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Un investissement de 5,3 G$ nécessaire à la lutte contre les changements climatiques

par Charles Mathieu | 27 septembre 2019 15h10

Il n’y a pas que Greta Thunberg qui sonne l’alarme lorsque vient le temps de parler de changements climatiques. Une journée avant la manifestation étudiante et citoyenne pour le climat du 27 septembre à Montréal, le Bureau d’assurance du Canada (BAC) a rappelé aux dirigeants politiques canadiens que cette lutte nécessitera d’importants investissements.

Le BAC et la Fédération canadienne des municipalités (FCM) ont publié un rapport qui révèle qu’un investissement de 5,3 milliards de dollars (G$) annuellement est nécessaire pour « éviter les pires impacts des changements climatiques ». Ce montant doit, d’après le BAC, provenir des trois paliers de gouvernement.

Ces investissements permettraient notamment de construire des infrastructures vertes, de rétablir des infrastructures vieillissantes qui résistent aux pressions environnementales, de préserver et protéger nos environnements naturels et de créer des programmes politiques, sociaux et économiques favorisant l'adaptation, selon les auteurs de l’étude.

La base de données utilisée comporte 414 estimations des couts d’adaptation relatives à 34 collectivités situées partout au pays, indique le rapport.

« Partout au pays, nos collectivités ressentent les impacts dévastateurs des changements climatiques alors que les couts financiers et émotionnels continuent d’augmenter, affirme Don Forgeron, président et chef de la direction du Bureau d’assurance du Canada. Les Canadiens s’attendent à ce que tous les ordres de gouvernement fassent preuve de leadeurship, et l’augmentation du financement pour les infrastructures qui nous protègent des ravages des conditions climatiques extrêmes est une démonstration de ce leadeurship. »

Plus de résilience

Le rapport stipule que ces investissements devront servir à rétablir les infrastructures les moins adaptées aux changements climatiques, soit les bâtiments, les digues et les routes.

« Le mauvais état des infrastructures vieillissantes du Canada rend tous les ordres de gouvernement, en particulier les municipalités, vulnérables aux impacts des évènements météorologiques extrêmes. Les risques croissants de défaillance causée par les changements climatiques augmentent l’urgence de mettre en place ou de moderniser des infrastructures », peut-on lire dans le rapport.

On y explique également que les inondations, l’érosion et la fonte du pergélisol font en sorte que les communautés du nord et de l’est du pays ont des besoins d’adaptation plus élevés. En ce qui a trait au Québec et à l’Ontario, les infrastructures pourraient être endommagées ou interrompues en raison des pluies, du verglas et des vagues de chaleur.

« Les municipalités subissent de plein fouet les changements climatiques et les phénomènes météorologiques extrêmes qui ravagent des habitations et des commerces de plus en plus fréquemment. Nous exploitons au maximum les moyens à notre disposition pour bâtir des collectivités résilientes, mais nous pouvons et devons faire encore plus pour mieux protéger nos concitoyens des effets de ces changements sur notre environnement », dit Bill Karsten, président de la FCM.

Deux demandes

Le BAC et le FCM demandent également aux différents partis impliqués de mettre en œuvre une « démarche à deux volets pour assurer la résilience des municipalités ».

D’après les deux organismes, il faudrait ajouter 2 G$ dans le Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophe jusqu’en 2024, afin de permettre de « débloquer les projets prêts à mettre en chantier ».

De plus, il faudrait « établir des outils fédéraux de plus longue durée, d’au moins 1 G$ par année pendant 20 ans », peut-on lire. La collaboration avec les municipalités est également essentielle, affirment-ils.

« Chaque dollar investi aujourd’hui pour renforcer la résilience locale nous en fera économiser six plus tard. Les élus locaux sont prêts, avec de nouveaux outils, à intensifier les travaux d’adaptation sur le terrain pour assurer la sécurité de la population », dit Bill Karsten.  

Une action politique nécessaire

Le 25 septembre, le BAC a fait ses demandes aux partis politiques fédéraux présentement en campagne électorale. Ces demandes comportent notamment un plan national en ce qui a trait aux inondations. Ce dernier doit inclure des données cartographiées à jour.

« Bien que le BAC ne souscrive pas à des promesses électorales spécifiques, nous notons les annonces récentes des chefs de parti concernant bon nombre de ces mesures. Comme nous l’avons répété à maintes reprises au cours des derniers mois, compte tenu des inondations, des incendies de forêt et des tempêtes de vent observées au Canada, un leadeurship politique sur une approche cohérente en matière d’adaptation est maintenant nécessaire pour protéger les Canadiens et leurs finances des intempéries », affirme le Bureau d’assurance du Canada dans un communiqué.

« Le secteur de l’assurance de dommages a travaillé en étroite collaboration avec des dirigeants fédéraux, provinciaux, territoriaux et municipaux de toutes les allégeances politiques. Les Canadiens s’attendent à ce que nos gouvernements agissent ensemble », ajoute Don Forgeron.

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