La pandémie de la COVID-19 a-t-elle changé l’appétit des grands assureurs vie à réaliser des acquisitions ?
C’est la question qu’a posée l’analyste financier Meny Grauman, de Scotia Capital, lors de conférences téléphoniques tenues à la suite de la divulgation des résultats financiers du deuxième trimestre de 2020. Chez deux assureurs, la pandémie rend les fusions et acquisitions moins intéressantes, ont indiqué leurs PDG.
La position de Sun Life
Dean Connor, PDG de la Financière Sun Life, affirme que son entreprise continue de discuter d’éventuelles acquisitions. « Nous avons une bonne position de capital pour en faire. Toutefois, nous n’avons pas besoin d’acquérir pour croitre. Nous avons de bonnes occasions de croissance organique, comme le démontrent nos résultats financiers », dit-il.
Les effets de la pandémie et ses impacts économiques seront ainsi à considérer si une occasion d’acquisition se présente. « Nous voudrons nous assurer que notre position de capital demeure bonne », a précisé M. Connor.
Est-ce que cela vaut aussi pour les investissements dans des firmes technologiques, comme l’a fait Sun Life dans Maxwell Health et dans Dialogue ? Le même constat s’applique, dit M. Connor, mais avec un filtre supplémentaire.
« Ces entreprises ont-elles le potentiel d’accélérer le développement des activités de noyau (core business) de la compagnie ? Ou encore de nous aider à livrer notre promesse d’assurance ? Ce fut le cas pour Maxwell et pour Dialogue. Ce sont des entreprises qui nous ont démontré qu’elles pouvaient apporter des capacités additionnelles à nos clients », a-t-il commenté.
Le PDG de Sun Life en a aussi donné des exemples. M. Connor dit que grâce à Maxwell Health aux États-Unis, sa compagnie remporte plus de contrats auprès d’employeurs. De plus, leurs employés adhèrent à plus de segments d’affaires. Autre fait remarquable selon lui : avec Dialogue, près de 500 000 Canadiens y ont eu accès au cours du deuxième trimestre de 2020, notamment parce que Sun Life en a fait la promotion.
La position de Manuvie
Roy Gori, PDG de Manuvie, se dit privilégié que sa compagnie n’ait pas besoin d’acquérir pour atteindre ses objectifs de croissance à moyen terme. « Nous croyons que nous comptons sur suffisamment d’occasions de croissance organique via nos réseaux de distribution pour atteindre nos objectifs », a-t-il mentionné lors de la conférence avec des analystes financiers suivant la divulgation des résultats du deuxième trimestre de 2020 de Manuvie.
M. Gori ne ferme pas la porte à une acquisition. Il dit toutefois mettre la « barre très haut » pour en évaluer la pertinence. Une éventuelle acquisition devrait s’intégrer étroitement dans la stratégie de Manuvie, dit-il.
Des cas du genre existent, rappelle-t-il, comme certaines transactions réalisées du côté de la bancassurance. Ou encore de l’extension récente de son partenariat avec Danamon, en Indonésie. « C’est quelque chose qui nous a donné plus de force dans ce marché, tout en nous amenant plus d’occasions de croitre organiquement », dit M. Gori.