain reconnait que ces types de produits en assurance individuelle sont plus complexes à concevoir que des régimes de retraite collectifs. Il précise que l'effet du vieillissement représente l'équivalent de 1 % du PIB. Il faut donc compenser cet impact par l'augmentation de la productivité et le recours à l'immigration.
M. Millette note que l'implantation du RVER ouvre la porte aux conseillers pour qu'ils puissent offrir d'autres produits individuels aux salariés. « Les régimes de retraite collectifs ont tendance à ne pas être bien adaptés au vieillissement et à la longévité », ajoute-t-il.

Mme Tremblay ajoute que si l'on demande à l'employeur s'il s'intéresse à la santé de ses retraités, il est peu probable qu'il sera enthousiaste à l'idée de payer encore plus de primes. Mais bien des salariés seront prêts à payer eux-mêmes des protections supplémentaires qui les couvriront à la retraite, dit-elle.

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