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Les promoteurs de régime préoccupés par le risque du marché

par Alain Thériault | 22 octobre 2019 11h00

Selon un sondage d’Aon, les régimes de retraite canadiens fixent de plus en plus leur attention sur la volatilité et les objectifs à long terme.

Préoccupés par la volatilité du marché et l’évolution du contexte règlementaire en 2019, les promoteurs de régimes à prestations déterminées canadiens fixent davantage des objectifs à long terme. Ainsi, 96 % des régimes ont une stratégie à long terme pour atteindre leurs objectifs, contre 50 % il y a 10 ans.

Les promoteurs de ces régimes s’efforcent en outre d’atténuer les risques liés à l’actif, révèle aussi le sondage bisannuel d’Aon sur les risques des régimes canadiens. Le document montre que la majorité des promoteurs ont déployé ou sont susceptibles de déployer des solutions de consultation active en gestion de placements afin de mieux gérer le risque lié aux actifs. « Par exemple, 43 % des promoteurs externalisent déjà la surveillance des gestionnaires de fonds, tandis que 31 % d’entre eux déclarent qu’il est très ou quelque peu probable qu’ils le fassent », peut-on lire.

Réduire la volatilité

Parmi les faits saillants du sondage, plus de la moitié des promoteurs qui ont un plan à long terme considèrent la viabilité comme étant la stratégie prioritaire à suivre pour atteindre leurs objectifs à long terme. Aon explique la viabilité par le fait d’avoir un niveau abordable de cotisations à faible volatilité.  

Les promoteurs ont aussi répondu miser sur les solutions de consultation active en gestion de placements, les actifs non traditionnels et la diversification mondiale. 150 promoteurs de régimes canadiens de toutes tailles ont répondu au sondage d’Aon, tant du secteur public que privé. « Parmi les principaux ajustements des portefeuilles, on constate un éloignement des catégories d’actifs traditionnelles au profit d’actifs non traditionnels, notamment des actions étrangères, des titres immobiliers et des placements illiquides non traditionnels, comme des infrastructures et des actions de sociétés fermées », explique Aon.

Rajuster le tir

Selon Aon, les promoteurs veulent rajuster le tir après une fin d’année 2018 malheureuse. « L’année 2018 a été le meilleur et le pire des moments pour les promoteurs. La solvabilité médiane a été malmenée en seulement quelques mois après des sommets sur dix ans », a déclaré Claude Lockhead, associé exécutif, solutions pour la retraite d’Aon. M. Lockhead explique que les promoteurs ont été forcés de réagir rapidement, pour ne pas rater leur chance de rajuster le profil de risque de leurs régimes.

De nouvelles règlementations changent les plans

En réponse aux réformes provinciales en matière de capitalisation des régimes de retraite, les promoteurs du Québec et de l’Ontario ont délaissé la capitalisation sur une base de solvabilité, au profit de la capitalisation sur une base de continuité. « Tandis que les règles de capitalisation ont tendance à s’éloigner des mesures d’évaluation à la valeur de marché en faveur d’une orientation sur base de continuité, les promoteurs de régimes doivent prendre des décisions optimales quant à leur équilibre entre la nécessité de rendement et la gestion des couts », a expliqué M. Lockhead.

Selon les résultats, 75 % des promoteurs du Québec prévoient modifier leur stratégie de capitalisation, à la suite de la réforme de la règlementation provinciale, tandis que 73 % ont l’intention d’adapter leur stratégie de placement. En Ontario, où de nouvelles règlementations vont bientôt entrer en vigueur, 44 % des promoteurs prévoient modifier leurs stratégies de capitalisation et de placement, ajoute Aon.

Lacunes en risque de longévité et cyberrisques

« La réduction du risque constitue une possibilité, mais elle exigera une attention réfléchie non seulement à l’égard des objectifs à long terme, mais aussi à l’égard de la surveillance du risque et des enjeux liés à la longévité, ce qui jusqu’ici ne semble pas être dans la mire de nombreux promoteurs de régimes », ajoute M. Lockhead.

Même si toutes les entreprises sont confrontées à la menace émergente liée aux cyberrisques, le sondage montre que la plupart des régimes de retraite n’ont pris encore aucune mesure à ce propos.

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