Mario Mendonca, directeur général, recherche sur les actions, de Valeurs Mobilières TD, s’est entretenu avec Charles Brindamour, le chef de la direction d’Intact Corporation financière, pour parler des résultats du dernier trimestre. Ils ont aussi abordé une foule d’autres sujets : l’assurance automobile, la « beauté » des assurances spécialisées, la croissance, le marché de la réassurance, les catastrophes naturelles, l’inflation, et les investissements d’Intact, entre autres.
La conjoncture est particulièrement difficile, dit M. Brindamour, mais Intact compte tirer avantage de ces conditions en 2023.
Il mentionne notamment les contraintes de capacité en assurance des entreprises, attribuable à la forte dépendance envers les réassureurs. Il cite aussi l’explosion des agents généraux en assurance de dommages et des distributeurs spécialisés, qui dépendent eux-mêmes des capitaux tiers et des réassureurs, ce qui signifie que le marché de la réassurance n’a pas la capacité nécessaire pour répondre à la demande des assureurs de première ligne.
« Nous ne dépendons pas trop de la réassurance. Nous pensons être vraiment bien placés pour profiter du resserrement de marché actuel. »
Intact a revu à la hausse ses prévisions relatives aux sinistres de catastrophe. Elles sont passées de 600 à 700 millions de dollars compte tenu de la croissance de la société, de ses politiques de rétention, et du fait que le nombre de catastrophes naturelles a tout simplement augmenté. Au sujet de l’inflation, M. Brindamour dit s’attendre à ce que le taux redescende à moins de 10 % en 2023, tandis que la fréquence devrait se normaliser en partie. Il note que la fréquence est tout de même considérablement inférieure par rapport à ce qu’elle était avant la pandémie.
Malgré les obstacles, Intact maintient son objectif de superformance. Fait intéressant, quand il a été question de la composition de l’actif de la société, M. Brindamour a indiqué qu’Intact conserve une position prudente, étant donné les rendements produits par les liquidités en ce moment, et aussi parce que la société veut éviter d’être limitée par les fluctuations des marchés financiers.
Le chef de la direction confie que l’un de ses grands objectifs est d’intégrer la science dans les branches d’assurances spécialisées. Par ailleurs, la société a recommencé à investir dans le marketing, après avoir marqué une pause pendant que les consommateurs ne faisaient pas d’achats. Pour gagner en efficience, Intact travaillera aussi à améliorer son entonnoir de conversion. « Rien que là, selon moi, il y a un bon potentiel de croissance », dit M. Brindamour.
Au Canada, poursuit-il, la société a l’intention de profiter de son potentiel de croissance interne et d’utiliser les « muscles » qu’elle a développés au fil du temps. Il ajoute que la distribution est un autre secteur dans lequel il est amplement possible de croître.
« Je vois un potentiel d’amélioration pour l’expérience client et nos résultats, et nous commençons à gagner des parts de marché en dehors de notre clientèle à un assez bon rythme également », affirme M. Brindamour. « Je dirais qu’il reste beaucoup de marge pour croître au Canada. »