Progrès de la vaccination, chute des cas de COVID-19 et épargnes additionnelles réalisées en pandémie créent une tempête parfaite qui favorisera les achats coûteux (big-ticket purchases) de la part des Canadiens, signale Advocis. L’association qui regroupe quelque 17 000 conseillers financiers au Canada croit que plusieurs clients solliciteront l’avis de leur conseiller au moment de décider de telles dépenses.
D’après un sondage effectué entre les 11 et 18 juin 2021 auprès de 100 membres conseillers, Advocis a brossé un portrait des principaux achats coûteux envisagés par leurs clients.
Ainsi, les clients ont principalement consulté leur conseiller au sujet de rénovations à leur domicile (41 %) ou de l’achat d’un chalet (22 %). L’achat d’une automobile (10 %) ou celui d’un véhicule récréatif (10 %) figure parmi les deux autres sujets majeurs de consultation. Parmi les autres dépenses mentionnées figurent le remboursement de marges de crédit, l’achat de propriétés locatives, acquérir de l’assurance vie ou invalidité.
Pouvoir d’achat significatif
Ce sondage révèle en outre qu’un conseiller sur cinq dit avoir été consulté par 21 % à 40 % de ses clients au sujet d’achats coûteux qu’ils comptaient faire cet été, avec l’argent épargné durant la pandémie. Selon des commentaires partagés au Portail de l’assurance par Advocis, cette proportion représente un pouvoir d’achat significatif.
« Après une si longue période d’incertitude, il était prévisible que plusieurs envisagent d’acheter quelque chose qui les aidera à se remettre du stress induit par la COVID-19 », souligne Greg Pollock, président et chef de la direction d’Advocis. « Travailler avec leur conseiller peut les aider à s’assurer que cet achat n’entraînera pas encore plus de stress par la suite », ajoute M. Pollock.
Découvrir les motivations et éviter les émotions
Des conseillers membres d’Advocis recommandent des façons d’aider les clients à bien planifier ce type d’achat. « La première chose à discuter avec un client est ce qui motive réellement son besoin de dépenser », dit Norris Walker, conseiller financier de Kabs & Associates de Clarington, en Ontario. « S’agit-il de quelque chose qu’ils ont toujours voulu faire et ont mis de côté en raison de leur situation financière, ou ont-ils été emportés par l’euphorie créée par l’abandon progressif des restrictions liées à la COVID-19 », invite-t-il à demander au client.
M. Walker estime important de garder l’essentiel en tête au moment de prendre la décision. « Quel plaisir les clients en tireront-ils ? Est-ce un investissement qui peut s’apprécier ? Comment affectera-t-il leurs plans à long et à court terme ? »
Planificatrice financière de Kingston, en Ontario, Heidi Blondin observe que les clients recherchent ce qui leur apportera de la joie après plusieurs mois d’alternance entre confinement et déconfinement. « Je leur recommande de ne pas prendre de décisions émotives qui se fondent sur leurs frustrations actuelles », dit Mme Blondin.
Dépenses réfléchies
Conseiller et planificateur financier de First Oak Financial à Port Moody, en Colombie-Britannique, Jeffrey Graham croit pour sa part que les achats à prix élevé peuvent s’effectuer de manière responsable, lorsqu’ils ont été soigneusement évalués. « S’il y a des revenus disponibles, de l’épargne au-delà du fonds d’urgence et que les autres composantes de planification financière sont en place, je n’ai alors pas de réserve à ce que les clients effectuent des achats coûteux », dit M. Graham.
« Discutez-en avec votre conseiller financier pour vous assurer que ce que vous envisagez s’aligne à votre plan financier », lance-t-il en guise de message aux clients des conseillers.