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Fusion de SSQ et La Capitale approuvée : la date de l’union est connue

par Aurélia Morvan | 03 juin 2020 15h30

Jean St-Gelais, Jean-François Chalifoux

SSQ Assurance et La Capitale Assurance et services financiers viennent de monter une nouvelle marche vers leur fusion annoncée en janvier dernier. Cette dernière a en effet reçu l’approbation de l’Assemblée nationale du Québec le 2 juin.

Lors d’une séance tenue ce jour-là, les députés québécois ont adopté le projet de loi d'intérêt privé n° 211, Loi concernant SSQ Mutuelle, ainsi que projet de loi d'intérêt privé n° 212, Loi concernant La Capitale Mutuelle de l'administration publique.

De ce fait, la « plus grande mutuelle d'assurance au Canada devrait voir le jour le 1er juillet prochain », ont annoncé les deux compagnies dans un communiqué daté du 3 juin. « L'intégration se fera de façon graduelle et les prochaines étapes seront dévoilées au cours des prochaines semaines », précisent-elles. L'entité fusionnée aura notamment une nouvelle identité, qui « sera connue au cours des prochains mois ».

« C'est une étape importante pour La Capitale et SSQ Assurance. Tous les ingrédients sont maintenant réunis pour donner naissance à un nouveau joueur majeur et un acteur incontournable du secteur de l'assurance au Canada », a déclaré Jean-François Chalifoux, président-directeur général de SSQ Assurance. De son côté, Jean St-Gelais, président et chef de la direction de La Capitale, a remercié les députés québécois « pour leur collaboration ».

Une fusion « plus que jamais » importante

Les deux projets de loi adoptés par les députés étaient parrainés par Joëlle Boutin, députée de Jean-Talon et présidente de séance sous l’étiquette Coalition avenir Québec (CAQ). Lors de la séance durant laquelle les adoptions ont eu lieu, Mme Boutin a affirmé que la fusion « était déjà un objectif important avant la crise » de la COVID-19, mais qu’elle l’était « plus que jamais » depuis, peut-on lire dans le Journal des débats de l’Assemblée nationale.

Autoriser cette fusion « va permettre, premièrement, de sauver près de 5 000 emplois dans la région de Québec, mais aussi de renforcer leur compétitivité et faire face à la compétition à travers le Canada », a-t-elle poursuivi.

Des emplois menacés par la COVID-19 ?

Les deux projets de loi auraient dû être mis au vote plus tôt, mais la crise sanitaire liée à la COVID-19 s’est mise sur le chemin, apprend-on, toujours par l’intermédiaire du Journal des débats de l’Assemblée nationale.

« On est un peu à rebours sur ce projet de loi là. Il était attendu plus tôt, mais malheureusement, comme on a dû fermer le Parlement, on a reporté cette décision qui est importante pour les deux entreprises. Ça prenait deux projets de loi pour [consommer], disons-le comme ça, ce mariage entre deux grands géants », a indiqué Martin Ouellet, député de René-Lévesque et leadeur parlementaire du troisième groupe d’opposition sous l’étiquette Parti québécois (PQ).

Joëlle Boutin a tenu à ce que le vote se tienne lors de la séance du 2 juin. « Plus on attend, plus la gestion du changement est difficile. Alors de permettre l'adoption de ces projets de loi va réduire l'incertitude, permettre de garder ces emplois », a-t-elle dit. Elle a par ailleurs souhaité « bonne chance à cette nouvelle entité pour traverser la crise actuelle et pouvoir conserver des emplois dans la grande région de Québec ».

Des « embauches massives » espérées

Martin Ouellet indique que « des représentants de SSQ, mais aussi de La Capitale » sont venus à leur rencontre pour expliquer « en quoi cette fusion allait être bénéfique pour l'entreprise, bénéfique pour la région de Québec et bénéfique aussi pour les employés ». Ce sont ces échanges qui leur ont permis d’acquérir « la certitude qu'à travers cette fusion, oui, il allait y avoir un mouvement de main-d'oeuvre, des attritions normales, considérant les mises à la retraite, mais que le secteur financier est un secteur qui se porte bien et que, pour l'avenir, on n'avait pas à craindre d'avoir des coupures d'emplois massives, mais plutôt des embauches massives au sein de cette nouvelle organisation ».

Carlos J. Leitão, député de Robert-Baldwin et président de la Commission de l’administration publique sous l’étiquette Parti libéral du Québec (PLQ), croit pour sa part que la complémentarité des deux entreprises, l'une étant « plutôt dans l'assurance dommages pendant que l'autre est plutôt dans l'assurance collective », créera une entité au sein de laquelle « il n'y aura pas beaucoup de redondances », ce qui fait qu’il « ne devrait pas y avoir de pertes d'emploi », dit-il.

M. Leitão a par ailleurs qualifié les avancées dans le dossier de « très bonnes nouvelles pour l'industrie, pour Québec », où les deux entreprises sont établies. « Québec a vraiment un créneau industriel très important dans l'assurance, et [cette fusion] crée un nouveau joueur de taille nationale et qui peut aller conquérir de nouveaux marchés », a-t-il conclu.

D’autres approbations réglementaires en attente

Le vote favorable de l’Assemblée nationale était l’une des étapes réglementaires à franchir par SSQ et La Capitale.

L'Autorité des marchés financiers et le ministre québécois des Finances, Eric Girard, doivent encore rendre leur décision pour que le projet de fusion devienne réalité. « Les travaux en cours avec ces deux organismes sont cependant sur la bonne voie », indiquent les deux assureurs.

Bien que l’entité fusionnée vise une expansion pancanadienne, c’est le paysage de l’assurance de personnes québécois qui pourrait le plus bouger si la fusion se concrétisait.

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