Dans ses plus récents états financiers trimestriels pour l’ensemble de l’exercice 2025, la compagnie Great-West Lifeco (GWL) rapporte un bénéfice net attribuable aux détenteurs d’actions ordinaires de 3,96 milliards de dollars (G$). Il s’agit d’une hausse de 20 millions de dollars (M$) ou de 0,5 % comparativement au bénéfice net de 3,94 G$ déclaré lors de l’exercice précédent.
Pour l’ensemble de l’exercice 2025, le bénéfice fondamental affiche une hausse de 11 % par rapport à 2024, totalisant 4,65 G$.
Entré en fonction en janvier 2026, le nouveau président et chef de la direction de Great-West, David Harney, indique que « l’exercice 2025 a joué un rôle crucial pour notre organisation, car il a été marqué par de solides résultats financiers, une exécution rigoureuse et des transitions au sein de la direction qui nous placent sur la voie de la croissance continue ».
La société indique qu’elle « est en bonne voie d’atteindre son objectif à moyen terme en matière de rendement des capitaux propres fondamental, qui est fixé à plus de 19 %, à la suite du résultat de 18,2 % enregistré en 2025, qui est principalement attribuable à la forte croissance de nos activités efficaces sur le plan de l’utilisation du capital ».
Résultat net de l’assurance et des placements
Pour l’ensemble de l’exercice 2025, le résultat des activités d’assurance pour l’ensemble des a totalisé 3,4 G$, en hausse de 132 M$ ou de 4 % comparativement au résultat de l’exercice 2024.
Le résultat des activités de placement s’est établi à 2,1 G$, comparativement aux 2,5 G$ enregistrés pour l’ensemble de l’exercice 2024. Cela représente une baisse de 422 M$ ou de 17 % d’une année à l’autre.
Nouveau classement
La publication du présent résumé dans le Portail de l’assurance a été retardée, car la société a rebrassé ses secteurs d’activité et modifié plusieurs rubriques dans ses états financiers, ce qui rend plus difficiles les comparaisons avec les années précédentes, sauf pour le bénéfice attribuable à l’ensemble du groupe. Les résultats de 2024 des différentes unités d’exploitation ont été retraités en conséquence.
Elle a ainsi séparé le secteur d’activité Solution en milieu de travail pour distribuer les résultats entre les secteurs « Retraite » et « Garanties collectives ». De plus, des charges financières et des impôts connexes qui ne sont pas directement associés aux secteurs d’exploitation de la compagnie ont été reclassés dans l’exploitation générale.
Certaines activités précédemment attribuées à l’exploitation américaine ont aussi été reclassées. Les résultats de la filiale Empower reflètent désormais ses activités principales.
Les secteurs d’activité de la compagnie ont été revus et comprennent désormais : « Retraite », « Gestion du patrimoine », « Garanties collective », « Assurance et solutions de gestion des risques », et leurs résultats sont distribués selon le cas entre l’exploitation américaine, l’exploitation canadienne, l’exploitation européenne et les solutions de gestion du capital et des risques.
Au Canada
Pour l’exploitation canadienne, qui comprend l’assureur Canada Vie, le bénéfice net aux détenteurs d’actions ordinaires a atteint 1,5 G$ pour l’ensemble de l’exercice 2025, comparativement à 1,6 G$ pour l’exercice 2024. Il s’agit d’une baisse de 176 M$ ou de 11 %.
Ce secteur comprend quatre secteurs distincts, soit Retraite, Gestion du patrimoine, Garanties collectives de même qu’Assurances et rentes.
Le bénéfice fondamental a augmenté de 44 M$ en 2025 par rapport à l’exercice 2024. Le bénéfice fondamental est en hausse pour les trois des quatre secteurs comparativement à l’année précédente, à l’exception de la Gestion du patrimoine.
Les souscriptions en garanties collectives pour les produits en services administratifs seulement (SAS) et autres sont passées de 614 M$ en 2024 à 352 M$ en 2025. Cette baisse de 262 M$ est liée au Régime de services dentaires pour les pensionnés, où aucune souscription semblable n’a été faite en 2025.
Aux États-Unis et en Europe
L’exploitation américaine déclare un bénéfice net aux détenteurs d’actions ordinaires de 1,4 G$ pour l’ensemble de l’exercice 2025, comparativement à 1,2 G$ en 2024. La hausse est de 207 M$ ou de 17 %.
De son côté, l’exploitation européenne rapporte un bénéfice net aux détenteurs d’actions ordinaires de 609 M$ en 2025, comparativement à 930 M$ en 2024. Cela représente une diminution de 35 %.
La baisse s’explique par éléments exclus du bénéfice fondamental, lesquels ont représenté un montant négatif de 414 M$ en 2025, comparativement à un montant négatif de 16 M$ en 2024. Les facteurs suivants sont mentionnés : l’incidence plus défavorable de la révision des hypothèses et des mesures prises par la direction, l’expérience défavorable sur le marché par rapport aux attentes alors qu’elle était favorable en 2024, et les incidences négatives de la transformation des activités et de la hausse des coûts de restructuration.
Gestion du capital
Enfin, pour secteur Solutions de gestion du capital et des risques, le bénéfice net aux détenteurs d’actions ordinaires s’est chiffré à 861 M$ pour l’exercice 2025. Il s’agit d’une augmentation de 31 % comparativement aux 656 M$ déclarés pour l’exercice précédent. La croissance des nouvelles affaires explique ce résultat, selon la société.
« En 2025, la saison des ouragans dans l’Atlantique a été modérée et, par conséquent, les pertes ont été limitées malgré les feux de forêt survenus en Californie au début de l’exercice, indique la société dans son rapport de gestion. La compagnie prévoit que les prix de rétrocession au titre de la protection des biens immobiliers subiront encore des pressions en 2026 en l’absence d’événements générateurs de pertes importantes. »
Immobilier
Dans la présentation faite aux investisseurs, la société fournit les détails de son exposition au risque hypothécaire. Elle souligne que son portefeuille immobilier totalise 36,9 G$, soit 14,7 % des actifs investis, comparativement à 16 % un an plus tôt.
Le secteur de l’immobilier résidentiel, en maisons unifamiliales ou en logements, représente 6,3 % du portefeuille de placements de la société, soit le même pourcentage qu’en 2024. Du côté de l’immobilier commercial, l’importance dans le portefeuille a été réduite, passant de 9,5 % des investissements de l’assureur en 2024 à 8,4 % en 2025.
Dans la résidence unifamiliale, où la société a également réduit la valeur de son portefeuille, qui est passé de 1,3 G$ en 2024 à 765 M$ en 2025, 1,3 % des prêts hypothécaires sont en situation de retard de paiement.
La valeur des immeubles de bureaux est évaluée à 5 G$, ou 2 % du portefeuille. La proportion de ces immeubles étant située aux États-Unis a baissé, passant de 49,5 % en 2024 à 46,5 % en 2025.
Conférence téléphonique
Lors de la conférence avec les analystes financiers tenue le 12 février dernier, David Harney a souligné qu’en gestion de patrimoine et des régimes collectifs de retraite, les actifs sous administration totalisaient 3 300 G$ (ou 3,3 billions de dollars) à la fin de 2025, dont 2 billions de dollars par l'entremise de la filiale américaine Empower. Quelque 1,1 billion représente des actifs gérés ou administrés présentant des marges plus élevées.
La société a investi 1,6 G$ dans son programme de rachats d’actions en 2025 et a déjà procédé à 250 M$ en rachats d’actions depuis le début de 2026. Pour l’ensemble du présent exercice, Great-West Lifeco prévoit racheter 20 millions d’actions ordinaires.
Commentant les résultats du quatrième trimestre au Canada, le vice-président et chef des finances Jon Nielsen souligne que « les avantages sociaux collectifs ont continué d’afficher une solide croissance organique, ainsi que des résultats favorables en matière de santé, d’assurance vie et d’invalidité de longue durée. La rentabilité de ce secteur au cours des derniers trimestres témoigne de notre rigueur tarifaire constante ».
Comme il le fera deux semaines plus tard lors d’un autre événement, David Harney commente ainsi les risques et les opportunités associés à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA). « La principale opportunité réside dans l’efficacité et l’industrialisation des services financiers par l’IA, et je pense que c’est un fait largement admis. L’IA aura un impact considérable sur tous les points de contact avec nos clients et sur les opérations sous-jacentes au sein de nos services », dit-il.
Il ajoute : « Nous restons convaincus que les conseils seront essentiels. Et nous acceptons sans problème les différentes manières dont les gens y accèdent. »
Réassurance
Le vice-président et chef de la réassurance, Jeff Poulin, a ensuite répondu à une question sur la présence de la société du côté de la réassurance, qui inclut l’assurance de dommages. « Nos clients sont des réassureurs qui recherchent une couverture en cas de catastrophe majeure. Nous intervenons principalement aux États-Unis, en Europe et au Japon, les trois principaux marchés assurés. C’est donc là que nous concentrons nos efforts. Les séismes et les tempêtes constituent les principaux risques », explique-t-il.
Ce marché est très cyclique et les taux peuvent bouger très rapidement en fonction de la conjoncture. La société y est présente depuis 20 ans, mais elle a réduit son exposition en 2026, car les taux offerts sont en baisse de 20 %, note M. Poulin.
En juin 2025, le secteur Solutions de gestion du capital et des risques « a cessé d’accepter de nouvelles affaires de réassurance du risque de mortalité pour ses activités d’assurance vie traditionnelle aux États-Unis afin de mettre davantage l’accent sur les principaux marchés des solutions structurées, de la réassurance couvrant le risque de longévité et de la rétrocession relative aux catastrophes », indique la société dans son rapport de gestion.
Jeff Poulin précise : « Nous n’investirons pas si la rentabilité est inférieure à 17 ou 18 %. Notre rôle consiste à investir dans des opportunités vraiment intéressantes et prometteuses », avant d’ajouter: « Je m’attends à ce que le marché des risques de longévité se redresse, tout comme celui du marché des catastrophes naturelles. Il ne s’agit pas de développer ce marché, mais j’apprécie la diversification qu’il apporte. »